



{"id":11319,"date":"2020-10-12T22:54:13","date_gmt":"2020-10-12T20:54:13","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11319"},"modified":"2022-01-26T16:06:55","modified_gmt":"2022-01-26T15:06:55","slug":"economie-71","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11319","title":{"rendered":"Foodtech: mieux manger gr\u00e2ce \u00e0 la science"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2020\/01\/13\/50-idees-business-lancer-2020\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, 2,6 milliards de francs sont investis dans l\u2019innovation alimentaire en Suisse selon le hub Swiss Food &amp; Nutrition Valley. De l\u2019agriculture aux transports en passant par la nutrition et la vente, l\u2019ensemble les entreprises du secteur s\u2019activent aujourd\u2019hui \u00e0 int\u00e9grer les nouvelles technologies pour am\u00e9liorer leur productivit\u00e9 et s\u2019accorder aux valeurs de durabilit\u00e9 actuelles.<\/p>\n<p>L&rsquo;industrie alimentaire et agricole repr\u00e9sente un secteur majeur de l\u2019\u00e9conomie suisse. Elle compte pr\u00e8s de 5&rsquo;000 \u00e9tablissements et 51&rsquo;000 exploitations agricoles, soit plus de 230\u2019000 emplois selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS). \u00abIl y a un vrai savoir-faire, technologique, d\u2019une part, au travers par exemple de synergies avec l\u2019EPFL ou l\u2019UNIL, et commercial, d\u2019autre part, souligne Jean-Philippe Kunz, co-fondateur de Gnubiotics (start-up sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019utilisation alimentaire de nouvelles mol\u00e9cules) et ancien directeur commercial chez Nestl\u00e9. Des milliers de gens form\u00e9s et exp\u00e9riment\u00e9s, qui ont travaill\u00e9 pour des groupes comme Nestl\u00e9, Philip Morris ou Novartis, sont pr\u00e9sents en Suisse romande. Ils ont la capacit\u00e9 d\u2019identifier les \u2018insights\u2019 du march\u00e9 pour b\u00e2tir des strat\u00e9gies de lancement efficaces et les amener jusqu\u2019aux consommateurs. Les grandes entreprises disposent d\u2019un formidable acc\u00e8s aux march\u00e9s, mais les PME sont plus agiles et cr\u00e9atives.\u00bb En 2018, la Suisse a export\u00e9 pour 8,9 milliards de denr\u00e9es alimentaires et boissons (OFS). Aujourd\u2019hui, elle vise \u00e0 se positionner en leader mondial de l\u2019innovation alimentaire (voir interview en encadr\u00e9).<\/p>\n<ol>\n<li><strong>Sur la trace des aliments<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans le secteur alimentaire, les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement peuvent \u00eatre tr\u00e8s complexes avant que le produit final n\u2019arrive jusqu\u2019au consommateur. Dans une pizza congel\u00e9e, chaque ingr\u00e9dient peut venir de producteurs et fournisseurs diff\u00e9rents, et m\u00eame souvent de pays diff\u00e9rents. Chacun de ces producteurs et fournisseurs peut \u00e0 nouveau avoir recours \u00e0 d\u2019autres sous-traitants. Une \u00e9tude publi\u00e9e en janvier 2019 par l\u2019entreprise logistique belge Zetes montre que seulement 30% des 450 entreprises europ\u00e9ennes interrog\u00e9es d\u00e9clarent avoir une visibilit\u00e9 totale sur leurs cha\u00eenes d\u2019approvisionnement. Dans le m\u00eame temps, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux origines des produits, surtout concernant l\u2019alimentation. Ainsi, dans le Rapport agricole 2019 de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;agriculture (OFAG), la majorit\u00e9 des Suisses d\u00e9clarent pr\u00e9f\u00e9rer les produits animaliers et laitiers qui sont fabriqu\u00e9s localement.