



{"id":1111,"date":"2002-07-09T00:00:00","date_gmt":"2002-07-08T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1111"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"artistes et machines (i)","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1111","title":{"rendered":"Shakedown, pulsations vers la gloire"},"content":{"rendered":"<p>On entend le refrain et tout devient \u00e9vident: c\u2019est l\u2019un des tubes de l\u2019\u00e9t\u00e9 2002. Le public britannique l\u2019a d\u00e9j\u00e0 hiss\u00e9 au sommet des play-lists, les DJ allemands le font tourner en boucle et les radios grecques le matraquent sur les plages. <\/p>\n<p>I feel much better at night: le soulagement de la nuit qui tombe et, de la vraie vie qui commence. Le refrain para\u00eet familier et pourtant, c\u2019est du tout neuf, mill\u00e9sim\u00e9 XXIe si\u00e8cle. \u00abNous avons trafiqu\u00e9 la voix de notre chanteuse pour lui donner ce c\u00f4t\u00e9 us\u00e9, comme si on l\u2019avait sampl\u00e9e sur un vieux disque\u00bb, explique le producteur lausannois S\u00e9bastien Kohler.<\/p>\n<p>Avec son fr\u00e8re Stephan, mieux connu sous le nom de platine de Mandrax, il a fond\u00e9 <a href=http:\/\/www.shakedownonline.com\/ target=_blank class=std>Shakedown<\/a>, qui se profile comme l\u2019un des rares groupes suisses exportables. Il y a quelques semaines, leur sixi\u00e8me place dans les hit-parades britanniques leur a valu une invitation \u00e0 l\u2019\u00e9mission mythique de la BBC, Top of The Pops, qu\u2019ils ont honor\u00e9e dans des combinaisons de protection antiseptique genre E.T. \u00abNous sommes mont\u00e9s sur sc\u00e8ne entre Mary J. Blige et Enrique Iglesias: comme exp\u00e9rience familiale, c\u2019\u00e9tait assez particulier&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Toute l\u2019histoire de Shakedown est une exp\u00e9rience familiale assez particuli\u00e8re. Car les deux frangins se sont d\u2019abord impos\u00e9s en solo, comme deux chiens de fa\u00efence s\u00e9par\u00e9s par l\u2019Atlantique et une sorte de rivalit\u00e9 rythmique. <\/p>\n<p>L\u2019a\u00een\u00e9, Stephan, qui avait interrompu des \u00e9tudes de m\u00e9decine pour devenir l\u2019un des pionniers europ\u00e9ens de la house, \u00e9tait install\u00e9 \u00e0 Manhattan, o\u00f9 ses cachets de DJ lui permettaient de vivre en produisant des 12-inches (notamment le tube Nobody\u2019s Business sous le nom de H20 en 1996). <\/p>\n<p>Pendant ce temps, S\u00e9bastien travaillait comme ing\u00e9nieur du son \u00e0 Londres, enregistrait \u00abdes morceaux bizarres de dix minutes\u00bb avec Alex Attias sous le nom de Bel Air Project et commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019imposer en tant que producteur, notamment de Benjamin Diamond et Geoffrey Oryema. Les fr\u00e8res Kohler \u00e9voluaient en parall\u00e8le.<\/p>\n<p>\u00abEt puis, je suis parti un mois et demi \u00e0 New York et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai retrouv\u00e9 mon frangin, explique le cadet. On a commenc\u00e9 \u00e0 enregistrer ensemble: l\u2019alliance s\u2019est faite de mani\u00e8re naturelle. Nos cultures musicales sont semblables, on comprend tout de suite ce que l\u2019autre veut dire.\u00bb S\u00e9bastien sait de quoi il parle: il a appris le m\u00e9tier en travaillant au noir, mal pay\u00e9 dans un studio londonien miteux, et il dit que \u00abpour r\u00e9ussir un enregistrement, la moiti\u00e9 du boulot, c\u2019est du social\u00bb.<\/p>\n<p>Et l\u2019autre moiti\u00e9 de la technique. \u00abComme on travaille souvent \u00e0 distance, nous nous sommes arrang\u00e9s pour avoir le m\u00eame mat\u00e9riel \u00e0 New York et Lausanne. Et je fais des aller-retour entre les deux villes avec les morceaux sur des zips.