



{"id":1038,"date":"2002-04-07T00:00:00","date_gmt":"2002-04-06T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1038"},"modified":"2017-07-12T11:31:31","modified_gmt":"2017-07-12T09:31:31","slug":"traumatisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1038","title":{"rendered":"S\u00e9quelles du 11 septembre: les m\u00e9decins ont boucl\u00e9 leur enqu\u00eate"},"content":{"rendered":"<p>Comment les citoyens new-yorkais ont-ils encaiss\u00e9 psychologiquement le traumatisme du 11 septembre? Observe-t-on parmi eux une recrudescence de certaines pathologies? Si oui, lesquelles, et qui en sont les principales victimes? Une premi\u00e8re r\u00e9ponse \u00e0 de telles interrogations vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9e par le tr\u00e8s s\u00e9rieux New England Journal of Medecine (dans son <a href=http:\/\/www.nejm.org target=_blank class=std>\u00e9dition<\/a> du 28 mars 2002).<\/p>\n<p>De graves effets psychologiques sont g\u00e9n\u00e9ralement constat\u00e9s apr\u00e8s des catastrophes causant de larges pertes humaines, d\u2019importants dommages mat\u00e9riels et impacts financiers, notamment les catastrophes caus\u00e9es intentionnellement. Tous ces \u00e9l\u00e9ments \u00e9taient r\u00e9unis lors de l\u2019attaque du World Trade Center, sugg\u00e9rant par l\u00e0 que les s\u00e9quelles psychologiques allaient \u00eatre importantes et de longue dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Sandro Galea de la New York Academy of Medicine et six de ses collaborateurs ont tent\u00e9 de d\u00e9terminer la pr\u00e9valence (nombre de cas rencontr\u00e9s dans la population \u00e0 un moment donn\u00e9) des d\u00e9sordres psychopathologiques \u00e0 Manhattan, cinq \u00e0 huit semaines apr\u00e8s le 11 septembre. Les chercheurs se sont focalis\u00e9s sur le syndrome de stress post-traumatique (ou <a href= http:\/\/www.crsfa.ulaval.ca\/umf\/articles\/1999\/99_09_15.htm target=_blank class=std>SSPT<\/a>) et la d\u00e9pression &#8211; les deux principales s\u00e9quelles psychologiques provoqu\u00e9es par des traumatismes.<\/p>\n<p>Leur m\u00e9thode? Des interviews t\u00e9l\u00e9phoniques aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de la population adulte r\u00e9sidant au sud de la 110e rue. Un questionnaire portant sur des caract\u00e9ristiques d\u00e9mographiques, l\u2019exposition le jour J (t\u00e9moin ou non de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, a d\u00fb ou non quitter son logement, a subi la perte d\u2019un proche) et l\u2019apparition de probl\u00e8mes psychologiques (r\u00e9exp\u00e9rience persistante de l\u2019\u00e9v\u00e9nement traumatique, cauchemars, r\u00e9flexes de sursaut, difficult\u00e9s \u00e0 se concentrer) leur a \u00e9t\u00e9 soumis. Les chercheurs se sont aussi int\u00e9ress\u00e9s au v\u00e9cu \u00e9motionnel de ces personnes durant les six mois pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019attaque et au nombre de situations stressantes endur\u00e9es durant l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e.<\/p>\n<p>Parmi les 1008 adultes interrog\u00e9s, 7,5% souffraient de SSPT et 9,7% de d\u00e9pression. 3,7% pr\u00e9sentaient les sympt\u00f4mes des deux pathologies. Au sud de Canal Street, donc plus pr\u00e8s du drame, la pr\u00e9valence de SSPT atteignait 20%.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats laissent supposer, que dans l\u2019aire comprise en dessous de la 110e rue, approximativement 67\u2019000 personnes avaient un SSPT et 87\u2019000 une d\u00e9pression \u00e0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019\u00e9tude. Des chiffres deux \u00e0 trois fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux enregistr\u00e9s en temps normal.<\/p>\n<p>L\u2019analyse statistique des donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 Manhattan met en \u00e9vidence des facteurs pr\u00e9dictifs auxquels on pouvait logiquement s\u2019attendre, et d\u2019autres plus surprenants. Ainsi, les facteurs pr\u00e9dictifs de SSPT \u00e9taient: l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019ethnie hispanique, au moins deux situations de stress ant\u00e9rieures au 11 septembre, une attaque de panique peu apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements, un lieu de r\u00e9sidence au sud de Canal Street et une perte mat\u00e9rielle cons\u00e9cutive aux attaques.<\/p>\n<p>Les facteurs pr\u00e9dictifs \u00e0 la d\u00e9pression \u00e9taient: l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019ethnie hispanique, au moins deux situations de stress ant\u00e9rieures, une attaque de panique, un faible soutien social, la mort d\u2019un ami ou d\u2019un parent, la perte de son emploi due \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>Des Asiatiques et des Noirs qui r\u00e9sistent mieux que des Blancs ou des Hispaniques \u00e0 des traumas: il y a l\u00e0 de quoi surprendre le non-sp\u00e9cialistes. En revanche cela n\u2019\u00e9tonnera pas les professionnels, qui ont d\u00e9j\u00e0 mis en \u00e9vidence la relation entre l\u2019appartenance \u00e0 un groupe minoritaire et la survenue de psychopathologies apr\u00e8s un d\u00e9sastre.<\/p>\n<p>Parmi les v\u00e9t\u00e9rans de la guerre du Vietnam, les Hispaniques ont attir\u00e9 l\u2019attention par leur plus forte pr\u00e9valence au syndrome de stress post-traumatique. Comment expliquer une telle corr\u00e9lation? Des recherches en cours devraient apporter des bribes de r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>Et qu\u2019en est-il de l\u2019\u00e9volution des pathologies? Les victimes voient en g\u00e9n\u00e9ral leurs sympt\u00f4mes dispara\u00eetre progressivement durant les trois mois suivant le traumatisme. Mais un tiers d\u2019entre elles ne se remettent jamais compl\u00e8tement, affirment les auteurs de l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Faute d\u2019\u00e9tudes similaires, il est difficile d\u2019\u00e9tablir des comparaisons avec d\u2019autres catastrophes. Seuls le tremblement de terre de Los Angeles en 1992 et des inondations ont fait l\u2019objet de recherches du m\u00eame type. Six mois apr\u00e8s les secousses, on enregistrait une pr\u00e9valence de 4,1% de SSPT \u00e0 Los Angeles et la pr\u00e9valence de d\u00e9pression dans les zones inond\u00e9es du Midwest \u00e9tait identique \u00e0 celle de Manhattan (9,5%).<\/p>\n<p>Qu\u2019en est-il parmi les victimes du Rwanda, d\u2019Afghanistan ou de Ramallah?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les recherches de la New York Academy of Medecine apr\u00e8s les attaques terroristes ont d\u00e9bouch\u00e9 sur des r\u00e9sultats surprenants: ce sont les populations hispaniques qui ont le plus souffert.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-1038","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1038","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1038"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1038\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5958,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1038\/revisions\/5958"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1038"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1038"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1038"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}