



{"id":11046,"date":"2020-07-08T22:46:38","date_gmt":"2020-07-08T20:46:38","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11046"},"modified":"2021-03-29T10:47:24","modified_gmt":"2021-03-29T08:47:24","slug":"sante-82","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11046","title":{"rendered":"D\u00e9veloppement g\u00e9nital\u200a: le droit au choix"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\">Ce sont les mots de l\u2019association InterAction dans une lettre adress\u00e9e au Conseil d\u2019\u00c9tat genevois, en novembre dernier. Le texte met en lumi\u00e8re un sujet qui demeure tabou. \u00ab\u200aIl arrive que, lors de certaines naissances, attribuer un sexe \u00e0 l\u2019enfant soit impossible\u200a\u00bb, explique Oliver Sanchez, m\u00e9decin sp\u00e9cialis\u00e9\u0301 en urologie p\u00e9diatrique au CHUV. On parle alors d\u2019intersexuation. Jusque dans les ann\u00e9es 1990 encore, en Suisse, les op\u00e9rations d\u2019assignation sexuelle\u00a0\u00e9taient pratiqu\u00e9es syst\u00e9matiquement sur les enfants en bas \u00e2ge, afin de rendre leurs organes g\u00e9nitaux conformes. Le plus souvent, c\u2019\u00e9taient des organes f\u00e9minins qui \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9s, car l\u2019op\u00e9ration \u00e9tait plus simple que celle de la reconstitution d\u2019un p\u00e9nis. \u00ab\u200aAujourd\u2019hui, ce type d\u2019interventions d\u2019assignation n\u2019est pas effectu\u00e9, pr\u00e9cise Oliver Sanchez. Mais celles visant \u00e0 corriger des variations du d\u00e9veloppement g\u00e9nital persistent.\u200a\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Selon l\u2019OMS, ces variations concernent 1,7% des naissances en Suisse, dont certaines formes plus subtiles sont d\u00e9cel\u00e9es plus tard, \u00e0 l\u2019adolescence ou \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pour Audrey Aegerter, cofondatrice d\u2019InterAction, ces gestes sont inadmissibles\u200a:\u00a0\u00ab\u200aC\u2019est une question de droits fondamentaux. L\u2019enfant n\u2019est pas malade, il n\u2019a pas\u00a0\u00e0\u00a0\u00eatre op\u00e9r\u00e9\u0301 sans son accord.\u200a\u00bb\u00a0Hormis les interventions li\u00e9es\u00a0\u00e0\u00a0l\u2019assignation sexuelle, une op\u00e9ration souvent pratiqu\u00e9e est celle visant\u00a0\u00e0\u00a0corriger un hypospadias\u00a0\u2013\u00a0une variation qui touche l\u2019organe sexuel externe des gar\u00e7ons. L\u2019orifice urinaire se situe dans ces cas-l\u00e0 sur le c\u00f4t\u00e9 et non \u00e0 l\u2019extr\u00e9mit\u00e9\u0301 du p\u00e9nis. En Suisse, cette particularit\u00e9\u0301 concerne un gar\u00e7on sur 300.Cette intervention, davantage pratique que n\u00e9cessaire, permet \u00e0 l\u2019enfant d\u2019uriner plus facilement debout et de faciliter les relations sexuelles \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte. \u00ab\u200aDans la pratique, il y a de multiples formes d\u2019hypospadias\u200a: la plus s\u00e9v\u00e8re est prise en charge par une\u00a0\u00e9quipe multidisciplinaire, et, en cas de difficult\u00e9\u0301 d\u2019assignation du sexe, l\u2019intervention est repouss\u00e9e jusqu\u2019\u00e0\u00a0l\u2019\u00e2ge de consentement de l\u2019enfant, explique Oliver Sanchez. Pour les plus b\u00e9nignes, j\u2019explique aux parents qu\u2019il n\u2019y a pas de danger. Mais les protocoles internationaux recommandent une chirurgie entre 12 et 18 mois. Je propose toujours aux parents de prendre leur temps avant de se d\u00e9cider, car il n\u2019y a pas d\u2019urgence.\u200a\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11049\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/largeur08072020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/largeur08072020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/largeur08072020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/largeur08072020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong>Participer \u00e0 la d\u00e9cision<\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pour Audrey Aegerter, qui a elle-m\u00eame \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e enfant, et sans son consentement, aucune intervention g\u00e9nitale ne devrait \u00eatre pratiqu\u00e9e en bas \u00e2ge\u200a:\u00a0\u00ab\u200aDans la plupart des cas, une seule op\u00e9ration ne suffit pas. Un enfant pr\u00e9sentant une variation du d\u00e9veloppement g\u00e9nital peut parfois \u00eatre op\u00e9r\u00e9\u0301 une dizaine de fois durant son enfance.