



{"id":10421,"date":"2020-02-26T23:28:17","date_gmt":"2020-02-26T22:28:17","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=10421"},"modified":"2020-02-26T17:55:56","modified_gmt":"2020-02-26T16:55:56","slug":"economie-54","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=10421","title":{"rendered":"Ces entrepreneurs qui se lancent \u00e0 contre-courant"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2020\/02\/17\/reussir-contrecourant-cest-possible\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e8re d\u2019Instagram, il faut \u00eatre un peu fou pour se lancer dans la photographie argentique. Pourtant le magasin Photo Verdaine \u00e0 Gen\u00e8ve s\u2019est dot\u00e9 d\u2019un nouveau laboratoire en 2016. Depuis, les collaborateurs de l\u2019enseigne d\u00e9veloppent environ 50 films par semaine et constatent un vrai engouement pour ce type de clich\u00e9s, principalement chez les jeunes \u00e2g\u00e9es entre 15 et 30 ans. \u00abLe tirage photo n\u00e9cessite un savoir-faire particulier et du mat\u00e9riel pr\u00e9cis, explique Vincent Meylan, directeur de Photo Verdaine. Ajout\u00e9 \u00e0 la tendance du retour aux anciennes techniques, il y avait un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat \u00e0 int\u00e9grer l\u2019argentique\u00a0dans notre offre.\u00bb<\/p>\n<p>Cet exemple montre que les entrepreneurs qui d\u00e9cident de se lancer dans un secteur en crise n\u2019ont pas toujours tort. \u00abLes march\u00e9s en d\u00e9clin peuvent devenir des niches int\u00e9ressantes, explique Vincenzo Pallotta, professeur en \u00e9conomie d\u2019entreprise \u00e0 la Haute \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nierie et de gestion du canton de Vaud. Les entreprises qui se lancent \u00e0 contre-courant doivent cependant adopter un positionnement fort et pr\u00e9cis pour r\u00e9ussir.\u00bb Pour se faire une place sur ces march\u00e9s compliqu\u00e9s, les entrepreneurs font appel \u00e0 diverses strat\u00e9gies, d\u2019une approche de monopole \u00e0 la r\u00e9invention d\u2019un segment, en passant par la diff\u00e9renciation, un ciblage pr\u00e9cis du public et la r\u00e9sistance vis-\u00e0-vis de la concurrence.<\/p>\n<p><strong>Continuer \u00e0 se r\u00e9inventer <\/strong><\/p>\n<p>Alors que le march\u00e9 de la photographie est alpagu\u00e9 par les offres en ligne \u00e0 prix cass\u00e9s, le magasin Photo Verdaine \u00e0 Gen\u00e8ve a fait le choix de mettre en avant son savoir-faire, comme avec le d\u00e9veloppement argentique, \u00abqui repr\u00e9sente une haute-valeur ajout\u00e9e, explique Vincenzo Pallotta. Dans les secteurs touch\u00e9s par le num\u00e9rique, la force humaine a \u00e9t\u00e9 automatis\u00e9e, mais pour se d\u00e9marquer, certains comme ici, misent sur la qualit\u00e9 d\u2019un savoir-faire pr\u00e9cis et non sur la quantit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abIl est essentiel de se r\u00e9inventer r\u00e9guli\u00e8rement, d\u2019offrir de nouveaux services, de nouveaux produits\u00bb, appuie Vincent Meylan, qui a repris Photo Verdaine en 2018. De fait, l\u2019enseigne genevoise propose \u00e9galement des cours de photographie par marque d\u2019appareil, \u00abun service inimaginable auparavant\u00bb, puisque le magasin observait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent un mod\u00e8le d\u2019affaires uniquement bas\u00e9 sur la vente. Les sept collaborateurs passionn\u00e9s renseignent d\u00e9sormais tant sur les appareils que sur les outils vid\u00e9os ou le papier id\u00e9al pour le d\u00e9veloppement photo. \u00abLes marges aujourd\u2019hui sont plus petites, le prix des produits a baiss\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral mais nos clients sont des professionnels et des amateurs \u00e9clair\u00e9s qui ont besoin de conseils pr\u00e9cis.