



{"id":11072,"date":"2020-07-16T23:06:31","date_gmt":"2020-07-16T21:06:31","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11072"},"modified":"2020-07-16T17:10:41","modified_gmt":"2020-07-16T15:10:41","slug":"sante-84","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11072","title":{"rendered":"Les Suisses accros aux cachets"},"content":{"rendered":"<p>Tous les soirs avant d\u2019aller au lit, Albert*, 83 ans, avale une petite pilule bleue. Sans elle, il est convaincu qu\u2019il ne dormirait pas. Ce rituel dure depuis plus de vingt ans.\u00a0Au fil des ans, son m\u00e9decin a d\u00fb lui prescrire une dose toujours plus forte pour obtenir l\u2019effet initial. \u00ab\u200aJe voudrais vraiment arriver \u00e0 retrouver le sommeil naturellement, sans ce m\u00e9dicament qui me cause des maux d\u2019estomac\u200a\u00bb, dit-il. Mais \u00e0 chaque fois qu\u2019il a essay\u00e9 d\u2019arr\u00eater de le prendre, les sympt\u00f4mes de sevrage \u2013 tremblements, tachycardie, \u00e9tourdissements \u2013, sans compter l\u2019insomnie, \u00e9taient tels qu\u2019il y a renonc\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019architecte \u00e0 la retraite fait partie des 350\u2009000 personnes en Suisse recens\u00e9es par l\u2019assureur Helsana qui consomment des benzodiaz\u00e9pines, ces s\u00e9datifs utilis\u00e9s contre l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ou les troubles du sommeil, de fa\u00e7on prolong\u00e9e. Et qui en deviennent d\u00e9pendantes apr\u00e8s quelques semaines d\u2019usage. Les chiffres de la derni\u00e8re enqu\u00eate sur la sant\u00e9 de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), publi\u00e9s l\u2019an dernier, vont dans le m\u00eame sens\u200a: ils montrent que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la population \u00e2g\u00e9e de plus de 15 ans prend au moins un m\u00e9dicament (toutes cat\u00e9gories confondues) chaque semaine.<\/p>\n<p>Les statistiques d\u2019autant plus inqui\u00e9tantes que la tendance est \u00e0 la hausse. La proportion de Suisses qui prennent au moins un m\u00e9dicament par semaine est pass\u00e9e de 39% \u00e0 52% au cours des vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, selon l\u2019OFS. Les femmes sont plus concern\u00e9es que les hommes (55% contre 45%). Environ 5% de la population consommeraient \u00ab\u200ar\u00e9guli\u00e8rement\u200a\u00bb des somnif\u00e8res, tranquillisants ou antid\u00e9presseurs, alors que chez les 75 ans et plus, ce pourcentage grimpe \u00e0 84%. La consommation de m\u00e9dicaments augmente partout, selon le rapport statistique de l\u2019OCDE 2018, la Suisse \u00e9tant la cinqui\u00e8me plus grande consommatrice au monde.<\/p>\n<p><strong>Faut-il s\u2019alarmer\u200a?<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u200aOui\u200a\u00bb, r\u00e9pond clairement Chin Bin Eap, responsable de l\u2019Unit\u00e9 de pharmacog\u00e9n\u00e9tique et psychopharmacologie clinique du Centre de neurosciences psychiatriques du CHUV, notamment pour ce qui concerne la consommation \u00e9lev\u00e9e d\u2019opio\u00efdes ou de benzodiaz\u00e9pines chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019a\u00een\u00e9s commencent un traitement aux benzodiaz\u00e9pines et ne le terminent jamais, observe le professeur. \u00ab\u200aLeur prescription est souvent inappropri\u00e9e et abusive, faite en dehors des indications reconnues. Ils doivent \u00eatre prescrits pour maximum quatre semaines, apr\u00e8s quoi une r\u00e9\u00e9valuation doit \u00eatre effectu\u00e9e.\u200a\u00bb Il soutient que, s\u2019ils sont pris \u00e0 moyen-long terme, arr\u00eater peut \u00eatre tr\u00e8s difficile, ajoutant qu\u2019en principe les m\u00e9decins sont sensibles \u00e0 ce danger. Markus Meury, porte-parole de l\u2019association Addiction Suisse, rappelle que ces calmants peuvent provoquer chez les a\u00een\u00e9s d\u2019autres probl\u00e8mes, comme des troubles cognitifs, de la confusion, des pertes de m\u00e9moire, des \u00e9tourdissements, des chutes ou une pseudo-d\u00e9mence qui les affaiblissent, entra\u00eenant une spirale vers le bas.<\/p>\n<p>\u00ab\u200aOn a parfois l\u2019impression que certains professionnels de la sant\u00e9 pensent que, comme ils sont en fin de vie, ce n\u2019est pas trop grave de les gaver de tranquillisants.\u200a\u00bb D\u2019ailleurs, dans plusieurs EMS, on tend \u00e0 \u00ab\u200acalmer\u200a\u00bb les seniors \u00e0 coups de m\u00e9dicaments, rel\u00e8ve-t-il. \u00ab\u200aC\u2019est purement une question \u00e9conomique. Les comprim\u00e9s sont de toute fa\u00e7on pay\u00e9s par l\u2019assurance maladie et ils co\u00fbtent moins cher que d\u2019autres formes de th\u00e9rapies. S\u2019ils sont assomm\u00e9s par les cachets, moins de personnel est requis, les a\u00een\u00e9s sont plus faciles \u00e0 g\u00e9rer et il y a moins besoin de les sortir.