



{"id":1119,"date":"2002-07-21T00:00:00","date_gmt":"2002-07-20T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1119"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"artistes et machines (iii)","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1119","title":{"rendered":"Nicolas Wadimoff, le cin\u00e9ma suisse sans g\u00e9mir"},"content":{"rendered":"<p>Nicolas Wadimoff n\u2019est pas un cin\u00e9aste qui se plaint. Comme ceux qui justifient la mollesse du cin\u00e9ma suisse en invoquant syst\u00e9matiquement le manque de moyens. \u00abQuand les projets sont bons, ils se montent, dit-il. Quand je n\u2019avais pas d\u2019argent, j\u2019en ai cherch\u00e9 au lieu de passer mon temps \u00e0 g\u00e9mir. En Suisse ou ailleurs, on finit par en trouver, ou \u00e0 avancer quand m\u00eame. Regardez Xavier Ruiz, qui a r\u00e9alis\u00e9 Neutre, il n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 financer son film, mais il l\u2019a quand m\u00eame fait, puis diffus\u00e9 dans les salles!\u00bb<\/p>\n<p>A 38 ans, plusieurs documentaires et quatre longs m\u00e9trages derri\u00e8re lui (deux films de cin\u00e9ma, deux t\u00e9l\u00e9films), Nicolas Wadimoff peut exhiber son parcours en guise d\u2019exemple. Il est l\u2019un des rares cin\u00e9astes de sa g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 pouvoir vivre de son art en Suisse. \u00abOn me dit souvent que je parle beaucoup d\u2019argent, mais il ne faut pas se voiler la face: le cin\u00e9ma est aussi une histoire de fric, c\u2019est un art co\u00fbteux.\u00bb<\/p>\n<p>Logiquement, Wadimoff s\u2019int\u00e9resse aussi au financement de projets, et \u00e0 leur rentabilit\u00e9. Il a donc mont\u00e9 sa propre maison de production, avec quatre associ\u00e9s. <a href=http:\/\/www.caravan-prod.ch target=_blank class=std>Caravan Prod<\/a> r\u00e9alise des fictions mais aussi des films publicitaires (pour Piaget, le CICR ou Serono) ou des documentaires (comme celui \u00e0 venir sur Alinghi, le bateau d\u2019Ernesto Bertarelli).<\/p>\n<p>\u00abCaravan est une entreprise rentable aujourd\u2019hui. Il y a environ un an, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de l\u00e2cher la production pour me consacrer plus qu\u2019\u00e0 la r\u00e9alisation. J\u2019ai donc quitt\u00e9 Caravan Prod. Je suis encore actionnaire de la soci\u00e9t\u00e9, mais plus pour longtemps.\u00bb<\/p>\n<p>Le cin\u00e9aste travaille aujourd\u2019hui sur l\u2019adaptation d\u2019un roman de l\u2019auteur genevois Jean-Jacques Busino, qui se tournera en 2004.<\/p>\n<p>C\u2019est son long m\u00e9trage intitul\u00e9 Clandestins, prim\u00e9 au festival de Locarno en 1998, qui a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 sa carri\u00e8re. Mais Nicolas prend la cam\u00e9ra \u00e0 18 ans d\u00e9j\u00e0, pour r\u00e9aliser un documentaire sur un jeune boxeur. Il \u00e9tudie ensuite le cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, r\u00e9alise plusieurs courts m\u00e9trages et entre \u00e0 la TSR comme r\u00e9alisateur (notamment pour Temps pr\u00e9sent). Il tourne ensuite Mondialito, sorti en 2000 et dans lequel joue Emma de Caunes, l\u2019histoire d\u2019un gamin arabe qui abandonne sa famille d\u2019accueil pour r\u00e9aliser son r\u00eave: assister \u00e0 la demi-finale de la Coupe du monde de football \u00e0 Marseille. Et des productions TV: l\u2019an dernier, 15, rue des Bains pour la TSR, et plus r\u00e9cemment un t\u00e9l\u00e9film, intitul\u00e9 Kadogo, l\u2019enfant soldat, qui passera cet automne sur France 2 et la TSR.