



{"id":10703,"date":"2020-04-02T07:41:32","date_gmt":"2020-04-02T05:41:32","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=10703"},"modified":"2020-04-03T11:41:54","modified_gmt":"2020-04-03T09:41:54","slug":"emploi-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=10703","title":{"rendered":"Demain, j\u2019arr\u00eate de bosser au bureau"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/management\/2019\/10\/28\/demain-jarrete-bosser-bureau\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abUn matin j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de quitter mon appartement zurichois. R\u00e9trospectivement, cela a \u00e9t\u00e9 une tr\u00e8s bonne d\u00e9cision qui m&rsquo;a lib\u00e9r\u00e9 de nombreuses contraintes.\u00bb, C\u00e9dric Waldburger, devenu nomade digital depuis septembre 2016, partage r\u00e9guli\u00e8rement ses conseils pour mener une vie de globe-trotter tout en restant performant (lire l\u2019encadr\u00e9).<\/p>\n<p>Le premier d\u00e9clic a lieu en 2012 quand le jeune ing\u00e9nieur informatique quitte, apr\u00e8s seulement quatre mois, une c\u00e9l\u00e8bre banque d&rsquo;investissement am\u00e9ricaine: \u00abJ&rsquo;ai termin\u00e9 mon projet et je suis parti. Pendant les semaines suivantes, je me suis demand\u00e9 ce qui me rendait r\u00e9ellement heureux. C&rsquo;est ainsi que je me suis investi pleinement dans les start-up, un domaine qui me passionne depuis l&rsquo;\u00e2ge de 14 ans.\u00bb<\/p>\n<p>Comme C\u00e9dric Waldburger, un nombre croissant d\u2019employ\u00e9s remettent en cause les modalit\u00e9s habituelles du salariat : \u00abD&rsquo;apr\u00e8s notre derni\u00e8re \u00e9tude mondiale, 63% des personnes en recherche active d&#8217;emploi consid\u00e8rent qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;\u00eatre assises derri\u00e8re un bureau pour effectuer leurs t\u00e2ches et 87% d&rsquo;entre-elles sont pr\u00eates \u00e0 occuper une forme d&#8217;emploi diff\u00e9rente du plein-temps salari\u00e9, confirme Romain Hofer, responsable marketing et communication chez Manpower Suisse. Cette demande de flexibilit\u00e9 dans son lieu de travail, dans ses horaires et dans les types de projets \u00e0 g\u00e9rer est en tr\u00e8s forte augmentation et toutes les g\u00e9n\u00e9rations sont concern\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Signe de cette \u00e9volution, la pratique du travail \u00e0 distance, autrefois per\u00e7ue avec m\u00e9fiance, s&rsquo;est en quelques ann\u00e9es largement diffus\u00e9e dans les entreprises suisses. Selon une \u00e9tude de la Haute \u00e9cole de psychologie appliqu\u00e9e d&rsquo;Olten publi\u00e9e en 2016, elle concerne \u00e0 des degr\u00e9s divers 38% de la population active suisse, soit 1,8 millions de personnes.<\/p>\n<p>\u00abCe bouleversement est li\u00e9 aux effets combin\u00e9s de la globalisation, des innovations technologiques comme l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;internet \u00e0 tr\u00e8s haut d\u00e9bit et des outils de collaboration en ligne, et aussi des \u00e9volutions d\u00e9mographiques. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations aspirent \u00e0 trouver un meilleur \u00e9quilibre entre vie priv\u00e9e et vie professionnelle\u00bb, analyse Romain Hofer, qui note toutefois que ces formes d\u2019organisation du travail plus flexibles ne sont pas adapt\u00e9es \u00e0 tous les travailleurs.<\/p>\n<p>Peu de recherches portent sp\u00e9cifiquement sur le nomadisme digital et le nombre exact de ses adeptes. \u00abJ&rsquo;estime que plusieurs milliers de Suisses sont des nomades digitaux \u00e0 temps plein, d\u00e9clare Lorenz Ramseyer, expert du travail \u00e0 distance et pr\u00e9sident de l&rsquo;association Digitale Nomaden Schweiz. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat est tr\u00e8s fort, notamment de la part des g\u00e9n\u00e9ration X et Y mais beaucoup ont peur de perdre la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;emploi qu&rsquo;ils ont actuellement.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10705\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/largeur_02042020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/largeur_02042020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/largeur_02042020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/04\/largeur_02042020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Pas un choix al\u00e9atoire<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe nomadisme digital est un style de vie, pas une profession\u00bb, mettent en garde Sandro Alvarez et Gabriella Hummel, un couple originaire de Zurich qui vient de passer pr\u00e8s de trois ann\u00e9es sur la route (voir encadr\u00e9). En effet, choisir al\u00e9atoirement un m\u00e9tier qui peut s&rsquo;effectuer \u00e0 distance par amour du voyage n&rsquo;est pas gage de r\u00e9ussite. Les comp\u00e9tences acquises pr\u00e9c\u00e9demment et le r\u00e9seau professionnel sont des ressources cl\u00e9s pour \u00e9laborer son projet et pour r\u00e9ussir sa transition. \u00abLes candidats oublient souvent qu&rsquo;un long temps de pr\u00e9paration est n\u00e9cessaire dans leur profession traditionnelle pour finalement pouvoir travailler comme nomade digital\u00bb, observe Lorenz Ramseyer.<\/p>\n<p>Majoritairement, les n\u00e9o-nomades changent de statut pour devenir ind\u00e9pendant ou entrepreneur. Mais il est possible de conjuguer l&rsquo;itin\u00e9rance avec un poste salari\u00e9, notamment pour des professions recherch\u00e9es et tr\u00e8s qualifi\u00e9es comme programmeur informatique ou d\u00e9veloppeur web. \u00abLes entreprises commencent \u00e0 tester de nouvelles formes de collaboration, par exemple certaines \u00e9quipes passent p\u00e9riodiquement plusieurs semaines ensemble sur une \u00eele et travaillent \u00e0 distance le reste du temps\u00bb, affirme Lorenz Ramseyer.<\/p>\n<p><strong>Un atout aussi pour les PME<\/strong><\/p>\n<p>Ces exp\u00e9rimentations concernent d&rsquo;abord des grands groupes mais un changement de culture d&rsquo;entreprise peut aussi se r\u00e9v\u00e9ler b\u00e9n\u00e9fique pour les structures plus petites. \u00abLe travail en r\u00e9seau et \u00e0 distance a un \u00e9norme avantage pour les PME, note Romain Hofer, la flexibilisation du lieu de travail et des horaires est une v\u00e9ritable opportunit\u00e9 pour aller chercher les comp\u00e9tences l\u00e0 o\u00f9 elles se trouvent alors que les PME ne peuvent se permettre d&rsquo;engager un sp\u00e9cialiste pour chaque domaine d&rsquo;activit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>On retrouve parmi les travailleurs nomades une grande diversit\u00e9 de profils allant du marketing digital \u00e0 la traduction, au journalisme, \u00e0 l&rsquo;e-commerce, au graphisme et \u00e0 la formation en ligne. Pour l&rsquo;instant, ce sont principalement les m\u00e9tiers du secteur tertiaire qui sont concern\u00e9s mais d&rsquo;autres professions pourraient bient\u00f4t \u00eatre touch\u00e9es gr\u00e2ce aux avanc\u00e9es technologiques.<\/p>\n<p>Le degr\u00e9 de nomadisme est aussi variable, entre ceux qui partent quelques semaines de temps en temps et ceux qui sont constamment en mouvement. Beaucoup ne larguent pas totalement les amarres et gardent une base en Suisse. \u00abC\u2019est clairement plus co\u00fbteux, mais c\u2019est un choix que j\u2019assume car j\u2019ai ma famille, mes amis et mon r\u00e9seau autour de Gen\u00e8ve\u00bb, remarque l&rsquo;entrepreneure Gabrielle Lods (voir t\u00e9moignage).