



{"id":10058,"date":"2019-12-11T23:28:01","date_gmt":"2019-12-11T22:28:01","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=10058"},"modified":"2020-02-07T10:43:27","modified_gmt":"2020-02-07T09:43:27","slug":"economie-47","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=10058","title":{"rendered":"Commerce de d\u00e9tail: la grande mutation"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par LargeNetwork est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2019\/11\/11\/commerce-detail-grande-mutation\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Moins de centres commerciaux gigantesques en p\u00e9riph\u00e9rie, plus d\u2019\u00e9piceries au coin de la rue, des circuits courts pour l\u2019alimentation et des achats en ligne pour de plus en plus de produits, y compris la mode et le mobilier. Avec quelques ann\u00e9es de retard sur les Etats-Unis, l\u2019\u00e9volution des habitudes de consommation touche d\u00e9sormais aussi l\u2019Europe et la Suisse. Avec des cons\u00e9quences sur <a href=\"https:\/\/largeur.com\/?p=10029\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">les g\u00e9ants du secteur<\/a> et sur l\u2019organisation des centres villes. Quel impact sur le commerce de d\u00e9tail en Suisse romande? Comment peut-il s\u2019adapter \u00e0 la situation?<\/p>\n<p><strong>1. Flexibles et responsables: les nouvelles habitudes des consommateurs<\/strong><\/p>\n<p>Durable, biologique, \u00e9cologique, la consommation responsable s\u2019impose aujourd\u2019hui dans les mod\u00e8les d\u2019achat. Dans l\u2019ensemble du march\u00e9 des denr\u00e9es alimentaires, la part des produits bios a ainsi augment\u00e9 de 4,6% en 2007 \u00e0 9% en 2017 selon Bio Suisse. \u00abIl y a un changement des mentalit\u00e9s; les Suisses, et surtout les jeunes g\u00e9n\u00e9rations, questionnent leur mode de vie et d\u2019achat, analyse Estefania Amer, ma\u00eetre-assistante \u00e0 HEC Lausanne. Les magasins sont donc oblig\u00e9s de se d\u00e9velopper en r\u00e9ponse \u00e0 ces nouvelles exigences.\u00bb En effet, bon nombre de consommateurs recherchent d\u00e9sormais des produits \u00e0 la qualit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e, comme le montre le d\u00e9veloppement d\u2019applications comme Yuka ou FRC qui sont d\u00e9gain\u00e9es dans les rayons pour connaitre les nutriscores de chaque produit.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, \u00able client d&rsquo;aujourd&rsquo;hui exige \u00e9galement le confort, comme avec la livraison \u00e0 domicile ou la r\u00e9ception en magasin, explique Jenni Dagmar, directrice de Swiss Retail Federation, l\u2019association des commerces de d\u00e9tail de taille moyenne en Suisse. C\u2019est donc un v\u00e9ritable d\u00e9fi pour les commerces d\u2019allier un service de conseils personnalis\u00e9s, des prix concurrentiels et une performance commerciale.\u00bb Les d\u00e9taillants tentent ainsi de lier les mondes du commerce: les magasins physiques d\u00e9veloppent leur offre en ligne et les \u00abpure-player\u00bb essaient, eux, de s\u2019implanter en centre-ville.<\/p>\n<p>Pour assurer leur durabilit\u00e9 \u00e9conomique, les boutiques doivent aussi redoubler d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 pour fid\u00e9liser leur client\u00e8le, \u00abce qui est plus facile pour les commerces qui cristallisent les m\u00eames valeurs que leur client\u00e8le, comme celle du respect de l\u2019environnement, remarque Estefania Amer. Une image d&rsquo;entreprise bas\u00e9e sur ces valeurs renforce la fid\u00e9lit\u00e9 et le sentiment de communaut\u00e9 de la client\u00e8le, \u00e0 leur tour stimul\u00e9s par des newsletters et des \u00e9v\u00e8nements exclusifs.