\u200a\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019expert en m\u00e9dicaments constate par ailleurs que les ados de 15 ans sont \u00e9galement de plus en plus nombreux \u00e0 recourir \u00e0 ces m\u00e9dicaments. \u00ab\u200aLes filles les consomment depuis un moment d\u00e9j\u00e0. Les gar\u00e7ons semblent les avoir d\u00e9couverts plus r\u00e9cemment. On soup\u00e7onne que le stress et la pression \u00e0 l\u2019\u00e9cole en sont la cause.\u200a\u00bb Mais ce sont des hypoth\u00e8ses, indique-t-il, soulignant le besoin de recherches ult\u00e9rieures sur les motivations des jeunes et quels produits ils consomment.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11074\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Large16072020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Large16072020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Large16072020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/Large16072020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Forte popularit\u00e9 des antidouleurs<\/strong><\/p>\n<p>Quant aux opio\u00efdes, ils sont souvent prescrits comme analg\u00e9siques apr\u00e8s une op\u00e9ration ou lors de maladies, comme le cancer. \u00ab\u200aMais de plus en plus, ils le sont aussi pour d\u2019autres pathologies douloureuses, notamment des maux de dos. On remarque que la plupart des nouveaux m\u00e9dicaments contre les douleurs sont des opio\u00efdes, alors qu\u2019une \u00e9tude de l\u2019H\u00f4pital universitaire de Berne a montr\u00e9 que, souvent, les non-opio\u00efdes sont plus efficaces contre certaines douleurs\u200a\u00bb, fait valoir Markus Meury, ajoutant que celle-ci a aussi relev\u00e9 que les bo\u00eetes d\u2019opio\u00efdes sont g\u00e9n\u00e9ralement plus grandes que celles des non-opio\u00efdes, favorisant la surconsommation, et donc la d\u00e9pendance.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, la consommation d\u2019opio\u00efdes est en constante augmentation. Les m\u00e9dicaments les plus populaires sont les antidouleurs\u200a: 24% des personnes interrog\u00e9es par l\u2019OFS y avaient eu recours dans les sept jours pr\u00e9c\u00e9dant sa derni\u00e8re enqu\u00eate. Entre 1992 et 2017, leur consommation a doubl\u00e9. \u00ab\u200aNous n\u2019avons pas encore une situation comme celle aux \u00c9tats-Unis (lire encadr\u00e9), car un contr\u00f4le plus strict des prescriptions est exerc\u00e9, et les primes d\u2019incitation sur les ventes ainsi que la publicit\u00e9 sont interdites en Suisse, mais il faut rester attentif\u200a\u00bb, soutient Chin Bin Eap.<\/p>\n<p><strong>Banalisation des antid\u00e9presseurs<\/strong><\/p>\n<p>Outre les benzodiaz\u00e9pines et les opio\u00efdes, les psychostimulants, comme la Ritaline et les autres d\u00e9riv\u00e9s d\u2019amph\u00e9tamines, peuvent aussi cr\u00e9er une d\u00e9pendance. Ceux-ci sont pr\u00e9vus pour les personnes hyperactives et\/ou souffrant du trouble du d\u00e9ficit de l\u2019attention ou hyperactivit\u00e9 (TDAH). S\u2019il n\u2019y a pas de risque de d\u00e9pendance pour les personnes diagnostiqu\u00e9es TDAH, celui-ci existe n\u00e9anmoins chez les personnes saines et\/ou avec un ant\u00e9c\u00e9dent d\u2019abus de drogues et\/ou d\u2019alcool, explique-t-il. \u00ab\u200aAlors qu\u2019ils calment les personnes diagnostiqu\u00e9es TDAH, ils stimulent les autres, augmentant la vigilance, r\u00e9duisant la fatigue et permettant, par exemple, de travailler ou d\u2019\u00e9tudier plus longtemps.\u200a\u00bb Historiquement, ces m\u00e9dicaments ont beaucoup \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les soldats en temps de guerre, rappelle-t-il, g\u00e9n\u00e9rant de graves probl\u00e8mes de d\u00e9pendance. Du reste, tant les psychostimulants que les benzodiaz\u00e9pines et les opio\u00efdes sont recherch\u00e9s par les toxicomanes et font l\u2019objet d\u2019un important trafic ill\u00e9gal.<\/p>\n<p>Enfin, les antid\u00e9presseurs, tr\u00e8s utilis\u00e9s en psychiatrie et dont la consommation est en hausse depuis 2007, sont \u00e9galement sujets \u00e0 prescription et utilisation excessives. \u00ab\u200aIl y a 30\u201340 ans, leurs effets secondaires \u00e9taient beaucoup plus importants et, pour cette raison, ils \u00e9taient sous-utilis\u00e9s. Aujourd\u2019hui, leur usage s\u2019est largement r\u00e9pandu\u200a\u00bb, affirme Chin Bin Eap. Si une d\u00e9pression est mod\u00e9r\u00e9e ou s\u00e9v\u00e8re, combin\u00e9s \u00e0 une psychoth\u00e9rapie, les antid\u00e9presseurs peuvent avoir des effets b\u00e9n\u00e9fiques, assure-t-il. \u00ab\u200aIls ne sont cependant pas toujours un succ\u00e8s. Et ils ne sont pas exempts d\u2019effets secondaires.