



{"id":11395,"date":"2020-11-12T22:52:45","date_gmt":"2020-11-12T21:52:45","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11395"},"modified":"2020-11-12T13:55:33","modified_gmt":"2020-11-12T12:55:33","slug":"biotech","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11395","title":{"rendered":"Sun Bioscience, la m\u00e9decine sur mesure"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2020\/10\/29\/sun-bioscience-medecine-mesure\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abNous voulons permettre l\u2019utilisation de mini-organes pour tester l\u2019efficacit\u00e9 des m\u00e9dicaments pour le patient avant qu\u2019ils ne lui soient prescrits\u00bb, expliquent Sylke Hoehnel et Nathalie Brandenberg, les cofondatrices de Sun Bioscience, une start-up qui se positionne dans la m\u00e9decine personnalis\u00e9e. La technologie novatrice d\u00e9velopp\u00e9e par la jeune pousse permet de standardiser la fabrication de mini-organes de synth\u00e8se, ou organo\u00efdes, \u00e0 partir de cellules souches.<\/p>\n<p>Une biotechnologie qui repr\u00e9sente une grande r\u00e9volution dans le domaine des cellules souches parce qu\u2019elle permet d\u2019avoir des cellules fonctionnelles en laboratoire et \u00e0 grande \u00e9chelle. Il devient ainsi possible de d\u00e9velopper des traitements plus pr\u00e9cis et plus efficaces puisque sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque patient, particuli\u00e8rement en cas de maladies complexes o\u00f9 \u00abun m\u00e9dicament pour tous\u00bb ne fonctionne pas.<\/p>\n<p>Reproductibles, les mini-organes permettent d\u2019envisager une m\u00e9decine avec des traitements sur mesure. La technologie se base sur les cellules souches du patient, pr\u00e9lev\u00e9es par exemple dans l\u2019intestin ou dans les poumons. Ces cellules permettent ensuite de cultiver des organo\u00efdes en laboratoire. En quelques semaines, elles se d\u00e9veloppent en mini-intestins ou en mini-poumons sur lesquels il devient possible de tester de nouveaux m\u00e9dicaments. Ces mini-organes peuvent ainsi devenir \u00e9galement une alternative aux tests sur les animaux de laboratoire.<\/p>\n<p>Les deux chercheuses collaborent actuellement \u00e0 une \u00e9tude clinique avec des patients atteints de mucoviscidose, une maladie h\u00e9r\u00e9ditaire. Elles visent \u00e0 affiner la compr\u00e9hension de la maladie gr\u00e2ce aux organo\u00efdes. La technologie de Sun Bioscience est notamment utilis\u00e9e dans la recherche contre le cancer, ou immuno-oncologie, et les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, en partenariat avec des centres hospitaliers comme le CHUV ainsi qu\u2019avec de grandes entreprises pharmaceutiques.<\/p>\n<p><strong>Enjeux \u00e9thiques<\/strong><\/p>\n<p>Afin de d\u00e9velopper \u00e0 grande \u00e9chelle et de mani\u00e8re standardis\u00e9e ces mini-organes, les deux chercheuses ont mis en place une plateforme. Celle-ci permet de faire cro\u00eetre les organo\u00efdes dans des micro-alv\u00e9oles rondes, imprim\u00e9es dans un gel bioactif facilitant et contr\u00f4lant tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment leur croissance. Ainsi, contrairement aux organo\u00efdes fabriqu\u00e9s de mani\u00e8re traditionnelle \u00e0 la main, qui ne sont pas stables, ceux de Sun Bioscience sont extr\u00eamement standardis\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00abCette technologie, appel\u00e9e Gri3D, permet de contr\u00f4ler pr\u00e9cis\u00e9ment la croissance des organo\u00efdes afin de les uniformiser au maximum\u00bb, explique Sylke Hoehnel. Cette homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 permet la g\u00e9n\u00e9ration de donn\u00e9es fiables et tend \u00e0 permettre une production plus large. Attentives aux enjeux \u00e9thiques de leur proc\u00e9d\u00e9, les deux fondatrices sont actuellement en discussion avec des experts du domaine afin de garantir une utilisation \u00e0 large \u00e9chelle d\u2019organo\u00efdes dans le cadre d\u2019une m\u00e9decine de pr\u00e9cision qui respecte les droits des donn\u00e9es et des \u00e9chantillons.<\/p>\n<p>Les deux ing\u00e9nieures dipl\u00f4m\u00e9es en biotechnologie et bio-ing\u00e9nierie viennent de remporter le Prix Strategis, dot\u00e9 de 50\u2009000 francs. En 2018, elles ont \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9es par le prestigieux Prix de la Fondation W. A. de Vigier pour les jeunes entreprises, r\u00e9compense dot\u00e9e d\u2019un soutien financier de 100\u2009000 francs. \u00abLe plus compliqu\u00e9 reste de sortir l\u2019invention du monde acad\u00e9mique et de la transformer en technologie utilisable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle industrielle, note Sylke Hoehnel. La reproductibilit\u00e9 repr\u00e9sente la cl\u00e9, il a d\u2019ailleurs fallu presque deux ans pour d\u00e9velopper le premier prototype fonctionnel.