<\/p>\n<p>\u00abPour r\u00e9duire ses frais, il est possible de sous-louer son appartement en Suisse ou de choisir une destination o\u00f9 le logement est bon march\u00e9\u00bb, note pour sa part la traductrice nomade Xenia Schwaller. La diff\u00e9rence entre le co\u00fbt de la vie sur place et celui en Suisse est un facteur crucial dans pour le lieu de s\u00e9jour, suivis par la situation s\u00e9curitaire, la rapidit\u00e9 de la connexion internet, et bien s\u00fbr l&rsquo;attractivit\u00e9: beaut\u00e9, climat, proximit\u00e9 du littoral ou de montagnes.<\/p>\n<p><strong>Destination Tha\u00eflande ou Bali<\/strong><\/p>\n<p>Certaines villes qui r\u00e9unissent plusieurs de ces crit\u00e8res et proposent des espaces de coworking ou de coliving sont devenues des hubs pour les nomades digitaux: Chiang Mai en Tha\u00eflande, Canggu \u00e0 Bali, Medellin en Colombie ou encore Tarifa en Espagne. Dans le Top 10 du palmar\u00e8s du site Nomadlist.com s&rsquo;invitent aussi des m\u00e9tropoles d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est comme Budapest, Belgrade et Sofia.<\/p>\n<p>Dans ces villes se cr\u00e9ent de nouvelles communaut\u00e9s de travailleurs nomades qui partagent des informations, s&rsquo;entraident, participent aux m\u00eames activit\u00e9s sportives ou festives. Cette mise en r\u00e9seau facilite les rencontres. D&rsquo;apr\u00e8s une \u00e9tude publi\u00e9e en 2018 sur le site de l&rsquo;application And.co qui assiste les freelances, la solitude est un des probl\u00e8mes majeurs que rencontrent les nomades digitaux, suivi du surmenage et de la difficult\u00e9 de s\u00e9parer vie personnelle et vie professionnelle.<\/p>\n<p>\u00abEn voyageant, on peut vite se retrouver \u00e0 bosser \u00e0 n\u2019importe quelle heure et n\u2019importe o\u00f9, ce n\u2019est pas toujours sain, t\u00e9moigne Gabrielle Lods. On passe aussi pas mal de temps \u00e0 organiser les vols, les h\u00f4tels ou Airbnb, trouver du bon wifi&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Outre la logistique, les forums en ligne regorgent de questions portant sur les taxes, la protection sociale ou diverses questions administratives. Etre nomade digital c&rsquo;est souvent ne rentrer dans aucune case, batailler avec la bureaucratie de son pays d&rsquo;origine et susciter un m\u00e9lange d&rsquo;admiration et d&rsquo;incompr\u00e9hension de la part de ses proches et de l&rsquo;\u00e9crasante majorit\u00e9 des s\u00e9dentaires.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJ&rsquo;ai pu conserver mon m\u00e9tier pour r\u00e9aliser ce projet\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Xenia Schwaller, 41ans<\/strong><strong>, Zurich et Gen\u00e8ve<\/strong><\/p>\n<p>Longtemps traductrice salari\u00e9e dans une banque priv\u00e9e, \u00e0 temps plein puis \u00e0 temps partiel, Xenia Schwaller a saut\u00e9 le pas en 2014 pour devenir 100% freelance et nomade digitale. \u00abJ&rsquo;ai toujours eu envie de vivre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger mais il m&rsquo;abord fallu comprendre que je pouvais conserver mon m\u00e9tier pour r\u00e9aliser ce projet et qu&rsquo;il me suffisait de changer de statut pour \u00eatre ind\u00e9pendante\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Direction les Canaries o\u00f9 la Genevoise avait d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 des vacances en 2012 et avait appr\u00e9ci\u00e9 les longues marches au bord de l&rsquo;eau. \u00abL&rsquo;Oc\u00e9an est pour moi une source d&rsquo;\u00e9nergie, d&rsquo;\u00e9quilibre et d&rsquo;inspiration. Un changement de d\u00e9cor est n\u00e9cessaire pour les nombreuses professions qui, comme la mienne, consistent essentiellement \u00e0 travailler dans un bureau, devant un \u00e9cran d\u2019ordinateur. Le voyage, la d\u00e9couverte d\u2019une autre culture et la n\u00e9cessaire adaptation au nouvel environnement aiguisent l\u2019esprit.