



{"id":10405,"date":"2020-02-20T22:54:00","date_gmt":"2020-02-20T21:54:00","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=10405"},"modified":"2020-02-20T16:26:11","modified_gmt":"2020-02-20T15:26:11","slug":"interview-35","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=10405","title":{"rendered":"Une musicalit\u00e9 ouverte au monde"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong>Lorsqu\u2019il parle, David Torreblanca a le d\u00e9bit vif et le rire contagieux. Originaire du Chili, le Lausannois d\u2019adoption occupe depuis six ans les postes de programmateur et de directeur op\u00e9rationnel du Montreux Jazz Festival. Pour la d\u00e9couverte de nouveaux artistes et des tendances musicales de demain, le quadrag\u00e9naire voyage \u00e9norm\u00e9ment, visite des salles de spectacles oubli\u00e9es et \u00e9coute des oeuvres en devenir. Loin de cette fr\u00e9n\u00e9sie de son m\u00e9tier, il aime se r\u00e9fugier \u00e0 Lausanne pour y explorer son architecture ou se rendre dans des \u00e9v\u00e9nements plus intimistes mais d\u00e9bordant d\u2019art et de vie. Pour lui, la capitale vaudoise n\u2019a rien \u00e0 envier \u00e0 Paris ou \u00e0 Londres en termes d\u2019offres culturelles.<\/p>\n<div id=\"attachment_10411\" style=\"width: 478px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-10411\" class=\"size-full wp-image-10411\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Large20022020.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Large20022020.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Large20022020-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/Large20022020-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><p id=\"caption-attachment-10411\" class=\"wp-caption-text\">David Torreblanca, programmateur au Montreux Jazz Festival, photographies au Bourg \u00e0 Lausanne.<\/p><\/div>\n<p><strong>Comment \u00eates-vous entr\u00e9 au sein du Montreux Jazz Festival? <\/strong><\/p>\n<p>David Torreblanca: \u00c0 la suite de mon dipl\u00f4me de l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne, j\u2019avais accumul\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience comme coordinateur de banquets \u00e0 l\u2019exposition nationale Expo.02, puis comme assistant restauration dans un centre commercial. J\u2019ai d\u00e9couvert ensuite une annonce dans le domaine de la coordination au Montreux Jazz Festival o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 en 2004.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00eates devenu depuis directeur op\u00e9rationnel de l\u2019\u00e9v\u00e9nement&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai fait comme on dit mon bonhomme de chemin. Au fur et \u00e0 mesure, on me donnait davantage de responsabilit\u00e9s et j\u2019ai aussi su saisir quelques opportunit\u00e9s. Lors d\u2019une \u00e9dition, j\u2019ai propos\u00e9 \u00e0 Claude Nobs (p\u00e8re fondateur du festival, ndlr) de programmer le chanteur canadien Justin Nozuka. \u00c9tonnamment, son concert a eu \u00e9norm\u00e9ment de succ\u00e8s. Le directeur Mathieu Jaton m\u2019a alors confi\u00e9 la programmation du Montreux Jazz Caf\u00e9 en parall\u00e8le de ma fonction de coordinateur de la restauration. J\u2019ai accept\u00e9, mais j\u2019\u00e9tais terrifi\u00e9. J\u2019ai donc demand\u00e9 de l\u2019aide \u00e0 mon ami Alexandre Edelmann. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire \u00e9norm\u00e9ment de magazines en lien avec la musique, \u00e9couter plusieurs cha\u00eenes de radio et \u00e0 me rendre dans les salles de concert pour sentir quelle serait la musique de demain. Le plus \u00e9tonnant dans l\u2019histoire, c\u2019est que je ne suis pas un passionn\u00e9 de musique. J\u2019en \u00e9coute bien \u00e9videmment, et notamment des albums gothiques ou New Wave. J\u2019ai vraiment d\u00fb me faire l\u2019oreille musicale.<\/p>\n<p><strong>Comment maintenez-vous la flamme quinze ans plus tard?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une question que je me pose tous les jours. La flamme est toujours l\u00e0, mais elle a chang\u00e9 de couleur, car au fil des ann\u00e9es, j\u2019ai accumul\u00e9 de nombreuses fonctions comme la gestion des infrastructures. J\u2019aime la programmation car cela demande de s\u2019int\u00e9resser aux artistes \u00e9mergents, aux tendances musicales et \u00e0 la jeunesse. Et j\u2019appr\u00e9cie r\u00e9ellement de me rendre dans des salles ou des festivals m\u00e9connus juste pour d\u00e9couvrir des nouveaut\u00e9s. Par contre, j\u2019ai \u00e9galement besoin d\u2019avoir des op\u00e9rations plus \u00ab terre \u00e0 terre \u00bb pour maintenir la flamme.<\/p>\n<p><strong>Vous avez pass\u00e9 treize ans au Chili avant de venir habiter en Suisse. Comment s\u2019est pass\u00e9e cette arriv\u00e9e? <\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 cause de l\u2019instabilit\u00e9 politique, due \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Pinochet au pouvoir, mes parents ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rentrer en Suisse. Le voyage a \u00e9t\u00e9 une vraie souffrance. J\u2019ai tellement pleur\u00e9 dans l\u2019avion&#8230; Nous nous sommes d\u2019abord install\u00e9s \u00e0 Sion o\u00f9 l\u2019accueil a \u00e9t\u00e9 catastrophique. Aucune volont\u00e9 de nous accueillir, et des commentaires d\u00e9sobligeants \u00e0 foison. Mes parents ont donc d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Neuch\u00e2tel o\u00f9 j\u2019ai litt\u00e9ralement fait les 400 coups. Puis, j\u2019ai d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pour venir \u00e9tudier \u00e0 l\u2019\u00c9cole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne.<\/p>\n<p><strong>Comment vous vous sentez aujourd\u2019hui dans la capitale vaudoise?<\/strong><\/p>\n<p>Ma d\u00e9couverte de Lausanne s\u2019est faite en deux temps. En tant qu\u2019\u00e9tudiant, j\u2019y venais uniquement pour faire la f\u00eate. C\u2019est vraiment apr\u00e8s mes \u00e9tudes que j\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019autre visage de la ville. C\u2019est ici que je me suis cultiv\u00e9, que ce soit au contact de la musique, des arts vivants ou du th\u00e9\u00e2tre. Un de mes premiers \u00e9v\u00e9nements marquants aura \u00e9t\u00e9 le LUFF, le Lausanne Underground Film &amp; Music Festival. J\u2019aime l\u2019harmonie entre le c\u00f4t\u00e9 sombre et le d\u00e9cal\u00e9 de la manifestation. Puis ce sont les \u00e9v\u00e9nements comme la F\u00eate du Slip, qui traite de la sexualit\u00e9 sous toutes ses formes, ou les d\u00e9monstrations de chor\u00e9graphie des Quarts d\u2019Heure du Th\u00e9\u00e2tre S\u00e9velin. Tous exp\u00e9rimentent et osent, \u00e0 l\u2019image de Lausanne.<\/p>\n<p><strong>Comment jugez-vous l\u2019offre musicale \u00e0 Lausanne? <\/strong><\/p>\n<p>Elle est multiple et ouverte. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le canton de Vaud aime mettre en avant la musique dans son ensemble. En ce sens, Lausanne est un bouillon musical car il y a \u00e9norm\u00e9ment de collectifs qui se d\u00e9ploient sur tous les spectres musicaux.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les lieux embl\u00e9matiques lausannois pour les amateurs de musique?<\/strong><\/p>\n<p>Le Romandie ou La Cave du Bleu sont des \u00e9tablissements hautement recommandables. C\u2019est d\u2019ailleurs dans la Cave du Bleu que j\u2019ai d\u00e9couvert l\u2019artiste fran\u00e7ais Eddy de Pretto. Je le suivais depuis quelque temps et il s\u2019est produit \u00e0 Lausanne avant d\u2019acqu\u00e9rir une grande renomm\u00e9e. Mais lors de son passage lausannois, sa prestation a \u00e9t\u00e9 catastrophique. Le son \u00e9tait mauvais, et on le sentait peu \u00e0 l\u2019aise. Mais j\u2019avais confiance, et sa prestation \u00e0 Montreux a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s. Et c\u2019est au Romandie que j\u2019ai d\u00e9couvert le collectif fran\u00e7ais Fauve.<\/p>\n<p><strong>Parmi les nombreux chanteurs et groupes qui viennent au Montreux Jazz, certains se rendent-ils \u00e0 Lausanne pour d\u00e9couvrir la ville?<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les artistes doivent se montrer rentables. \u00c0 peine leur concert est-il termin\u00e9 \u00e0 Montreux, ils repartent vers un autre festival. Mais il y a des exceptions. Je me souviens d\u2019une belle anecdote li\u00e9e \u00e0 la venue de Prince en 2009. Il s\u2019est rendu plusieurs fois \u00e0 Lausanne, en passant par des petites routes des vignes du Lavaux. Il a d\u2019ailleurs rencontr\u00e9 plusieurs fois le sculpteur veveysan Zapoff dans la c\u00e9l\u00e8bre bo\u00eete de nuit du MAD. \u00c0 la suite de cette rencontre, il a exig\u00e9 d\u2019avoir les sculptures un peu particuli\u00e8res de l\u2019artiste lors de sa prestation sur sc\u00e8ne. Nous avons d\u00fb les d\u00e9m\u00e9nager de Lausanne jusqu\u2019\u00e0 Montreux! Et les rapporter le lendemain! (rires)<\/p>\n<p><strong>Si vous deviez emmener les artistes \u00e0 Lausanne, o\u00f9 iriez-vous? <\/strong><\/p>\n<p>Dans un premier temps, je leur ferais d\u2019abord visiter des monuments d\u2019architecture exceptionnels comme le si\u00e8ge de La Vaudoise, juste derri\u00e8re le Parc de Milan qui est l\u2019oeuvre de l\u2019architecte suisse Jean Tschumi. Ensuite, il faudrait profiter des espaces verts de Lausanne, comme le Parc de Milan ou celui de Mon-Repos. Lausanne a la chance de poss\u00e9der des espaces verts et de lieux architecturaux qui d\u00e9bordent de vie!<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans The Lausanner (no4).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>David Torreblanca, programmateur du Montreux Jazz Festival, raconte les coulisses de l\u2019\u00e9v\u00e9nement phare de la Riviera vaudoise. Il revient aussi sur le r\u00f4le jou\u00e9 par la r\u00e9gion dans la d\u00e9couverte des artistes et des tendances musicales de demain.<\/p>\n","protected":false},"author":20248,"featured_media":10411,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1302],"class_list":["post-10405","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-rencontres","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10405","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20248"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10405"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10405\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10412,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10405\/revisions\/10412"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10411"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10405"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10405"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10405"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}