<\/p>\n<p><b>Travail \u00e0 distance<\/b><\/p>\n<p>Pour Nicolas Wadimoff, les technologies ont chang\u00e9 le m\u00e9tier de cin\u00e9aste. \u00abDans l\u2019\u00e9criture, l\u2019internet me fait gagner un temps fou. Je travaille actuellement \u00e0 distance avec une sc\u00e9nariste mexicaine, ce qui \u00e9tait impossible avant: je passais mon temps \u00e0 dactylographier des fax! Je travaille plus vite, et j\u2019\u00e9conomise des voyages.\u00bb La technologie intervient aussi pour les rep\u00e9rages. \u00abJe construis mon storyboard en utilisant des photos num\u00e9riques, ce qui me permet de r\u00e9aliser des fiches techniques illustr\u00e9es beaucoup plus rapidement et pr\u00e9cis\u00e9ment.\u00bb<\/p>\n<p>La technologie num\u00e9rique se d\u00e9veloppe dans le cin\u00e9ma, mais Wadimoff tourne si possible toujours en pellicule classique (\u00able grain est quand m\u00eame plus beau\u00bb). Par contre, le montage est enti\u00e8rement num\u00e9rique sur une plate-forme Avid le standard qu\u2019utilisent tous les professionnels. \u00abL\u2019ensemble de la production est digital, y compris le son. Dans mon travail, la technologie permet de perdre moins de temps, de se centrer sur la cr\u00e9ation.\u00bb<\/p>\n<p><b>De l\u2019argent pour \u00abUn caf\u00e9, une cigarette\u00bb<\/b><\/p>\n<p>Le prochain film de Nicolas Wadimoff s\u2019appelle \u00abUn caf\u00e9, une cigarette\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019une adaptation d\u2019un polar de l\u2019auteur genevois Jean-Jacques Busino. Il sera tourn\u00e9 en 2004 au Mexique. <\/p>\n<p>Le cin\u00e9aste l\u00e8ve les fonds, recherche les partenaires et commence \u00e0 travailler sur les rep\u00e9rages. \u00abLe film raconte l\u2019errance d\u2019un homme qui cherche un sens \u00e0 sa vie, d\u00e9cide de monter un home pour enfant de la rue, et doit lutter contre la mafia locale. Le livre se passe \u00e0 Naples en 1994. Aujourd\u2019hui, la ville me semblait trop format\u00e9e. Je vais donc tourner le film \u00e0 Tijuana, une ville de perdition qui rend beaucoup mieux les enjeux du sc\u00e9nario. Je ne me force pas \u00e0 traiter de sujets politiques, j\u2019ai une culture du documentaire qui influe sur mon cin\u00e9ma. Mais je voudrais mettre plus de po\u00e9sie et de lyrisme dans ce film.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abCe nouveau long m\u00e9trage est un projet \u00e0 4, m\u00eame 5 millions de francs. J\u2019ai notamment trouv\u00e9 un producteur mexicain, car pour le financement, mon souci \u00e9tait de trouver des partenaires ad\u00e9quats, qui apportent quelque chose dans le projet en plus de l\u2019argent. On ne peut pas trouver un tel montant en Suisse pour un film. Si on fait le tour de toutes les aides provenant des institutions culturelles ou de la Conf\u00e9d\u00e9ration, et qu\u2019on est produit par la t\u00e9l\u00e9vision suisse, on l\u00e8ve au maximum 1,2 million de francs, m\u00eame si on s\u2019appelle Godard. Donc il faut chercher de l\u2019argent ailleurs: en Belgique, en France, en Allemagne ou en Espagne&#8230; En Suisse, j\u2019ai beaucoup plus de facilit\u00e9 \u00e0 lever des fonds que quand je commen\u00e7ais. C\u2019est un nouveau d\u00e9fi pour moi de trouver un financement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nUne version de cet article de Largeur.com a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 21 juillet 2002 dans l&rsquo;hebdomadaire Dimanche.ch.<\/p>\n<p><font size=1>Retrouvez Largeur.com chaque semaine dans la page N\u00e9oculture de<br \/>\n<a href=\"http:\/\/dimanche.ch\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/logodimanche.jpg\" width=\"120\" height=\"19\" border=\"0\" align=\"right\"><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A 38 ans, le Genevois pr\u00e9pare son cinqui\u00e8me long m\u00e9trage, \u00e0 Tijuana. 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