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, le chemin vers une plus grande transparence est long, comme le constate Burkhard Stiller, professeur sp\u00e9cialis\u00e9 dans les syst\u00e8mes de communication \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich: \u00abLe d\u00e9fi consiste \u00e0 trouver des standards pour des processus qui sont tr\u00e8s fragment\u00e9s. Il faut faire face \u00e0 des r\u00e9gulations juridiques divergentes, \u00e0 des barri\u00e8res de langues ou \u00e0 des incompatibilit\u00e9s num\u00e9riques \u2013 les donn\u00e9es enregistr\u00e9es chez un fournisseur A ne sont pas toujours comparables avec celles d\u2019un fournisseur B.\u00bb<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement placent ainsi beaucoup d\u2019espoir dans la technologie blockchain. Ce syst\u00e8me d\u2019enregistrement d\u2019informations d\u00e9centralis\u00e9 et tr\u00e8s s\u00e9curis\u00e9 \u2013 chaque membre de la blockchain dispose \u00e0 tout moment d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 toutes les informations qui y sont enregistr\u00e9es et \u00e0 tous les changements effectu\u00e9s au sein du syst\u00e8me \u2013 est ainsi test\u00e9 par Nestl\u00e9 depuis deux ans pour l&rsquo;approvisionnement en mati\u00e8res brutes, comme le lait ou l&rsquo;huile de palme. De son c\u00f4t\u00e9, le groupe Migros utilise un syst\u00e8me bas\u00e9 sur la blockchain pour les fruits et l\u00e9gumes. Le proc\u00e9d\u00e9 permet d\u2019obtenir des informations exactes \u00e0 chaque \u00e9tape de la cha\u00eene logistique, par exemple le temps pass\u00e9 chez chaque fournisseur, mais aussi des donn\u00e9es en lien avec le stade de maturit\u00e9 des produits, confirme Tristan Cerf, porte-parole du groupe.<\/p>\n<p><strong><em>R\u00e9duire le gaspillage<\/em><\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un vrai atout de la blockchain \u00e9tant donn\u00e9 que les pertes de fruits et l\u00e9gumes peuvent atteindre 35% pendant la phase de transport, estime l&rsquo;Organisation des Nations unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture. Pourtant, le professeur Burkhard Stiller reste prudent: \u00abCes syst\u00e8mes d\u00e9pendent de la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es qui y sont enregistr\u00e9es. Par exemple, un capteur mesurant les qualit\u00e9s chimiques d\u2019un aliment peut \u00eatre manipul\u00e9. Il faudrait donc que ces capteurs soient calibr\u00e9s par une organisation ind\u00e9pendante pour s\u2019assurer que les donn\u00e9es entre les diff\u00e9rents fournisseurs soient bien comparables.\u00bb<\/p>\n<p>Un autre probl\u00e8me de la cha\u00eene alimentaire concerne les d\u00e9chets. Selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement, en Suisse tous les ans, 1,7 millions de tonnes d\u2019aliments sont jet\u00e9s alors qu\u2019ils seraient encore comestibles \u2013 cela repr\u00e9sente 190 kilos par personne. La start-up lausannoise Kitro veut s\u2019attaquer \u00e0 ce probl\u00e8me dans les restaurants, les cantines et les h\u00f4tels. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 une balance qui analyse chaque aliment jet\u00e9 dans un \u00e9tablissement. A l\u2019aide de l\u2019intelligence artificielle, il est possible de savoir si un ingr\u00e9dient est encore consommable au moment o\u00f9 il est jet\u00e9, s\u2019il y a des jours o\u00f9 il y a plus de d\u00e9chets que d\u2019habitude ou si le d\u00e9chet provient d\u2019une surproduction ou d\u2019un retour d&rsquo;assiette. \u00abToutes ces informations sont affich\u00e9es en format interactif sur une plateforme\u00a0personnalis\u00e9e, ce qui permet ensuite \u00e0 nos clients d\u2019adapter leurs processus\u00bb, explique Nina M\u00fcller, cheffe de projet chez Kitro. Ainsi, l\u2019h\u00f4tel Riders \u00e0 Laax (GR) a pu r\u00e9duire son gaspillage par couvert de 57%. La jeune entreprise compte pour l\u2019instant 13 groupes parmi ses clients, en Suisse et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong>Soutenir