\u00bb<\/p>\n<p>Comment les deux femmes se sont-elles rencontr\u00e9es? A l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL), o\u00f9 Nathalie Brandenberg et Sylke Hoehnel travaillaient, dans le m\u00eame laboratoir, sur leur doctorat en bio-ing\u00e9nierie des cellules souches. Originaire de Chemnitz, dans l\u2019est de Allemagne, Sylke Hoehnel avait auparavant \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich (EPFZ), avant de retrouver la Lausannoise Nathalie Brandenberg. Apr\u00e8s leur doctorat, les deux femmes entrepreneuses ont utilis\u00e9 leurs recherches pour cr\u00e9er Sun Bioscience, en 2016.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11396\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/img.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/img.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/img-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/11\/img-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Un univers tr\u00e8s masculin<\/strong><\/p>\n<p>Et alors que, dans leur laboratoire \u00e0 l\u2019EPFL, la proportion hommes-femmes des doctorants \u00e9tait proche de 50%, les chiffres s\u2019av\u00e8rent diff\u00e9rents dans le monde des start-up, o\u00f9 les femmes restent largement minoritaires. Aujourd\u2019hui, seulement 3% du capital-risque est investi dans des soci\u00e9t\u00e9s g\u00e9r\u00e9es par des femmes dans le monde, selon le programme de promotion des femmes entrepreneuses de la fondation Cartier Women\u2019s Initiative. \u00abCe n\u2019\u00e9tait pas toujours facile d\u2019\u00eatre les seules femmes aux tables rondes r\u00e9unissant des PDG. Mais le fait d\u2019\u00eatre deux permet de se soutenir\u00bb, lance Sylke Hoehnel.<\/p>\n<p>Les chercheuses se souviennent notamment que lorsqu\u2019elles ont obtenu un financement aupr\u00e8s de la Fondation pour l\u2019innovation technologique (FIT), en 2017, le notaire de l\u2019organisation a compris qu\u2019il devait modifier le formulaire: pour la premi\u00e8re fois en trente ans, il avait affaire \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 exclusivement fond\u00e9e par des femmes et il devait changer les \u00abils\u00bb en \u00abelles\u00bb sur le contrat\u2026<\/p>\n<p><strong>Plus de 80 clients dans 14 pays<\/strong><\/p>\n<p>Les chercheuses invitent ainsi les femmes \u00e0 cr\u00e9er leur propre entreprise et promeuvent les r\u00e9seaux d\u2019entraide. Sylke Hoehnel et Nathalie Brandenberg ont notamment gard\u00e9 contact avec des chercheuses qu\u2019elles ont rencontr\u00e9es \u00e0 San Francisco lors d\u2019un congr\u00e8s scientifique de Cartier Women\u2019s Initiative. En Suisse, elles ont int\u00e9gr\u00e9 des groupes mixtes d\u2019entrepreneurs en sciences de la vie, venant notamment de la r\u00e9gion zurichoise.<\/p>\n<p>Sylke Hoehnel et Nathalie Brandenberg se r\u00e9jouissent de la croissance de leur start-up pendant ces quatre derni\u00e8res ann\u00e9es et ce, sans investissement priv\u00e9. \u00abNous sommes fi\u00e8res d\u2019avoir prouv\u00e9 que notre concept fonctionne, r\u00e9sument-elles. Nous avons d\u00e9j\u00e0 un produit sur le march\u00e9, avant m\u00eame que des investisseurs nous rejoignent.\u00bb Aujourd\u2019hui, les deux femmes cherchent des investisseurs pour pouvoir acc\u00e9l\u00e9rer au maximum leur croissance et cherchent \u00e0 engager plus de personnel afin de r\u00e9pondre \u00e0 la demande grandissante.<\/p>\n<p>Bas\u00e9e dans le parc d\u2019innovation de l\u2019EPFL, la start-up Sun Bioscience emploie aujourd\u2019hui cinq personnes \u00e0 plein temps et sept \u00e0 temps partiel. Les deux femmes de 33 ans d\u00e9nombrent plus de 80 clients, des entreprises pharmaceutiques et des institutions de recherches acad\u00e9miques ou industrielles, r\u00e9partis dans 14 pays comme la Suisse, l\u2019Allemagne, la France, le Japon ou encore les Etats-Unis. Pour cette ann\u00e9e, elles attendent un revenu d\u2019un demi-million de francs, cinq fois plus que ce qu\u2019elles ont enregistr\u00e9 en 2019.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chercheuses Sylke Hoehnel et Nathalie Brandenberg produisent des mini-organes en laboratoire qui permettent de tester l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019un m\u00e9dicament pour un patient \u00e0 partir de ses cellules souches, ouvrant la voie \u00e0 une m\u00e9decine personnalis\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":20259,"featured_media":11396,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-11395","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11395","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20259"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11395"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11395\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11398,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11395\/revisions\/11398"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11396"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11395"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11395"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11395"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}