\u00bb<\/p>\n<p>Essai r\u00e9ussi, la traductrice est depuis retourn\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises aux Canaries, son budget mensuel variant entre 1100 et 3000 francs. Elle s&rsquo;\u00e9panouit dans ce nouveau mode de vie itin\u00e9rant tout en gardant une base en Suisse \u2013 \u00e0 Gen\u00e8ve et depuis peu \u00e0 Zurich \u2013 o\u00f9 elle passe la majorit\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e. Xenia se reconna\u00eet dans une pratique douce du voyage et pr\u00e9f\u00e8re prendre le temps de bien conna\u00eetre chaque destination o\u00f9 elle reste en moyenne trois mois. Elle a s\u00e9journ\u00e9 en Gr\u00e8ce, en Angleterre, au Portugal et en Espagne. A l&rsquo;\u00e9tranger, Xenia aime fr\u00e9quenter les espaces de coworking et les retraites entre nomades digitaux pour faire des rencontres et d\u00e9velopper de nouvelles comp\u00e9tences professionnelles.<\/p>\n<p>Elle partage son exp\u00e9rience depuis 2017 sur le blog auxbonheursnomades.ch dont la phrase d&rsquo;accroche est \u00abUne autre vie est possible\u00bb, m\u00eame si tout n&rsquo;a pas chang\u00e9 pour elle: \u00abD\u2019un point de vue administratif, le fait d\u2019\u00eatre nomade digitale n\u2019a eu aucune incidence, je cotise toujours \u00e0 l&rsquo;AVS et \u00e0 l&rsquo;assurance maladie. Et j&rsquo;ai aussi r\u00e9ussi \u00e0 conserver le m\u00eame niveau de revenus qu&rsquo;avant.\u00bb<\/p>\n<p><strong> _______<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00abLe minimalisme est un outil pour \u00eatre plus libre et plus heureux!\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u00e9dric Waldburger, 31 ans, Zoug<\/strong><\/p>\n<p>Investisseur et entrepreneur, C\u00e9dric Waldburger, 31 ans, voyage tr\u00e8s fr\u00e9quemment depuis ses longs s\u00e9jours \u00e0 New York et Hong-Kong en 2010 et 2011. En 2014, il cr\u00e9e Tenderloin Ventures, un fonds d&rsquo;investissement d\u00e9di\u00e9 aux startups. \u00abJ&rsquo;ai pu m&rsquo;immerger dans le monde des start-ups en suivant plusieurs entreprises \u00e0 la fois et celles-ci \u00e9taient localis\u00e9es dans de nombreux pays.\u00bb<\/p>\n<p>En 2016, il rend les cl\u00e9s de son appartement zurichois et se d\u00e9barrasse de toutes ses possessions superflues pour finalement \u00e9tablir une liste de 64 objets essentiels qu&rsquo;il transporte avec lui dans un sac \u00e0 dos 26 litres. \u00abLe minimalisme n&rsquo;est pas une fin en soi, c&rsquo;est un outil pour \u00eatre plus libre et plus heureux!\u00bb<\/p>\n<p>Entre 2015 et 2018, il prend environ 120 vols par an, passant en moyenne trois jours et demi dans chaque ville. \u00abJe l&rsquo;ai fait car c&rsquo;\u00e9tait n\u00e9cessaire pour bien collaborer alors que les entreprises en \u00e9taient \u00e0 leurs d\u00e9buts, mais il y a aussi des inconv\u00e9nients comme l&rsquo;impact \u00e9cologique ou l&rsquo;accumulation des d\u00e9calages horaires.\u00bb<\/p>\n<p>Les start-ups ayant pris leur envol, l&rsquo;entrepreneur originaire du canton de Saint-Gall a d\u00e9cid\u00e9 de ralentir la cadence pour 2019. \u00abJe ne me focalise plus que sur quelques projets donc je voyage moins. C&rsquo;est comme pour la liste des choses que je poss\u00e8de, les d\u00e9placements sont seulement un outil pour \u00eatre plus efficace et productif.\u00bb<\/p>\n<p>Il d\u00e9pense toujours entre 2500 et 5000 francs par mois pour ses frais de voyage\u00a0: \u00abEn g\u00e9n\u00e9ral je prends des vols et des h\u00e9bergements bon march\u00e9. Ce sont des co\u00fbts qui sont comparables au fait de r\u00e9sider dans une ville ch\u00e8re \u00e0 plein temps.\u00bb<\/p>\n<p>Entre deux voyages d&rsquo;affaires, C\u00e9dric s&rsquo;autorise aussi des aventures plus personnelles: \u00abTous les deux ans, je m&rsquo;offre deux semaines de d\u00e9tox num\u00e9rique en allant dans un endroit recul\u00e9. R\u00e9cemment, je me suis rendu au N\u00e9pal avec un ami pour faire du parapente, de la randonn\u00e9e et camper dans les montagnes.