\u00bb Les titres de Shakedown sont con\u00e7us sur Macintosh, par couches successives. \u00abMais nous ne mettons pas tout sur l\u2019ordinateur. On s\u2019efforce de conserver ces imperfections qui donnent un certain grain au son, avec des filtres et des vieux synth\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Shakedown travaille aussi avec des musiciens professionnels, ce qui peut r\u00e9server quelques surprises. \u00abUn morceau de p-funk que nous avions enregistr\u00e9 avec le bassiste lausannois Marcello Giuliani est arriv\u00e9 aux oreilles de Bootsy Collins (n.d.l.r.: bassiste l\u00e9gendaire de Sex Machine), qui a imm\u00e9diatement d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019int\u00e9grer \u00e0 son nouvel album. On lui a donc envoy\u00e9 les bandes, et il a demand\u00e9 \u00e0 Macy Gray de venir enregistrer les ch\u0153urs, \u00e0 Fred Wesley et Maceo Parker d\u2019ajouter des cuivres et aux Ohio Players de faire les claquements de mains&#8230; On n\u2019y croyait pas! Et quand il nous a renvoy\u00e9 le tout pour le mix final, on s\u2019est aper\u00e7us qu\u2019il avait gard\u00e9 la basse originale.\u00bb<\/p>\n<p><b>Remixeurs remix\u00e9s<\/b><\/p>\n<p>La cr\u00e9dibilit\u00e9 des musiciens \u00e9lectroniques est souvent mesur\u00e9e au prestige des remixes qu\u2019on leur confie. R\u00e9assembler les pistes d\u2019un artiste respect\u00e9, \u00e7a vous place imm\u00e9diatement sur la sc\u00e8ne internationale. <\/p>\n<p>Shakedown est plut\u00f4t g\u00e2t\u00e9 de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0. La premi\u00e8re fois que le nom du duo est apparu sur une pastille, c\u2019\u00e9tait pour un remix de Sly &#038; Robbie. Les Lausannois ont ensuite \u00e9t\u00e9 mandat\u00e9s par Mirwais (producteur de Madonna) et par les fus\u00e9es norv\u00e9giennes de R\u00f6yksopp. \u00abEt l\u00e0, on vient de terminer un remix pour les Chemical Brothers. S\u2019ils ne l\u2019acceptent pas, aucun probl\u00e8me: ils nous paient de toute fa\u00e7on. On r\u00e9cup\u00e9rera la base rythmique pour un de nos titres.\u00bb<\/p>\n<p>Si les maisons de disques sont pr\u00eates \u00e0 d\u00e9bourser \u00e0 chaque fois quelques milliers de francs pour faire remixer leurs artistes, c\u2019est parce qu\u2019elles savent que chaque nouvelle version leur ouvrira la porte de clubs s\u00e9lectifs. Shakedown a d\u2019ailleurs largement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de cet effet. <\/p>\n<p>Leur tube At Night a \u00e9t\u00e9 remix\u00e9 par Alan Braxe, Mousse T, Kid Cr\u00e8me et AfterLife. R\u00e9sultat: pendant quelques jours, il a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des morceaux les plus jou\u00e9s en Grande-Bretagne. \u00abBizarrement, il y a eu aussi des musiciens estoniens, Rulers of the Deep, qui ont remix\u00e9 notre titre sans qu\u2019on ne leur demande rien. Comme le r\u00e9sultat \u00e9tait excellent, la maison de disques a finalement d\u00e9cid\u00e9 de le publier.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nShakedown<br \/>\n\u00ab<a href=http:\/\/www.amazon.co.uk\/exec\/obidos\/ASIN\/B000066NQX\/largeurcom target=_blank class=std>You Think You Know<\/a>\u00bb<br \/>\n(Muve\/Musikvertrieb)<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nUne version de cet article de Largeur.com a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le 7 juillet 2002 dans l&rsquo;hebdomadaire Dimanche.ch.<\/p>\n<p><font size=1>Retrouvez Largeur.com chaque semaine dans la page N\u00e9oculture de<br \/>\n<a href=\"http:\/\/dimanche.ch\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"images\/logodimanche.jpg\" width=\"120\" height=\"19\" border=\"0\" align=\"right\"><\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Remixeurs r\u00e9put\u00e9s, les Lausannois grimpent dans les charts, se m\u00e9fient des ordinateurs et traversent l\u2019Atlantique avec des disquettes zip. Premier volet de notre s\u00e9rie sur les artistes du XXIe si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1111","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1111"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1111\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}