



{"id":1137,"date":"2002-08-13T00:00:00","date_gmt":"2002-08-12T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1137"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"artistes et machines (vi)","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1137","title":{"rendered":"Georges Schwizgebel, des peintures qui deviennent films"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est au treizi\u00e8me \u00e9tage d\u2019un immeuble de Carouge, dans un loft avec vue sur le Sal\u00e8ve, que Georges Schwizgebel r\u00e9alise ses courts m\u00e9trages. \u00abJe fais de la peinture anim\u00e9e, par opposition au dessin anim\u00e9\u00bb, pr\u00e9cise-t-il d\u2019embl\u00e9e. En janvier 2002, l\u2019artiste a remport\u00e9 le Prix suisse du court m\u00e9trage au Festival de Soleure pour La jeune fille et les nuages, un film de quatre minutes trente. Gr\u00e2ce \u00e0 ce prix, qui s\u2019accompagne d\u2019une prime de 20 000 francs, l\u2019\u0153uvre est promise \u00e0 une plus large diffusion. Elle sera notamment projet\u00e9e au festival d\u2019Hiroshima ce mois-ci et \u00e0 celui d\u2019Ottawa au d\u00e9but octobre.<\/p>\n<p>Georges Schwizgebel, bient\u00f4t 58 ans, prendra lui aussi l\u2019avion pour le Canada prochainement. Son nouveau projet l\u2019emm\u00e8ne, lui et sa famille, \u00e0 Montr\u00e9al d\u00e8s la mi-ao\u00fbt. L\u2019Office national du film canadien s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 sa nouvelle r\u00e9alisation, L\u2019homme sans ombre, dont la sortie est pr\u00e9vue pour la fin de l\u2019ann\u00e9e 2003. Il s\u2019agit d\u2019un court m\u00e9trage de neuf minutes librement adapt\u00e9 du roman d\u2019Adelbert von Chamisso, L\u2019\u00e9trange histoire de Peter Schlemihl. Le Canada coproduira ce court m\u00e9trage dans le cadre d\u2019un programme qui vise \u00e0 rapprocher les artistes francophones, les \u00e9tudiants et les r\u00e9alisateurs.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le peu de d\u00e9bouch\u00e9s commerciaux pour les courts m\u00e9trages d\u2019auteur, Georges Schwizgebel en a fait sa carri\u00e8re. \u00abIl n\u2019y a pas de demande r\u00e9elle pour mon style de films, qui sont un peu exp\u00e9rimentaux, avoue-t-il sans d\u00e9ception. Si je voulais faire de l\u2019argent, je r\u00e9aliserais des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9!\u00bb<\/p>\n<p>S\u2019il a acquis une excellente r\u00e9putation gr\u00e2ce \u00e0 la qualit\u00e9 de son travail, il doit cependant se remettre en qu\u00eate d\u2019argent pour chacun de ses projets. Les subventions des cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision, Office f\u00e9d\u00e9ral de la culture, Migros, Ville de Gen\u00e8ve ou Fond Regio (\u00abcalcul\u00e9es en fonction de ce que donne la Conf\u00e9d\u00e9ration et la TSR\u00bb,) lui permettent de vivre de son art. \u00abLes cha\u00eenes qui me sponsorisent me paient davantage que le montant habituel pour un film de m\u00eame cat\u00e9gorie\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Le parcours artistique de George Schwizgebel commence apr\u00e8s l\u2019Ecole des arts d\u00e9coratifs de Gen\u00e8ve. Il effectue ce qu\u2019il appelle \u00abdu graphisme alimentaire\u00bb pendant quelques ann\u00e9es. En parall\u00e8le, il r\u00e9alise des films d\u2019animation et s\u2019associe \u00e0 Claude Luyet et Daniel Suter pour fonder un studio de production et de r\u00e9alisation, GDS. \u00abNous nous sommes mis \u00e0 notre compte en 1970 mais on ne pouvait pas vivre de \u00e7a \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Ce n\u2019est que dix ans plus tard qu\u2019on a pu vivoter de films d\u2019auteurs.\u00bb<\/p>\n<p>Pendant les ann\u00e9es 80, Schwizgebel tourne de nombreux g\u00e9n\u00e9riques, dont celui de l\u2019\u00e9mission Horizons de la TSR. Son coup de pinceau s\u2019affine. \u00abJ\u2019aime bien travailler avec de la couleur claire sur fond fonc\u00e9, comme le cin\u00e9ma, qui exploite la lumi\u00e8re.\u00bb Il utilise tour \u00e0 tour l\u2019acrylique, le crayon gras, le pastel, et la gouache pour ses personnages et ses d\u00e9cors. Son trait d\u00e9cisif et \u00e9pais devient sa signature.<\/p>\n<p>Schwizgebel refuse d\u2019utiliser des images de synth\u00e8se: \u00abJe trouve \u00e7a laid. Et il faut pouvoir amortir le co\u00fbt d\u2019un mat\u00e9riel haut de gamme.\u00bb Il dessine donc son film sur des feuilles perfor\u00e9es, qu\u2019il fixe \u00e0 un cadre afin que les s\u00e9quences d\u2019animation se suivent et se superposent parfaitement. Gr\u00e2ce \u00e0 la peinture, il retravaille le d\u00e9cor pour qu\u2019il soit de la m\u00eame texture que les personnages. \u00abJ\u2019utilise ensuite la cam\u00e9ra comme un appareil photo: les dessins sont photographi\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Selon la \u00abl\u00e9gende\u00bb, la cam\u00e9ra Mitchell qu\u2019il utilise aurait appartenu \u00e0 Charlie Chaplin. Outre cet appareil dat\u00e9, la planche de production du studio est constitu\u00e9e d\u2019un savant bricolage: des rails verticaux permettent \u00e0 la cam\u00e9ra de se d\u00e9placer et un moteur \u00e0 essuie-glaces la fait tourner d\u2019une image \u00e0 l\u2019autre. Seules exceptions dans la panoplie de cet artiste \u00abmanuel\u00bb: un iMac et une cam\u00e9ra num\u00e9rique. Fid\u00e8le \u00e0 son mode de cr\u00e9ation, Georges Schwizgebel n\u2019envisage aucune d\u00e9pense pour moderniser son mat\u00e9riel: \u00abJe pr\u00e9f\u00e8re le papier \u00e0 la machine.\u00bb <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nUne version de cet article de Largeur.com a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 11 ao\u00fbt 2002 dans l&rsquo;hebdomadaire Dimanche.ch.<\/p>\n<p><font size=1>Retrouvez Largeur.com chaque semaine dans la page N\u00e9oculture de<br \/>\n<a href=\"http:\/\/dimanche.ch\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/logodimanche.jpg\" width=\"120\" height=\"19\" border=\"0\" align=\"right\"><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Georges Schwizgebel pr\u00e9f\u00e8re le pinceau aux images de synth\u00e8se. L\u2019artiste carougeois s\u2019envole cette semaine pour le Qu\u00e9bec o\u00f9 il r\u00e9alisera son prochain court m\u00e9trage, \u00abL&rsquo;homme sans ombres\u00bb, sur feuilles pefor\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":15097,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1137","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1137","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/15097"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1137"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1137\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1137"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1137"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1137"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}