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abCe qui compte c\u2019est la diff\u00e9renciation,\u00a0analyse Michael Willimann, responsable de la r\u00e9gion Suisse Romande et de la client\u00e8le PME au Credit Suisse. L\u2019entreprise doit \u00eatre sp\u00e9cialis\u00e9e pour toucher une client\u00e8le pr\u00e9cise, se d\u00e9marquer avec un aspect cr\u00e9atif et original et surtout \u00eatre orient\u00e9e sur le service \u00e0 la client\u00e8le qui demeure un atout distinctif irrempla\u00e7able par la robotique ou le num\u00e9rique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Miser sur la passion<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019armurerie The Gun Room a ouvert \u00e0 Sion en automne 2018, quelques mois seulement avant l\u2019acceptation de la r\u00e9vision l\u00e9gislative qui durcit les conditions d\u2019acquisition et de d\u00e9tention de certaines armes \u00e0 feu, en concordance avec le droit europ\u00e9en. Massimo Garbarino, directeur d\u2019Astra Defense, l\u2019entreprise de fabrication et d\u2019importation d\u2019armes qui g\u00e8re l\u2019enseigne, craint un l\u00e9ger ralentissement des ventes suite \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la nouvelle loi et des importantes ventes des derniers mois. Pour autant, il parie sur son assortiment de pi\u00e8ces rares et la passion qui anime ses clients. \u00abNos produits sont soumis \u00e0 l\u2019obligation d\u2019avoir un permis, ce qui fait que la client\u00e8le de l\u2019armurerie est d\u00e9termin\u00e9e et sait par avance ce qu\u2019elle recherche. Tant que la Conf\u00e9d\u00e9ration ne l\u00e9gif\u00e8re pas davantage, les Suisses continueront d\u2019acheter des armes.\u00bb<\/p>\n<p>Pour se diff\u00e9rencier de ses concurrents, l\u2019armurerie propose des mod\u00e8les uniques et des marques peu r\u00e9pandues, notamment am\u00e9ricaines. \u00abNotre client\u00e8le se compose de jeunes qui pratiquent le tir sportif mais aussi de collectionneurs qui viennent d\u00e9nicher des pi\u00e8ces rares.\u00bb<\/p>\n<p>De fait, les changements l\u00e9gislatifs ont m\u00eame eu un effet b\u00e9n\u00e9fique sur les affaires de la nouvelle armurerie: \u00abLe d\u00e9bat autour de la votation a fait exploser les ventes puisque les Suisses se sont inqui\u00e9t\u00e9s de ne plus pouvoir acheter d\u2019armes, y compris des n\u00e9ophytes du tir.\u00bb Ainsi, le magasin s\u00e9dunois vend aujourd\u2019hui plus de 100 pi\u00e8ces par mois, principalement des fusils semi-automatiques et des armes de poing.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10424\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/largeur_26022020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/largeur_26022020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/largeur_26022020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/largeur_26022020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Se d\u00e9marquer des g\u00e9ants du secteur<\/strong><\/p>\n<p>Le concept d\u2019identit\u00e9 affirm\u00e9e fait partie int\u00e9grante de la strat\u00e9gie du nouveau journal romand <em>Micro<\/em>. \u00abImagin\u00e9, \u00e9crit et lu dans les bistrots\u00bb, c\u2019est le slogan adopt\u00e9 par son \u00e9quipe, qui ne se r\u00e9sout pas au d\u00e9clin du secteur. Pourtant, le nombre de titres de journaux est pass\u00e9 de 234 en 1998 \u00e0 92 en 2017, soit une diminution de 60% selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS). Fond\u00e9 par des anciens du quotidien <em>Le Matin<\/em>, la publication mise sur une offre et locale, disponible seulement sur abonnement ou dans les bistrots. Centr\u00e9 sur le terrain et les t\u00e9moignages, le m\u00e9dia &#8211; lanc\u00e9 au mois de mai dernier &#8211; ne traite pas des grands titres d\u2019actualit\u00e9, mais veut \u00abraconter la Suisse romande\u00bb, explique Fabien Feissli, journaliste et pr\u00e9sident du journal.