\u200a\u00bb En revanche, lorsque l\u2019on a affaire \u00e0 une d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re, il y a d\u2019autres moyens pour la combattre, souligne-t-il. \u00ab\u200aEn effet, dans bien des cas, pour se soigner, il existe des alternatives aux m\u00e9dicaments, lesquels ne r\u00e8glent pas les probl\u00e8mes, mais les anesth\u00e9sient, insiste Markus Meury. Il peut s\u2019agir de diverses psychoth\u00e9rapies, de l\u2019hypnose, de l\u2019acupuncture, de la physioth\u00e9rapie, de l\u2019ost\u00e9opathie, de rem\u00e8des naturels \u00e0 base de plantes, ou encore de pratiques comme le yoga ou la \u2018mindfulness\u2019 (une technique de m\u00e9ditation visant \u00e0 prendre conscience du moment pr\u00e9sent).\u200a\u00bb<\/p>\n<p>La nette hausse du recours aux m\u00e9dicaments est en partie li\u00e9e au vieillissement de la population, mais d\u2019autres facteurs sont en cause, poursuit Markus Meury. La facilit\u00e9 \u00e0 obtenir une prescription et le fait que certains patients veuillent des solutions rapides, r\u00e9clamant des m\u00e9dicaments, jouent aussi un r\u00f4le. \u00ab\u200aOn constate chez les gens une tendance \u00e0 vouloir r\u00e9soudre les probl\u00e8mes instantan\u00e9ment avec des m\u00e9dicaments et \u00e0 ne plus tol\u00e9rer les douleurs ou les inqui\u00e9tudes.\u200a\u00bb La pression sociale ne permet plus de prendre le temps pour se soigner comme il le faudrait, consid\u00e8re-t-il. \u00ab\u200aDans notre soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019on a le devoir de \u2018fonctionner\u2019, ces m\u00e9dicaments sont \u2018bons\u2019 pour le patient, le m\u00e9decin, l\u2019employeur, l\u2019industrie pharmaceutique\u200a\u00bb, \u00e9num\u00e8re-t-il.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP), Yann Hulmann, son porte-parole, indique que, dans le cadre de sa Strat\u00e9gie nationale addiction, une \u00e9valuation de la consommation de m\u00e9dicaments a \u00e9t\u00e9 command\u00e9e l\u2019an dernier. \u00ab\u200aOutre les risques pour la sant\u00e9, comme c\u2019est le cas pour d\u2019autres formes de d\u00e9pendance, l\u2019usage probl\u00e9matique de calmants, de somnif\u00e8res et de m\u00e9dicaments psychoactifs, en particulier \u00e0 base d\u2019opio\u00efdes, peut avoir des cons\u00e9quences sociales comme l\u2019isolement, la perte d\u2019emploi et une hausse des co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 une prise en charge m\u00e9dicale.\u200a\u00bb<\/p>\n<p>Sur ce dernier point, Albert, l\u2019octog\u00e9naire cit\u00e9 en d\u00e9but de texte, en sait quelque chose. Lors d\u2019une hospitalisation pour une chute \u2013 vraisemblablement un effet secondaire de sa consommation quotidienne de benzodiaz\u00e9pines \u2013 o\u00f9 il s\u2019est bris\u00e9 une hanche, on lui a diagnostiqu\u00e9 des sympt\u00f4mes de la maladie d\u2019Alzheimer, aussi potentiellement induits par l\u2019usage prolong\u00e9 de somnif\u00e8res, lesquels risquent de lui cr\u00e9er encore d\u2019autres soucis de sant\u00e9. Un cercle vicieux dont le Vaudois est loin de sortir. \/<\/p>\n<p>*Pr\u00e9nom d\u2019emprunt<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans In Vivo magazine (no 20).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" rel=\"noopener noreferrer\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La surconsommation de somnif\u00e8res, de tranquillisants et d\u2019antid\u00e9presseurs ne touche pas seulement la population \u00e2g\u00e9e. Les adolescents sont aussi concern\u00e9s. Le stress est en cause. Les experts sonnent l\u2019alarme.<\/p>\n","protected":false},"author":20192,"featured_media":11074,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-11072","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11072","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20192"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11072"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11072\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11075,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11072\/revisions\/11075"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11074"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11072"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11072"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11072"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}