\u00bb<\/p>\n<p>Mais le jeune entrepreneur le reconna\u00eet, cette vie tr\u00e9pidante, fa\u00eete de voyages et de rencontres passionnantes, a un prix: \u00abIl faut beaucoup de discipline. Je fais de l&rsquo;exercice chaque jour sans exception. Pour les horaire de travail aussi, je me force \u00e0 \u00eatre productif m\u00eame quand je suis fatigu\u00e9 \u00e0 cause du d\u00e9calage horaire.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous travaillons sur des projets plut\u00f4t que sur des mandats r\u00e9currents\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sandro Alvarez, 39 ans, et Gabriella Hummel, 29 ans<\/strong><strong>, Zurich<\/strong><\/p>\n<p>Gabriella Hummel, 29 ans, et Sandro Alvarez, 39 ans, ont pass\u00e9 exactement 1000 jours sur la route entre leur d\u00e9part de Suisse en juillet 2016 et leur retour \u00e0 Zurich en avril dernier, 1000 jours durant lesquels ils ont travers\u00e9 les Am\u00e9riques en van, de Seattle \u00e0 Ushua\u00efa. \u00abLe d\u00e9clencheur a \u00e9t\u00e9 le fait que Gabriella n&rsquo;\u00e9tait pas heureuse apr\u00e8s avoir termin\u00e9 ses \u00e9tudes trois ans auparavant. L&rsquo;avenir ressemblait \u00e0 une impasse: un emploi \u00e0 temps plein, un appartement, et apr\u00e8s?\u00bb<\/p>\n<p>Sur la route, ils partagent leur quotidien sur Instagram o\u00f9 les photos de leur vieux van Volkswagen dans des d\u00e9cors de r\u00eave deviennent vite tr\u00e8s populaires. Leur budget mensuel pour ce long p\u00e9riple a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;environ 1000 francs par personne: \u00abCela couvre aussi les r\u00e9parations m\u00e9caniques, les vols en avion, l&rsquo;assurance maladie pour le voyage et celle du v\u00e9hicule. Suivant le pays, nous avons d\u00e9pens\u00e9 entre 20 et 30 dollars par jour pour l&#8217;emplacement, la nourriture et l&rsquo;essence.\u00bb<\/p>\n<p>Nomades digitaux, ils le sont devenus apr\u00e8s quelques mois de pur voyage en reprenant le travail comme freelance dans leurs domaines respectifs (le journalisme pour Gabriella et le marketing digital pour Sandro) avant de cr\u00e9er en janvier 2018 une agence de communication: Bu\u0308ro Luz.<\/p>\n<p>Leurs clients sont bas\u00e9s en Suisse et sont actifs dans le domaine des m\u00e9dias, du voyage, du d\u00e9veloppement durable ou de l&rsquo;alimentation. \u00abIls proviennent principalement de notre r\u00e9seau mais certains clients nous trouvent aussi gr\u00e2ce aux m\u00e9dias sociaux ou aux articles de presse qui parlent de notre aventure.\u00bb<\/p>\n<p>\u00catre ind\u00e9pendants et nomades leur a permis de trouver un meilleur \u00e9quilibre entre vie professionnelle et aspirations personnelles. \u00abNous travaillons sur des projets plut\u00f4t que sur des mandats r\u00e9currents. C&rsquo;est bien plus facile pour planifier. Si nous avons un gros projet, nous restons plusieurs semaines dans un endroit avec une bonne connexion internet. Quand nous avons moins de travail, nous reprenons la route et passons plus de temps \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur.\u00bb<\/p>\n<p>Gabriella et Sandro ont racont\u00e9 leur exp\u00e9rience dans un e-book disponible en anglais et en allemand sur leur site. Pour eux, le bilan de ces 1000 jours sur la route est largement positif, aussi au niveau financier: \u00abNous n&rsquo;avons rien sacrifi\u00e9, et m\u00eame comme nous d\u00e9pensons moins pour des choses secondaires, nous pouvons \u00e9conomiser plus d&rsquo;argent\u00bb.\u00a0 En novembre, ils repartiront en Am\u00e9rique Latine pour retrouver leur van et leur vie itin\u00e9rante.