\u200a\u00bb\u00a0Un point\u00a0\u00e9galement mis en avant par les H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve sur leur site, qui mentionne, au sujet de l\u2019hypospadias, que dans 10%\u00a0\u00e0\u00a020% des cas, une seule intervention ne suffit pas. Et pour les cas s\u00e9v\u00e8res, le risque de r\u00e9op\u00e9ration atteint m\u00eame 50%.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">En Suisse, ce type d\u2019op\u00e9rations n\u2019est actuellement pas interdit. Pourtant, la Commission nationale d\u2019\u00e9thique pour la m\u00e9decine humaine d\u00e9conseille tout traitement chez l\u2019enfant pr\u00e9sentant une variation du d\u00e9veloppement g\u00e9nital et met en garde contre les attentes d\u2019une telle intervention\u200a:\u00a0\u00ab\u200aUn sexe r\u00e9sultant d\u2019une op\u00e9ration n\u2019est pas comparable avec un sexe naturellement donn\u00e9.\u200a\u00bb\u00a0La commission recommande ainsi d\u2019attendre que l\u2019enfant soit capable de discernement et puisse participer \u00e0 la d\u00e9cision avant de pratiquer cette op\u00e9ration irr\u00e9versible.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u200aAucune op\u00e9ration en bas\u00a0\u00e2ge n\u2019est n\u00e9cessaire et elle n\u2019est jamais en premier plan au CHUV\u200a\u00bb, conc\u00e8de Oliver Sanchez\u200a:\u00a0\u00ab\u200aLa premi\u00e8re \u00e9tape est de rassurer les parents. S\u2019il y a un doute sur l\u2019appartenance sexuelle de l\u2019enfant, l\u2019\u00e9quipe prend soin de ne pas utiliser le terme fille ou gar\u00e7on et d\u2019insister sur le fait que l\u2019enfant est en bonne sant\u00e9.\u200a\u00bbUne\u00a0\u00e9quipe pluridisciplinaire accompagne ensuite les parents, afin de d\u00e9tailler la situation.<br \/>\n\u00ab\u200aPour les patients qui pr\u00e9sentent des d\u00e9s\u00e9quilibres hormonaux majeurs, qui peuvent\u00a0\u00eatre dangereux, notre\u00a0\u00e9quipe met en place un traitement m\u00e9dical ad\u00e9quat, avec une prise en charge psycho-sociale compl\u00e8te des familles.\u200a\u00bb<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Pour les membres d\u2019InterAction, cette mesure n\u2019est pas suffisante. \u00ab\u200aIl s\u2019agit avant tout d\u2019une question sociale, que la m\u00e9decine rend pathologique\u00bb, pr\u00e9cise Audrey Aegerter. Dans la lettre adress\u00e9e au Conseil d\u2019\u00c9tat, l\u2019association d\u00e9plore le manque de collaboration du milieu m\u00e9dical avec les associations, malgr\u00e9 leur sollicitation. \u00ab\u200aIl faudrait faire en sorte que les parents soient mis en contact avec des personnes et d\u2019autres parents concern\u00e9s par cette situation. Cela permettrait de diminuer le stress qui peut peser sur les familles.\u200a\u00bb\u00a0Oliver Sanchez nuance ce propos\u200a:\u00a0\u00ab\u200aNous parlons des groupes de patients aux familles. Par contre, il n\u2019y a pas de groupe d\u2019hommes concern\u00e9s par des hypospadias peu s\u00e9v\u00e8res, alors que cette variation est fr\u00e9quente.\u200a\u00bb\u00a0\/<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans In Vivo magazine (no 20).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" rel=\"noopener noreferrer\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la naissance, certains corps \u00e9chappent \u00e0 la distinction entre gar\u00e7on et fille. L\u2019op\u00e9ration infantile a longtemps \u00e9t\u00e9 une solution. Une pratique aujourd\u2019hui remise en question.<\/p>\n","protected":false},"author":20245,"featured_media":11049,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1303,1299],"class_list":["post-11046","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-choix-de-l-editeur","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11046","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20245"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11046"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11046\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11050,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11046\/revisions\/11050"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11049"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11046"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11046"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11046"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}