<\/p>\n<p><em>Micro<\/em> remet les recettes du journalisme local et de terrain au go\u00fbt du jour. A ce titre, leurs s\u00e9ances de r\u00e9daction se d\u00e9roulent d\u2019ailleurs dans des \u00e9tablissements partenaires o\u00f9 le public est convi\u00e9 \u00e0 participer. \u00abLes entreprises \u00e0 contre-courant v\u00e9hiculent une image pr\u00e9cise de retour \u00e0 la tradition et aux techniques d\u2019antan en mettant en avant leur artisanat ou leur exp\u00e9rience, analyse Vincenzo Pallotta de la HEIG Vaud. C\u2019est un puissant argument marketing.\u00bb<\/p>\n<p>Le journal tri-hebdomadaire a pu \u00eatre lanc\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une campagne de financement participatif qui a permis de r\u00e9colter 90&rsquo;000 francs. Une somme qui garantit l\u2019impression et la livraison de 1000 exemplaires durant quatre mois. Pour l\u2019heure, les revenus reposent sur les abonnements. Ceux des particuliers d\u2019une part, mais surtout ceux des caf\u00e9s-restaurants \u00e0 hauteur de 300 francs, ou de 200 francs et 24 bons cadeaux redistribu\u00e9s aux lecteurs pour de les inciter \u00e0 d\u00e9couvrir de nouveaux \u00e9tablissements, mais \u00e9galement d\u2019autres types de lieux accessibles au public tels les cabinets m\u00e9dicaux. \u00abC\u2019est \u00e9videmment un pari risqu\u00e9, mais la presse int\u00e9resse encore beaucoup et les lecteurs ne veulent pas d\u2019un support num\u00e9rique au bistrot, explique Fabien Feissli. Il y a une r\u00e9elle demande pour le format papier.\u00bb Le journal souhaite fonctionner uniquement sur les abonnements et ne contient pas de publicit\u00e9. Les entreprises peuvent cependant voir leur logo int\u00e9gr\u00e9 dans le journal s\u2019ils en deviennent des sponsors financiers.<\/p>\n<p>\u00abSi elles ne peuvent pas innover, les entreprises doivent imp\u00e9rativement trouver un moyen de se r\u00e9inventer\u00bb, explique Xavier Comtesse, cofondateur du think tank Manufacture 4.0. Les technologies sont aujourd\u2019hui disponibles \u00e0 moindre co\u00fbt, ce qui les rend accessibles aux entreprises locales, mais elles doivent imp\u00e9rativement int\u00e9grer le consommateur en tant qu\u2019acteur \u00e0 part enti\u00e8re et adopter une identit\u00e9 marqu\u00e9e pour se distinguer.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Cin\u00e9ma tr\u00e8s rentable<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quipe du journal <em>Micro<\/em> r\u00e9siste en pariant sur un retour aux recettes efficaces du pass\u00e9.\u00a0 D\u2019autres cependant font le choix de continuer malgr\u00e9 la crise du secteur en ciblant une client\u00e8le particuli\u00e8re, une strat\u00e9gie qu\u2019a adopt\u00e9e un entrepreneur genevois dans le domaine du cin\u00e9ma. \u00abLes banques ont jug\u00e9 notre activit\u00e9 \u2018\u00e0 risque\u2019 et ne voulaient pas nous financer, nous avons donc investi nos fonds propres\u00bb, raconte Didier Zuchuat, administrateur de la PME Procitel qui exploite deux salles de cin\u00e9ma \u00e0 Gen\u00e8ve. Pari risqu\u00e9, ambition aveugle, ces entreprises \u00e9prouvent parfois des difficult\u00e9s \u00e0 convaincre.