les circuits courts gr\u00e2ce aux nouvelles technologies<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Vente en ligne, num\u00e9risation, les producteurs de denr\u00e9es alimentaires utilisent les nouvelles technologies pour s\u00e9duire les acheteurs urbains. \u00abLes entreprises agricoles doivent imaginer de nouveaux mod\u00e8les durables, en termes environnementaux, \u00e9conomiques et sociaux, soutient Julie Sch\u00fcpbach, responsable marketing et projets \u00e0 l\u2019Agrop\u00f4le de Molondin (VD). Les consommateurs ont eu une prise de conscience et ont d\u00e9sormais envie de manger local, mais il est difficile de s\u2019approvisionner en circuits courts au quotidien. Un des d\u00e9fis actuels consiste donc faciliter l\u2019acc\u00e8s aux produits locaux dans les centres urbains.\u00bb<\/p>\n<p>Rendre attractif les produits locaux existants gr\u00e2ce \u00e0 la num\u00e9risation repr\u00e9sente un des buts de la soci\u00e9t\u00e9 Farmy. L\u2019entreprise zurichoise cr\u00e9\u00e9e en 2014 utilise la vente en ligne pour proposer des denr\u00e9es directement issues de son r\u00e9seau de 1&rsquo;000 producteurs, puis livr\u00e9es \u00e0 domicile en v\u00e9hicules \u00e9lectriques. En coupant les interm\u00e9diaires, la PME de 200 employ\u00e9s valorise les marges des agriculteurs. <em>\u00ab<\/em><em>Nous \u00e9vitons \u00e9galement le gaspillage alimentaire puisque nous n\u2019avons pas de <\/em><em>stocks de produits frais\u00bb,<\/em> souligne Chiara Eckenschwiller, marketing manager pour la Suisse romande.<\/p>\n<p>Renforc\u00e9e par la crise du coronavirus, l\u2019entreprise a enregistr\u00e9 une hausse record des commandes de 160% au premier semestre par rapport \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, avec une augmentation des ventes de 255% au mois d\u2019avril par rapport \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, gr\u00e2ce notamment \u00e0 un gonflement du panier d\u2019achat moyen pass\u00e9 de 120 francs \u00e0 pr\u00e8s de 180 francs. Au\u00a0premier semestre,\u00a0Farmy a ainsi\u00a0plus que doubl\u00e9 son chiffre d\u2019affaire, passant de CHF 4,5 millions en 2019 \u00e0 11,5 millions en 2020. L\u2019\u00e9lan provoqu\u00e9 par la crise s\u2019est aujourd\u2019hui calm\u00e9, mais l\u2019entreprise enregistre toujours une croissance des ventes de 194% en juin. \u00abLe public a d\u00e9couvert une nouvelle fa\u00e7on de consommer, d\u00e9taille Chiara\u00a0Eckenschwiller. Sans avoir \u00e0 se d\u00e9placer, il peut facilement valoriser les produits locaux. Cette alternative lui permet d\u2019\u00e9conomiser du temps, tout en s\u2019engageant dans une consommation plus responsable.\u00bb<\/p>\n<p><strong><em>Valoriser les producteurs<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00abLa production alimentaire est aujourd\u2019hui construite en silos, explique Julie Sch\u00fcpbach (Agrop\u00f4le). Le producteur vend ses produits aux fabriques qui fournissent la grande distribution, qui revend quant \u00e0 elle au consommateur. Le producteur perd le lien direct avec le consommateur et il y a beaucoup de carcans. Depuis la crise du coronavirus, la tendance \u00e0 la consommation directe \u00e0 la ferme s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e, mais cela concerne majoritairement l\u2019achat de produits bruts comme les l\u00e9gumes, alors qu\u2019il ne faut pas oublier l\u2019artisanat de transformation, comme par exemple la boucherie ou la boulangerie.\u00bb<\/p>\n<p>Ouverte 24h\/24, la Petite \u00e9picerie de Bavois (VD) impose un nouveau mod\u00e8le de vente. Une application mobile permet d\u2019ouvrir la porte du local, les clients se servent ensuite de leur smartphone pour scanner les produits, s\u2019informer sur le producteur, puis payer en ligne ou sur place en autonomie. \u00abNous voulons valoriser les productions locales en faisant revivre une \u00e9picerie de village, explique St\u00e9phanie Favre, une des quatre co-fondatrices. Les producteurs achalandent eux-m\u00eames leurs pr\u00e9sentoirs qu\u2019ils peuvent observer \u00e0 distance et remplir en cons\u00e9quence.