



{"id":1077,"date":"2002-05-24T00:00:00","date_gmt":"2002-05-23T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1077"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"bouquin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1077","title":{"rendered":"Isabelle Guisan \u00e0 la conqu\u00eate de son Asie mineure"},"content":{"rendered":"<p>Certains livres s\u2019offrent plus facilement que les autres. Ils se laissent emballer dans du papier-cadeau ou refiler discr\u00e8tement sous le manteau, sans raison apparente, mais avec la conviction qu\u2019ils finiront forc\u00e9ment par enrichir leur destinataire. Peut-\u00eatre parce qu\u2019ils transportent une cargaison clandestine? Le bon libraire rep\u00e8re vite ces privil\u00e9gi\u00e9s du bouche-\u00e0-oreille. Il sait qu\u2019il peut les recommander sans hausser la voix.<\/p>\n<p>Le dernier livre d\u2019Isabelle Guisan appartient \u00e0 cette classe. Avec son titre qui tombe \u00e0 plat, \u00abA l\u2019ombre des confitures en pot\u00bb risque pourtant de dissuader &#8211; \u00e7a commence comme du Proust et \u00e7a se termine comme Betty Bossi. Un exemple parmi d\u2019autres de l\u2019ironie tr\u00e8s particuli\u00e8re de la narratrice, qui dit \u00abc\u2019est mon c\u00f4t\u00e9 vaudois, j\u2019aime bien quand \u00e7a retombe\u00bb. Isabelle Guisan est collaboratrice occasionnelle et amie de Largeur.com.<\/p>\n<p>Ce livre est son septi\u00e8me, mais aussi le premier qui l\u2019expose totalement. Il peut \u00eatre lu comme un roman d\u2019investigation, une sorte d\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re o\u00f9 l\u2019auteur creuse les strates de sa m\u00e9moire, puis remonte le fleuve de son histoire familiale pour \u00e9lucider une \u00e9nigme.<\/p>\n<p>L\u2019affaire commence par une mort d\u2019homme, on le comprend d\u00e8s la premi\u00e8re page. C\u2019est le fr\u00e8re de la narratrice qui a disparu. Elle rassemble alors une s\u00e9rie de documents visuels inclassables, \u00e9tranges pi\u00e8ces \u00e0 conviction qu&rsquo;on retrouve soigneusement reproduites entre les chapitres. Au fil de ces images et d\u2019un carnet de notes intimes, l\u2019enqu\u00eate d\u00e9colle vite de la campagne vaudoise pour atterrir en Asie mineure, sur des traces maternelles.<\/p>\n<p>Que s\u2019est-il pass\u00e9? Il y a une mort \u00e0 \u00e9claircir, et le principal suspect a aussi disparu. La s\u0153ur a\u00een\u00e9e, t\u00eatue, veut comprendre. Elle commence par fouiller sa propre histoire dans les recoins d\u2019une maison familiale au bord du lac de Neuch\u00e2tel. Elle se sent peut-\u00eatre menac\u00e9e, deuxi\u00e8me sur la liste. Alors elle enqu\u00eate, elle va creuser en elle-m\u00eame pour trouver des indices, un peu comme le d\u00e9tective d\u2019\u00abElement of crime\u00bb de Lars von Trier. \u00abJe palpe et repalpe mon \u00e9tranget\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019investigation prend des dimensions internationales. La narratrice quitte l\u2019introspection, boucle ses valises et part vers \u00abcette r\u00e9gion qu\u2019aucun parent vivant n\u2019est encore all\u00e9 d\u00e9couvrir: la Capadoce, au centre de l\u2019Anatolie\u00bb. Le lecteur est emport\u00e9 sur des \u00eelots de pierre et des routes byzantines, dans des salons silencieux et des villes sous-terraines, avec la conviction que l\u2019auteur n\u2019invente absolument rien. \u00abA l\u2019ombre des confitures en pot\u00bb parle juste. Il raconte une histoire authentique, obstin\u00e9ment autobiographique, qui se termine dans une lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s subtil dans sa mise en page, cet ouvrage constitue aussi un beau document sur la Suisse et l\u2019ailleurs. On pourra lui reprocher un certain nombrilisme, mais Isabelle Guisan s\u2019en fiche: elle a compris que notre lien \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 est forc\u00e9ment ombilical.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00abA l&rsquo;ombre des confitures en pot\u00bb d&rsquo;Isabelle Guisan, \u00e9ditions Slatkine. En vente en librairie. Pour commander l&rsquo;ouvrage, <a href=mailto:info@largeur.com>\u00e9crivez-nous<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une enqu\u00eate du troisi\u00e8me type que vient de publier la journaliste et \u00e9crivain de Rolle. Un livre inclassable, hautement recommandable.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1077"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1077\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}