<\/p>\n<p>Entre 2000 et 2018, le nombre de salles obscures suisses passait de 326 \u00e0 276, soit une diminution de 15% d\u2019apr\u00e8s les chiffres de l\u2019OFS. Didier Zuchuat et ses associ\u00e9s rach\u00e8tent le Cin\u00e9 17 en 2013, suite \u00e0 la faillite des anciens propri\u00e9taires. Aujourd\u2019hui, le cin\u00e9ma de 81 si\u00e8ges est l\u2019un des plus rentables de Suisse, avec un taux de remplissage de 90% et plus de 50&rsquo;000 places vendues par ann\u00e9e. Pour y parvenir, la strat\u00e9gie consiste \u00e0 se concentrer sur un public pr\u00e9cis: les expatri\u00e9s internationaux. Tous les films sont diffus\u00e9s en anglais sous-titr\u00e9s, m\u00eame ceux pour enfants, dans une salle \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement confortable. \u00abIl est essentiel d\u2019adopter un bon positionnement, c\u2019est \u00e0 dire de diffuser le bon film, au bon endroit, \u00e0 la bonne heure, pour le bon public\u00bb, remarque l\u2019administrateur de Procitel.<\/p>\n<p>Galvanis\u00e9 par le succ\u00e8s du Cin\u00e9 17, Didier Zuchuat acqui\u00e8re et r\u00e9nove en 2016 le Cin\u00e9rama Empire, dot\u00e9 de 327 places. Pour ramener le public dans ce cin\u00e9ma d\u00e9sert\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019entrepreneur mise sur une programmation allant des films d\u2019art et d\u2019essai aux blockbusters, mais profite aussi d\u2019un partenariat avec Netflix. Le Cin\u00e9rama Empire a ainsi \u00e9t\u00e9 la seule salle francophone au monde \u00e0 pouvoir diffuser le film oscaris\u00e9 <em>Roma<\/em> du r\u00e9alisateur Alfonso Cuar\u00f3n, avec trois semaines d\u2019exclusivit\u00e9 avant son passage sur la plateforme de streaming.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019entreprise \u00e0 contre-courant doit se positionner dans un secteur haut de gamme, o\u00f9 la client\u00e8le est pr\u00eate \u00e0 d\u00e9penser pour une exp\u00e9rience ou un service pr\u00e9cis\u00bb, ajoute le professeur Vincenzo Pallotta. En cernant un public anglophone, le Cin\u00e9 17 a vu ses entr\u00e9es progresser de 33% en 2018, tandis que celles du Cin\u00e9rama Empire ont augment\u00e9 de 38% gr\u00e2ce \u00e0 son offre pointue. Des r\u00e9sultats positifs qui se poursuivent en 2019. \u00abCertains cin\u00e9mas ferment les matin\u00e9es ou les jours f\u00e9ri\u00e9s mais je ne pense pas qu\u2019il faille se recroqueviller de la sorte, dit l\u2019entrepreneur Didier Zuchuat. En mati\u00e8re culturelle, l\u2019offre conditionne la demande, et pas l\u2019inverse.\u00bb La soci\u00e9t\u00e9 de huit employ\u00e9s \u00e9quivalents temps plein pr\u00e9voit d\u00e9sormais de s\u2019\u00e9tendre en ouvrant six nouvelles salles d\u2019ici fin 2020, en reprenant les salles Path\u00e9 du centre commercial Conf\u00e9d\u00e9ration Centre \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p><strong>S\u2019imposer dans une industrie en d\u00e9clin<\/strong><\/p>\n<p>Dans un march\u00e9 \u00e9conomique en pleine transformation, la strat\u00e9gie du \u00abun contre tous\u00bb peut aussi se montrer gagnante. \u00abCes entreprises ne sont pas plus risqu\u00e9es que les autres, car elles ont souvent l\u2019avantage de se retrouver seules sur leur march\u00e9, ce qui leur donne une position de leader, explique Vincenzo Pallotta, professeur \u00e0 la HEIG-VD. Dans des secteurs tr\u00e8s concurrentiels, la demande est certes plus s\u00fbre, mais la comp\u00e9tition plus f\u00e9roce.\u00bb<\/p>\n<p>ESH M\u00e9dias a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019ouvrir en janvier 2019 un nouveau centre d\u2019impression \u00e0 Monthey (VS), malgr\u00e9 le d\u00e9clin du secteur de l\u2019imprimerie dans le pays: les tirages papiers ont baiss\u00e9s de 40% entre 2008 et 2017 selon l\u2019OFS. Quant au nombre de travailleurs dans l\u2019industrie graphique suisse, il est pass\u00e9 d\u2019environ 38&rsquo;000 en 1970 \u00e0 14&rsquo;000 en 2016. \u00abLa possibilit\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir des outils de production \u00e0 bas co\u00fbts nous a permis d\u2019identifier une opportunit\u00e9 dans le secteur, d\u00e9veloppe St\u00e9phane Estival, directeur g\u00e9n\u00e9ral du groupe ESH M\u00e9dias. En douze mois, nous avons construit et install\u00e9 le centre d\u2019impression. Personne n\u2019y croyait, sauf nous, et aujourd\u2019hui nos co\u00fbts de production \u00e0 Monthey sont inf\u00e9rieurs \u00e0 ce qu\u2019ils \u00e9taient pr\u00e9c\u00e9demment.