\u00bb Avec plus de 30 visiteurs quotidiens, le mod\u00e8le convainc et dynamise les villages parfois d\u00e9sert\u00e9s de leurs commerces. Forte de sons succ\u00e8s, la Petite \u00e9picerie a ouvert une franchise \u00e0 Juriens (VD) en mars 2020 alors que d\u2019autres communes manifestent d\u00e9j\u00e0 leur int\u00e9r\u00eat. \u00abL\u2019agriculture locale peut \u00eatre valoris\u00e9e gr\u00e2ce aux technologies high-tech tr\u00e8s pointues, mais aussi par des initiatives de revalorisation, ajoute Julie Sch\u00fcpbach. Les techniques modernes ne sont pas antinomiques avec les productions traditionnelles en terre, elles doivent plut\u00f4t cohabiter selon les contextes.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11320\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Largeur_121020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Largeur_121020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Largeur_121020-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/Largeur_121020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong>L\u2019\u00e8re des \u00absuper-aliments\u00bb<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Suivant les nouvelles tendances alimentaires, Nestl\u00e9 a lanc\u00e9 fin ao\u00fbt 2020 la commercialisation d\u2019un nouveau substitut v\u00e9g\u00e9tal au thon \u00e0 base de prot\u00e9ines de pois. Les PME suisses innovent aussi dans les produits propos\u00e9s aux consommateurs. Pour y parvenir, elles surveillent les tendances du moment en mati\u00e8re de nutrition. Marlyne Sahakian, sociologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve, a identifi\u00e9 dans l\u2019\u00e9tude Swiss Diets six prescriptions alimentaires d\u00e9sormais dominantes dans le pays. \u00abIl s\u2019agit d\u2019une alimentation naturelle et biologique; locale et saisonni\u00e8re; des r\u00e9gimes v\u00e9g\u00e9tariens et v\u00e9g\u00e9taliens; d\u2019une consommation de viande r\u00e9duite et plus qualitative; d\u2019un r\u00e9gime \u00e9quilibr\u00e9 et, enfin, du fait de manger comme source de plaisir. Comme vous le voyez, certaines prescriptions sont contradictoires (manger de la viande vs. \u00eatre v\u00e9g\u00e9tarien) quand d\u2019autres se chevauchent (alimentation locale et biologique).\u00bb<\/p>\n<p>Au niveau mondial, le march\u00e9 des substituts de viande \u2013 d\u2019origine v\u00e9g\u00e9tale ou \u00e0 partir de cellules fabriqu\u00e9es en laboratoire\u00a0 \u2013 atteignent 140 milliards de dollars, selon une estimation de la banque Barclays. Cela correspond \u00e0 10% des ventes mondiales de viande, contre 1% actuellement. S\u00e9duire les \u00abflexitariens\u00bb (personnes ayant drastiquement r\u00e9duit leur consommation de produits carn\u00e9s) est l\u2019une des ambitions d\u2019Alver. Depuis sa cr\u00e9ation en 2017, la PME a mis au point des aliments <em>swiss made<\/em> compos\u00e9s de microalgues prot\u00e9in\u00e9es. \u00abNous utilisons de la <em>Golden chlorella<\/em>, explique la co-fondatrice Majbritt Byskov-Bridges. C\u2019est un produit r\u00e9volutionnaire car il n\u2019a ni le go\u00fbt ni l\u2019odeur de l\u2019algue. Nos p\u00e2tes sont par exemple compos\u00e9es de 22% de prot\u00e9ines \u00e9quivalentes \u00e0 la viande, mais gardent le go\u00fbt traditionnel des p\u00e2tes italiennes.\u00bb La co-fondatrice de l\u2019entreprise de Saint-Aubin (FR) \u00e9voque \u00e9galement les bienfaits sur la sant\u00e9. \u00abLa chlorella renforce le syst\u00e8me immunitaire, gr\u00e2ce \u00e0 un taux \u00e9lev\u00e9 de zinc, et \u00e9limine les m\u00e9taux lourds et pesticides.