



{"id":10677,"date":"2020-03-27T08:00:25","date_gmt":"2020-03-27T07:00:25","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=10677"},"modified":"2020-03-27T17:18:00","modified_gmt":"2020-03-27T16:18:00","slug":"investissement-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=10677","title":{"rendered":"Le blues des robots"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9laisser son banquier et confier ses \u00e9conomies \u00e0 un algorithme? Certains investisseurs ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s d\u2019automatiser la gestion afin d\u2019assurer le bon \u00e9quilibre d\u2019un portefeuille en fonction d\u2019un profil de risque d\u00e9fini au pr\u00e9alable. L\u2019invention semblait prometteuse \u00e0 ses d\u00e9buts il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es. A tel point qu\u2019en 2016, les analystes de KPMG pr\u00e9disaient que les robots afficheraient 2000 milliards de dollars d\u2019actifs sous gestion (ASG) d\u2019ici \u00e0 2020, rien qu&rsquo;aux Etats-Unis. Le cabinet Juniper Research estimait pour sa part que les fonds g\u00e9r\u00e9s par les robots seraient multipli\u00e9s par 12 entre 2017 et 2022, pour atteindre 4100 milliards de dollars au niveau global.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 constat\u00e9e reste tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de ces pr\u00e9dictions. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, les investissements g\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re robotis\u00e9e repr\u00e9sentent \u00e0 peine 283 milliards de dollars \u00e0 fin 2019, selon une \u00e9tude du cabinet Aite Group. Les estimations les plus optimistes avancent le montant de 660 milliards de dollars, soit 3% des 22&rsquo;000 milliards que constituent l\u2019ensemble des actifs sous gestion au niveau mondial. En Suisse, le march\u00e9 du robo-advisory suit la m\u00eame tendance. \u00c0 peine 0,01% de la population utilise ce type de solutions, contre 2% aux Etats-Unis, selon une \u00e9tude publi\u00e9e l\u2019an dernier par l\u2019Institut f\u00fcr Finanzdienstleistungen Zug. Le ratio des actifs g\u00e9r\u00e9s par les robo-advisors reste lui aussi faible en comparaison \u00e0 la fortune totale en Suisse (0,01%).<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8me de positionnement<\/strong><\/p>\n<p>Ce d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des investisseurs, combin\u00e9s \u00e0 des difficult\u00e9s techniques, contraignent certains acteurs de ce march\u00e9 \u00e0 r\u00e9organiser, voire \u00e0 fermer, leurs offres automatis\u00e9es. En automne, Allianz Suisse a ainsi annonc\u00e9 l\u2019abandon de son activit\u00e9 de gestion de fortune en ligne op\u00e9rant sous la banni\u00e8re ELVIA E-invest en raison d\u2019un manque d\u2019int\u00e9r\u00eat des clients. Les directeurs avancent \u00e9galement \u00abun d\u00e9veloppement du march\u00e9 beaucoup plus lent que pr\u00e9vu\u00bb. M\u00eame cas de figure du c\u00f4t\u00e9 de la Banque Cantonale de Glaris (GLKB) qui a cess\u00e9 de proposer son outil de conseil en investissement en ligne Investomat.ch, lanc\u00e9 d\u00e9but 2015.<\/p>\n<p>Alexandre Gaillard est le fondateur de la start-up genevoise InvestGlass, qui propose une bo\u00eete \u00e0 outil permettant de cr\u00e9er un robo-advisor. Pour lui, les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es aujourd\u2019hui par ce secteur s\u2019expliquent en premier lieu par un probl\u00e8me de positionnement. \u00abAujourd\u2019hui ce type de syst\u00e8me s\u2019apparente plus \u00e0 du self-service, o\u00f9 le client doit s\u2019autoanalyser pour \u00e9tablir un profil de risque. Ces services ne peuvent \u00e9videmment pas remplacer un banquier senior ou un fiscaliste avis\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>S\u2019y ajoutent des frais de gestion souvent \u00e9lev\u00e9s et des strat\u00e9gies d\u2019investissement pas toujours si innovantes. \u00abLa plupart des plateformes font des propositions bas\u00e9es sur des fonds indiciels (ETF), qui ne suffisent plus \u00e0 convaincre les investisseurs, explique Olivier Grandjean, directeur associ\u00e9 de la division Wealth Management du groupe de conseil et de technologie Accenture \u00e0 Gen\u00e8ve. D\u2019autant plus que dans le m\u00eame temps, le march\u00e9 a bien progress\u00e9. D\u00e8s lors pourquoi devoir payer pour une proposition souvent g\u00e9n\u00e9rique venant d\u2019un robot?\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10688\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Large270320_2.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Large270320_2.