\u00bb Cet aspect de proximit\u00e9 avec le client, la marque de beaut\u00e9 anglaise Lush l\u2019a pouss\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 supprimer ses comptes sur les r\u00e9seaux sociaux, argumentant une volont\u00e9 de privil\u00e9gier le contact direct au client directement en magasin. D\u2019autres encouragent le dialogue entre les clients par des \u00ab\u00a0chats\u00a0\u00bb en ligne, comme Sephora ou Lanc\u00f4me, cr\u00e9ant ainsi des communaut\u00e9s de conseils et de promotion entre utilisateurs, ce qui leur permet ainsi d\u2019avoir des retours directs et de s\u2019en servir pour \u00e9laborer leur strat\u00e9gie de mani\u00e8re participative.<\/p>\n<p><strong>2. Shopping en quelques clics: la concurrence d\u2019internet<\/strong><\/p>\n<p>Les Suisses ont d\u00e9pens\u00e9 9,5 milliards de francs pour des marchandises achet\u00e9es en ligne en 2018, soit une hausse de 10% par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente selon l\u2019\u00e9tude de l\u2019association suisse de vente \u00e0 distance (ASVAD). \u00abAvec internet, les gens se sont habitu\u00e9s \u00e0 avoir tout imm\u00e9diatement, y compris leurs achats en ligne, souligne Estefania Amer, ma\u00eetre-assistante \u00e0 HEC Lausanne. De ce fait, ils imposent une nouvelle pression sur les d\u00e9lais de livraison, ce qui n\u2019est pas facile pour les PME suisses qui n\u2019ont pas les m\u00eames moyens que les grandes enseignes.\u00bb<\/p>\n<p>En dix ans, le chiffre d&rsquo;affaires du commerce de d\u00e9tail a diminu\u00e9 de 7,7 % en Suisse romande. Le canton de Neuch\u00e2tel accuse une forte chute de 14% des ventes, 12% pour le canton de Vaud. \u00abZalando, Amazon, Digitec Galaxus sont de tr\u00e8s gros concurrents pour la distribution suisse, explique Thomas Lang, CEO de Carpathia, une entreprise de conseil en commerce num\u00e9rique. Zalando, avec 785 millions de francs de chiffre d\u2019affaire, est d\u00e9j\u00e0 le plus important d\u00e9taillant de mode en Suisse, plus grand que H&amp;M, mais il ne compte pas un seul employ\u00e9 dans ce pays.\u00bb (EXERGUE)<\/p>\n<p>Les commer\u00e7ants doivent donc lutter contre la fuite des acheteurs sur la toile et craignent le showrooming, cette pratique qui consiste \u00e0 essayer un produit en magasin pour le commander ensuite en ligne. \u00abLe showrooming est un probl\u00e8me surestim\u00e9, r\u00e9pond Thomas Lang. La r\u00e9alit\u00e9 est plut\u00f4t inverse: plus de 40% des achats ont \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 en ligne (on parle de \u00ab\u00a0webrooming\u00a0\u00bb), et seulement 20% ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 en magasin.\u00bb En effet la client\u00e8le physique a certes fortement diminu\u00e9, mais elle n\u2019a pas disparu: 61% des consommateurs ach\u00e8tent encore principalement dans les magasins selon l\u2019\u00e9tude men\u00e9e en 2019 par l\u2019ASVAD.<\/p>\n<p>Pour survivre face au num\u00e9rique, les magasins doivent cependant se d\u00e9marquer, comme par exemple avec un service apr\u00e8s-vente. \u00abLe num\u00e9rique repr\u00e9sente aussi la possibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre de nouveaux clients, dans d\u2019autres r\u00e9gions, d\u2019offrir de nouveaux services, explique Thomas Lang. N\u00e9anmoins, de nombreux commer\u00e7ant ont du mal \u00e0 v\u00e9hiculer le caract\u00e8re sp\u00e9cifique de leur offre sur les r\u00e9seaux.\u00bb Pour Jenni Dagmar, pr\u00e9sidente de Swiss Retail Federation: \u00ables magasins pourraient encore s\u2019am\u00e9liorer dans plusieurs domaines essentiels: les conseils directs aux clients, l\u2019exp\u00e9rience d\u2019achat par la stimulation des sens, la proximit\u00e9 g\u00e9ographique et la possibilit\u00e9 de tester des produits dans la boutique.\u00bb Pionnier du genre, le magasin de v\u00eatements Hipanda Ghost House \u00e0 Tokyo expose ainsi ses pi\u00e8ces au travers d\u2019un parcours en r\u00e9alit\u00e9 augment\u00e9e dans le magasin.