\u00bb<\/p>\n<p>La grande distribution s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 l\u2019assortiment de cette start-up de six employ\u00e9s: les produits Alver sont disponibles dans 130 points de vente en Suisse, dont Manor et Coop. Ils sont aussi pr\u00e9sents en France dans les enseignes E.Leclerc et chez l\u2019Allemand Edeka. La PME a re\u00e7u en juin 2020 de nouveaux financements pour produire \u00e0 plus large \u00e9chelle.<\/p>\n<p><strong><em>De Stanford \u00e0 Epalinges, une recherche en compl\u00e9ments alimentaires<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dans l\u2019ombre des g\u00e9ants alimentaires suisses, dont Nestl\u00e9 et ses dix centres R&amp;D en Suisse, figure \u00e9galement l\u2019entreprise technologique Gnubiotics. Situ\u00e9e \u00e0 Epalinges, elle d\u00e9veloppe un portefeuille de produits bas\u00e9 sur des nouvelles mol\u00e9cules appel\u00e9es \u00abglycanes\u00bb. \u00abNous avons acquis l\u2019utilisation exclusive d\u2019une famille de glycanes identifi\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 de Stanford, pr\u00e9cise son co-fondateur Jean-Philippe Kunz. Nous avons ensuite d\u00e9pos\u00e9 des brevets suppl\u00e9mentaires pour prot\u00e9ger la mani\u00e8re dont nous recr\u00e9ons cet assemblage de structures tr\u00e8s complexes, naturellement pr\u00e9sent dans le lait des mammif\u00e8res. Nous avons \u00e9galement men\u00e9 \u00e0 bien plusieurs \u00e9tudes cliniques pour d\u00e9montrer ses b\u00e9n\u00e9fices potentiels sur la sant\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Cette famille de glycanes a trois fonctions int\u00e9ressantes. \u00abElle permet de produire de l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire au d\u00e9veloppement de bonnes bact\u00e9ries dans le tube digestif. Elle sert aussi de leurre contre les microbes susceptibles d\u2019infecter les cellules. Enfin, elle se colle sur la paroi intestinale, la renforce et am\u00e9liore ainsi le syst\u00e8me immunitaire.\u00bb Financ\u00e9e par une lev\u00e9e de fonds totale de pr\u00e8s de neuf millions de francs, la PME vaudoise travaille sur quatre types d\u2019applications possibles: nutrition animale, humaine ou m\u00e9dicale, et pour les cosm\u00e9tiques.<\/p>\n<p>La PME de huit employ\u00e9s est particuli\u00e8rement avanc\u00e9e en mati\u00e8re de nutrition animale, ce qui lui permettra de g\u00e9n\u00e9rer des revenus fin 2020. Elle fait fabriquer en Allemagne un premier ingr\u00e9dient (AmoBiome) qu\u2019elle commercialise \u00e0 toutes les grandes marques de \u00abPetFood\u00bb. \u00abNous avons commenc\u00e9 par le volet animal car son d\u00e9veloppement &#8211; et par cons\u00e9quent ses revenus- sont plus rapides.\u00bb<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong>Les robots investissent les champs<br \/>\n<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Le volume du march\u00e9 mondial des robots agricoles s\u2019appr\u00eate \u00e0 passer de cinq milliards de francs aujourd\u2019hui \u00e0 plus de vingt milliards d\u2019ici \u00e0 2025, selon le cabinet d\u2019analyse Markets and Markets. Les exploitations les plus modernes \u2013 notamment aux Etats-Unis \u2013\u00a0 ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 recours \u00e0 des tracteurs autonomes, des drones analysant la croissance des plantes, ou encore des capteurs intelligents plac\u00e9s dans le sol. Ces progr\u00e8s s\u2019inscrivent dans un double d\u00e9fi: augmenter le rendement des terres pour nourrir une population globale grandissante (presque 10 milliards d\u2019individus sur Terre vers 2060 selon les projections), tout en limitant les effets n\u00e9gatifs sur le sol et l\u2019environnement. \u00abActuellement, on assiste \u00e0 deux grandes tendances dans le secteur agricole: d\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019automatisation des outils, de l\u2019autre, l\u2019interconnectivit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9change d\u2019informations entre ces diff\u00e9rents appareils\u00bb, explique Francisco Klauser, professeur \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie de l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel.<\/p>\n<p>En Suisse, la Conf\u00e9d\u00e9ration soutient cette d\u00e9marche. Ainsi, en 2018, le conseiller f\u00e9d\u00e9ral Johann Schneider-Ammann a sign\u00e9 la Charte sur la num\u00e9risation dans l\u2019agriculture avec de nombreuses entreprises et organisations du secteur.\u00a0La m\u00eame ann\u00e9e, le projet Swiss Future Farm a vu le jour \u00e0 T\u00e4nikon (TG) avec le soutien de l\u2019Agroscope, le centre de comp\u00e9tences de la Conf\u00e9d\u00e9ration pour la recherche agricole. Sur plus de 80 hectares de terres, les chercheurs testent des nouvelles technologies dans des conditions r\u00e9elles, telles que la fertilisation \u00e0 l\u2019aide de drones ou l\u2019emploi d\u2019outils agricoles traditionnels \u00e9quip\u00e9s de cam\u00e9ras intelligentes.<\/p>\n<p><strong><em>D\u00e9sherbage intelligent <\/em><\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs entreprises suisses sont actives dans ce secteur et travaillent avec de grandes soci\u00e9t\u00e9s agricoles dans le monde entier. Le sp\u00e9cialiste de drones vaudois Sensefly a par exemple d\u00e9velopp\u00e9 des engins volants qui, combin\u00e9s \u00e0 des cam\u00e9ras thermiques et multispectrales, permettent \u00e0 ses clients \u2013 dont une grande partie se trouve aux Etats-Unis et en Am\u00e9rique du Sud \u2013 de cr\u00e9er des cartes pr\u00e9cises de leurs cultures. Gr\u00e2ce \u00e0 ces cartes, il est possible de conna\u00eetre exactement la p\u00e9riode de croissance de chaque plante et de constater d\u2019\u00e9ventuelles maladies. En fonction de ces donn\u00e9es, les doses de pesticides peuvent \u00eatre d\u00e9finies de mani\u00e8re plus pr\u00e9cise. La jeune soci\u00e9t\u00e9 Ecorobotix s\u2019affirme \u00e9galement comme un acteur majeur. Lanc\u00e9e en 2011 \u00e0 Yverdon-les-Bains, elle a con\u00e7u un robot d\u00e9sherbant autonome. Des tests r\u00e9cents en France en collaboration avec la sucri\u00e8re Tereos ont montr\u00e9 que 80% des plantes adventices (\u00abmauvaises herbes\u00bb) d\u2019un champ avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es et pulv\u00e9ris\u00e9es. L\u2019objectif: r\u00e9duire, \u00e0 terme, jusqu\u2019\u00e0 vingt fois l\u2019utilisation d\u2019herbicides. L\u2019industrialisation du robot est pr\u00e9vue pour 2022, pr\u00e9cise la porte-parole Isabelle Aeschlimann.<\/p>\n<p>Selon Francisco Klauser, il est cependant important de prendre en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s de chaque technologie: \u00abL\u2019emploi d\u2019appareils digitaux peut entra\u00eener des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 des d\u00e9fauts techniques ou \u00e0 la d\u00e9pendance de logiciels sp\u00e9cifiques. A cela s\u2019ajoute un investissement initial important qui est plus facile \u00e0 r\u00e9aliser pour les grandes soci\u00e9t\u00e9s agricoles que pour les PME. Aussi, un drone peut facilement survoler un champ tr\u00e8s \u00e9tendu en Am\u00e9rique, mais aura plus de difficult\u00e9s dans des contr\u00e9es davantage vallonn\u00e9es comme le Valais.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: Blandine Guignier et Audrey Magat<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Robotique, blockchain, biochimie, les entreprises romandes mobilisent les nouvelles technologies pour inventer l\u2019alimentation de demain. 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