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abPouvoir g\u00e9rer mon temps comme je l\u2019entends\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Gabrielle Lods, 34 ans, Gen\u00e8ve<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLa joie d&rsquo;\u00eatre nomade digitale, c&rsquo;est de pouvoir g\u00e9rer mon temps et mes priorit\u00e9s absolument comme je l&rsquo;entends. S\u2019il y a du vent, je vais faire du kitesurf, si les conditions sont bonnes, je m\u2019envole en parapente, r\u00e9sume Gabrielle Lods, 34 ans, entrepreneure et passionn\u00e9e de glisse. Je voulais pouvoir aller naviguer o\u00f9 et quand je le souhaite! Cela a \u00e9t\u00e9 une motivation importante pour devenir nomade en 2015.\u00bb<\/p>\n<p>Auparavant, Gabrielle travaillait dans le domaine du d\u00e9veloppement durable chez Toyota Europe \u00e0 Bruxelles puis chez DuPont \u00e0 Gen\u00e8ve. En 2015, elle change de mode de vie tout en cr\u00e9ant son activit\u00e9: Green Condom Club, une marque de pr\u00e9servatifs \u00e9thiques et \u00e9cologiques vendus en ligne. \u00abC&rsquo;\u00e9tait essentiel pour moi d&rsquo;avoir ma bo\u00eete avant de devenir nomade digitale, c&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai attendu d&rsquo;avoir un business qui roule pour pouvoir bouger.\u00a0Les bons mois je gagne 4000 francs, les mauvais je ne gagne rien mais heureusement le nombre de bons mois augmente! Ce que j&rsquo;ai d\u00fb sacrifier, ce n&rsquo;est pas tant au niveau financier, mais plut\u00f4t un rythme de vie p\u00e9p\u00e8re et certaines relations sociales qui n&rsquo;ont pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la distance.\u00bb<\/p>\n<p>Pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, Gabrielle conserve un travail \u00e0 distance \u00e0 temps partiel en tant que r\u00e9dactrice de contenus pour la start-up belge Elium. Elle partage son temps entre les voyages et Gen\u00e8ve. \u00abJ\u2019ai besoin de garder une attache, un appartement et vu que je g\u00e8re un business produit, il y a pas mal de choses \u00e0 organiser physiquement, et l\u2019administration suisse n\u2019est pas faite pour les gens qui voyagent souvent!\u00a0Je continue de cotiser \u00e0 l&rsquo;AVS et j&rsquo;ai aussi toujours mon assurance maladie suisse. Comme je suis \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger entre 4 \u00e0 6 mois par ann\u00e9e, cela n&rsquo;a pas vraiment de sens de sortir du syst\u00e8me.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une ann\u00e9e 2018 difficile, marqu\u00e9e par un accident de parapente, Gabrielle entend se consacrer pleinement au d\u00e9veloppement de son entreprise tout en effectuant \u00e0 nouveau de longs s\u00e9jours \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger: la Norv\u00e8ge et le Cap-Vert sont au programme des prochains mois.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De plus en plus d&#8217;employ\u00e9s r\u00eavent de devenir \u00abnomade digital\u00bb et de travailler tout en voyageant. Cette tendance, en forte hausse, bouscule l&rsquo;organisation du travail traditionnelle. Mais au-del\u00e0 du r\u00eave d&rsquo;un bureau \u00e0 la plage, r\u00e9ussir sa transition n\u00e9cessite une bonne pr\u00e9paration.<\/p>\n","protected":false},"author":20269,"featured_media":10705,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-10703","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20269"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10703"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10703\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10716,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10703\/revisions\/10716"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10703"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10703"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}