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Large270320_2-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/Large270320_2-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>D\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la jeune g\u00e9n\u00e9ration<\/strong><\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019expert rel\u00e8ve que l\u2019offre automatis\u00e9e ne correspond pas \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des mill\u00e9niaux. \u00abLes nouvelles g\u00e9n\u00e9rations portent une attention particuli\u00e8re \u00e0 la transparence et veulent donner du sens \u00e0 leurs investissements.\u00bb Selon lui, ces deux points expliquent le succ\u00e8s des plateformes de crowdfunding et de microfinance. \u00abDans ce cas, les risques sont faciles \u00e0 comprendre, et l\u2019investissement int\u00e8gre souvent un impact positif en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement durable.\u00bb<\/p>\n<p>Bon nombre de plateformes de robo-advisory ont mis\u00e9 sur des frais de fonctionnement plus faibles avec un service d\u2019acc\u00e8s 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. \u00abMais le marketing, les ressources en personnel et les donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour alimenter les algorithmes engendrent vite des co\u00fbts tr\u00e8s importants, poursuit Olivier Grandjean. Les meilleures offres disponibles actuellement sont celles qui ont su cr\u00e9er des synergies avec leur mod\u00e8le d\u2019affaire existant, fournissant une assurance \u00e0 moindre frais pour des investisseurs. Les acteurs qui ont cr\u00e9\u00e9 une plateforme dont le succ\u00e8s \u00e9tait conditionn\u00e9 \u00e0 un important gain de clients ont pris des risques consid\u00e9rables, comme certains le constatent aujourd\u2019hui.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le succ\u00e8s de Swissquote<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi certaines plateformes actives en Suisse comme celles de Saxo Bank ou de Swissquote s\u2019en sortent mieux. La banque en ligne bas\u00e9e \u00e0 Gland recensait plus de 225 millions de francs d\u2019actifs sous gestion via sa solution robotis\u00e9e courant 2019. \u00abMais cela reste une activit\u00e9 secondaire pour notre chiffre d\u2019affaires, admet le CEO Marc B\u00fcrki. Nous avions l\u2019objectif d\u2019atteindre 1 milliard de francs d\u2019ici \u00e0 la fin 2020, nous serons plus proches des 400 millions. Cette offre conna\u00eet en effet un d\u00e9veloppement moins rapide que pr\u00e9vu.\u00bb<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il des \u00e9volutions qui pourraient donner un coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur \u00e0 ce secteur? \u00abLe mod\u00e8le d\u2019avenir repose sur une prise de d\u00e9cision adapt\u00e9e \u00e0 chaque client, qui lui permette de maximiser son objectif financier de vie, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019acheter une maison, de financer sa retraite ou l\u2019avenir de ses enfants, estime Olivier Grandjean d\u2019Accenture. Mais faire \u00e9voluer une solution vers une forme d\u2019hyperpersonnalisation demande des investissements tr\u00e8s cons\u00e9quents.\u00bb<\/p>\n<p>Reste une inconnue: la r\u00e9action des robots en cas de crise financi\u00e8re majeure. \u00abIl est vrai qu\u2019il est difficile de comparer une gestion robotis\u00e9e et traditionnelle dans un march\u00e9 euphorique, remarque Marc B\u00fcrki, CEO de Swissquote. L\u2019ann\u00e9e 2020 risque d\u2019\u00eatre marqu\u00e9e par des ph\u00e9nom\u00e8nes de consolidation, et sera une ann\u00e9e int\u00e9ressante \u00e0 ce titre. Je pense que les robots s\u2019en sortiront mieux que les gestionnaires traditionnels.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans le magazine Bilan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Boud\u00e9s par les investisseurs, y compris les jeunes, les \u00abrobo-advisors\u00bb peinent \u00e0 s\u2019imposer sur le march\u00e9 de la gestion de fortune. Vont-ils convaincre de leur efficacit\u00e9 lors de la prochaine crise financi\u00e8re?<\/p>\n","protected":false},"author":20154,"featured_media":10688,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-10677","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10677","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20154"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10677"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10677\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10687,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10677\/revisions\/10687"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10688"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}