\u00bb Le groupe a en effet rassembl\u00e9 l\u2019impression de tous ses titres, auparavant dispers\u00e9s, dans ce nouveau centre.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise bas\u00e9e \u00e0 Nyon a investi 20 millions de francs pour imprimer ses journaux tels que <em>La C\u00f4te<\/em> ou <em>Le Nouvelliste<\/em> en Suisse Romande. Elle est convaincue par l\u2019avenir de l\u2019imprim\u00e9. \u00abLe secteur de l\u2019imprimerie de presse para\u00eet en crise \u00e0 cause des difficult\u00e9s \u00e9conomiques des m\u00e9dias \u00e9crits qui repr\u00e9sentent la plus grande partie des volumes d\u2019impression, d\u00e9taille St\u00e9phane Estival. Pourtant, les lecteurs ont toujours envie de consommer de l\u2019information locale de qualit\u00e9.\u00bb Le directeur ne souhaite pas s\u2019arr\u00eater aux 700&rsquo;000 exemplaires imprim\u00e9s actuellement toutes les semaines. \u00abLe papier n\u2019est pas mort, mais il faut se renouveler et investir. Nous utilisons environ 50% de nos capacit\u00e9 d\u2019impression donc nous avons encore un potentiel int\u00e9ressant pour accueillir de nouveaux titres.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abCes entreprises doivent innover en permanence, remarque Michael Willimann de Credit Suisse. Leur vieillissement peut \u00eatre plus rapide puisqu\u2019elles doivent toujours se d\u00e9marquer pour r\u00e9pondre aux besoins d\u2019une client\u00e8le souvent exigeante.\u00bb Les entreprises \u00e0 contre-courant font ainsi preuve d\u2019inventivit\u00e9 et de t\u00e9nacit\u00e9, et ce depuis des ann\u00e9es, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019entreprise horlog\u00e8re Blancpain relanc\u00e9e par Jean-Claude Biver dans les ann\u00e9es 1970-1980. Alors que le secteur de l\u2019horlogerie est chamboul\u00e9 par les montres \u00e0 quartz asiatiques, l\u2019entrepreneur d\u2019origine luxembourgeoise mise sur les montres m\u00e9caniques \u00e0 l\u2019ancienne. Gr\u00e2ce \u00e0 cette strat\u00e9gie de r\u00e9sistance, la marque, acquise par Jean-Claude Biver en 1982 pour 22\u2019000 francs, a \u00e9t\u00e9 revendue dix ans plus tard 60 millions de francs au groupe Swatch\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cin\u00e9ma, imprimerie ou laboratoire photographique argentique: des entrepreneurs font le pari de s\u2019engager dans des secteurs en d\u00e9clin. Entre r\u00e9sistance et innovation, ils foisonnent d\u2019id\u00e9es pour d\u00e9velopper leurs affaires. Et ils y parviennent.<\/p>\n","protected":false},"author":20256,"featured_media":10424,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-10421","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10421","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20256"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10421"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10421\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10426,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10421\/revisions\/10426"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10421"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10421"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10421"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}