



{"id":11146,"date":"2020-08-13T22:51:08","date_gmt":"2020-08-13T20:51:08","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11146"},"modified":"2020-08-13T17:55:36","modified_gmt":"2020-08-13T15:55:36","slug":"suisse-567","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11146","title":{"rendered":"L\u2019art viticole vaudois"},"content":{"rendered":"<p>\u00abCar ce jus-l\u00e0, quand on le boit, c\u2019est lui qui nous fait bons Vaudois!\u00bb Ce refrain a r\u00e9sonn\u00e9 plus d\u2019une fois dans les cabarets de l\u2019entre-deux-guerres. On le doit au chansonnier Jean Villard (1895 \u2013 1982), qui est devenu, sous le nom de Gilles, l\u2019incarnation parfaite du bon vivant vaudois. Le \u00abjus\u00bb dont il vante les louanges dans cette chanson intitul\u00e9e Vive la vigne de chez nous, n\u2019est autre que le fameux chasselas. \u00c0 en croire Gilles, l\u2019essence m\u00eame de l\u2019esprit vaudois proviendrait ainsi de la consommation de ce vin local.<\/p>\n<p>Un soir de 1945, alors qu\u2019il se produit dans le cabaret lausannois du Coup de Soleil, le chansonnier est interpell\u00e9 par une Parisienne qui lui r\u00e9clame un morceau. Elle se nomme \u00c9dith Piaf. Il lui propose un titre m\u00e9connu. Emball\u00e9e, elle d\u00e9cide aussit\u00f4t de l\u2019ajouter \u00e0 son r\u00e9pertoire. Les trois cloches sera vendu \u00e0 plus d\u2019un million d\u2019exemplaires, et repris par des personnalit\u00e9s aussi diverses que Ray Charles, Coluche, Tina Arena, Frank Sinatra et Micheline Calmy-Rey, ancienne conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale valaisanne.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s international ne d\u00e9tourne pas Gilles de son canton d\u2019origine. Apr\u00e8s avoir tenu pendant pr\u00e8s de dix ans un cabaret parisien, l\u2019artiste d\u00e9cide de revenir s\u2019installer sur les rives du L\u00e9man, en 1958, notamment \u00e0 Saint-Saphorin en Lavaux o\u00f9 il continuera d\u2019\u00e9crire sur la viticulture, h\u00e9ritage mill\u00e9naire de la r\u00e9gion qui l\u2019a vu na\u00eetre.<\/p>\n<p><strong>Une image de carte postale<\/strong><\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de la vigne dans la r\u00e9gion vaudoise est en effet attest\u00e9e d\u00e8s le IXe si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 et se renforce continuellement les si\u00e8cles suivants. La vague de cr\u00e9ations monastiques dans le Pays de Vaud, au XIIe si\u00e8cle, dont la r\u00e8gle oblige les moines \u00e0 effectuer des travaux manuels, provoque l\u2019explosion du nombre de parcelles de vignes, indique Gilbert Coutaz, ancien directeur des Archives cantonales vaudoises. La viticulture est alors avant tout destin\u00e9e au vin de messe.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce moment que les pentes abruptes et arides de Lavaux sont d\u00e9frich\u00e9es, puis terrass\u00e9es, pour exploiter un plant de provenance autochtone, le chasselas. La r\u00e9gion, qui constitue une v\u00e9ritable image de carte postale, est int\u00e9gr\u00e9e au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO en 2007.<\/p>\n<p>Au fil du temps, les parcellisations de domaines s\u2019acc\u00e9l\u00e8rent dans tout le canton \u00abpour \u00e9viter toute faillite en cas de gr\u00eale ou d\u2019intemp\u00e9ries\u00bb, pr\u00e9cise Gilbert Coutaz. Cette strat\u00e9gie n\u2019emp\u00eachera toutefois pas les ravages provoqu\u00e9s par l\u2019insecte phyllox\u00e9ra, entre 1886 et 1918. Au total, pr\u00e8s de 10% des vignes sont perdues \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Fiers de leur tradition viticole, les Vaudois rivalisent volontiers avec les Valaisans. En termes de volume, le Pays de Vaud se classe aujourd\u2019hui comme second producteur de vin en Suisse, derri\u00e8re le Valais. On y compte environ 400 domaines pour un total de 3800 hectares de vignobles (contre 4800 pour le voisin valaisan). On y fait la part belle aux vins blancs, qui constituent 66% de la production.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11147\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/largeur_13082020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/largeur_13082020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/largeur_13082020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/largeur_13082020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>La vigne sous la plume et le pinceau<\/strong><\/p>\n<p>La viticulture impr\u00e8gne toute la culture vaudoise. Il suffit de se plonger dans les \u0153uvres des \u00e9crivains lausannois Paul Budry (1883-1949) et Charles Ferdinand Ramuz (1878-1947) pour en mesurer l\u2019importance. Dans sa nouvelle Vigneron, moi aussi, Charles Ferdinand Ramuz clame son amour pour la vigne, lui qui a habit\u00e9 \u00e0 Treytorrens (Payerne), dans une simple question: \u00abEst-ce que je serai aussi vigneron? Tu es vigneron, pour de bon.\u00bb<\/p>\n<p>En peinture, la vigne a souvent servi d\u2019inspiration aux artistes. Le Chablaisien Fr\u00e9d\u00e9ric Rouge (1867-1950) met en avant une viticulture id\u00e9ale, comme le d\u00e9montre la toile Le Retour des vendanges (1934). Cette \u0153uvre a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e repr\u00e9sentative de la culture vaudoise li\u00e9e au vin au point d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la collection de la Banque cantonale vaudoise. Parmi les autres toiles de Fr\u00e9d\u00e9ric Rouge qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre mises en lumi\u00e8re figure La Le\u00e7on de Taille (1896), expos\u00e9e au Ch\u00e2teau d\u2019Aigle.<\/p>\n<p><strong>Le carnotzet vaudois<\/strong><\/p>\n<p>La viticulture s\u2019invite aussi dans le quotidien des gens, notamment au travers de l\u2019embl\u00e9matique carnotzet. Cette salle sans fen\u00eatre, un peu secr\u00e8te, est une sorte de local \u00e0 boire et \u00e0 faire la f\u00eate. Selon l\u2019historien Bruno Corth\u00e9sy, \u00able concept, l\u2019objet et le nom du carnotzet ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s en 1894 \u00e0 l\u2019Exposition cantonale vaudoise \u00e0 Yverdon-les-Bains\u00bb. De nature intime, un bon carnotzet est install\u00e9 dans un lieu ferm\u00e9, souvent en sous-sol et si possible \u00e0 proximit\u00e9 de la cave. Aujourd\u2019hui encore, on trouve des carnotzets dans tout le Pays de Vaud, ce qui ne manque pas d\u2019\u00e9tonner les visiteurs. On en trouve m\u00eame un au sous-sol du grand h\u00f4pital cantonal, le CHUV.<\/p>\n<p>Le carnotzet s\u2019accompagne naturellement d\u2019une verr\u00e9e o\u00f9 les convives sont traditionnellement invit\u00e9s \u00e0 boire un chasselas. Et pour le d\u00e9guster, rien de mieux qu\u2019un gobelet vaudois (aussi appel\u00e9 \u00abgodet\u00bb). Ce petit verre de cave sans pied d\u2019une contenance de 0,6 dl est un objet embl\u00e9matique de la culture vaudoise. Arborant les armoiries d\u2019une commune ou du canton, il est employ\u00e9 \u00e0 l\u2019origine par le vigneron pour go\u00fbter son vin.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans The Lausanner (no5).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vigne est enracin\u00e9e dans la culture vaudoise depuis plus d\u2019un mill\u00e9naire. Outre son apport \u00e9conomique, elle a aussi impr\u00e9gn\u00e9 le caract\u00e8re des habitants de la r\u00e9gion.<\/p>\n","protected":false},"author":20248,"featured_media":11147,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-11146","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11146","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20248"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11146"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11146\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11149,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11146\/revisions\/11149"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11147"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11146"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11146"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11146"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}