<\/p>\n<p><strong>3.<\/strong><strong> Une nouvelle g\u00e9ographie du commerce <\/strong><\/p>\n<p>Se rendre \u00e0 la gare n\u2019est plus seulement synonyme de voyage. A\u00e9roport, gare, p\u00e9riph\u00e9rie, la consommation n\u2019est plus cantonn\u00e9e au centre-ville. La Suisse compte aujourd\u2019hui 4 millions de pendulaires, soit les personnes actives qui se d\u00e9placent pour se rendre sur leur lieu de travail. Pr\u00e8s de 17% d\u2019entre eux prennent le train alors qu\u2019ils \u00e9taient moins de 12% \u00e0 le faire en 2000, selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique.<\/p>\n<p>Les cinq principales gares de Suisse (B\u00e2le, Berne, Gen\u00e8ve, Lucerne et Zurich) ont ainsi vu leur chiffre d\u2019affaires progresser de 16% sur sept ans, soit 1,1 milliard de francs en 2017 contre 945 millions en 2010 selon l\u2019institut GfK. Pour Chantal Robin, directrice de la Chambre du commerce et de l\u2019industrie du canton de Fribourg, \u00abil ne faut cependant pas oublier les centre-ville et maintenir les liens entre commer\u00e7ants, restaurateurs et artisans\u00a0qui fonctionnent en symbiose\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abPour mon livre, je suis partie du constat que les centre-ville commen\u00e7aient \u00e0 tous se ressembler, explique Rinny Gremaud, journaliste et auteure de l\u2019ouvrage \u00abUn monde en toc\u00bb. On assiste \u00e0 une \u00abmallification\u00bb des villes o\u00f9 les rues ressemblent de plus en plus \u00e0 des all\u00e9es de centre commercial (shopping-mall).\u00bb Les boutiques qui occupaient\u00a0autrefois les centres des villes sont progressivement remplac\u00e9es par des grandes enseignes et des franchises, du fait notamment de l\u2019augmentation des loyers. Les centres commerciaux suisses sont aussi en difficult\u00e9: d&rsquo;apr\u00e8s le dernier rapport de l&rsquo;institut GfK, leur chiffre d&rsquo;affaires global, estim\u00e9 \u00e0 18,3 milliards de francs en 2018, est en recul continu depuis quatre ans. \u00abLes centres commerciaux g\u00e9ants que j\u2019ai visit\u00e9s sont \u00e0 la crois\u00e9e du loisir et de la consommation, ils comprennent par exemple des parc d\u2019attraction en plus d\u2019une offre commerciale tr\u00e8s vaste, ajoute Rinny Gremaud. En Suisse, le Mall of Switzerland \u00e0 Lucerne, avec son surf d\u2019int\u00e9rieur et son cin\u00e9ma multiplexe s\u2019apparente \u00e0 ces mega-malls internationaux, m\u00eame s\u2019il est beaucoup plus petit.\u00bb<\/p>\n<p>Apparaissent aussi les magasins hybrides comme un salon de coiffure revendeur de v\u00eatement ou un caf\u00e9-fleuriste, mais aussi les espaces \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Ces derniers, aussi appel\u00e9s pop-up store, testent la client\u00e8le, \u00e0 l\u2019instar du japonais Muji qui apr\u00e8s une phase provisoire s\u2019est totalement implant\u00e9 \u00e0 Zurich cette ann\u00e9e. \u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas nouveau puisqu\u2019il reprend le principe des march\u00e9s qui se d\u00e9pla\u00e7aient de village en village, explique Chantal Robin, directrice de la chambre du commerce et de l\u2019industrie fribourgeoise. Aujourd\u2019hui les commer\u00e7ants changent de lieux mais l\u2019id\u00e9e reste la m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10060\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Largeur_121219.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Largeur_121219.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Largeur_121219-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/Largeur_121219-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>4. Prix: dynamiser l\u2019acte d\u2019achat<\/strong><\/p>\n<p>Modifier le prix affich\u00e9 en fonction de l\u2019heure de la journ\u00e9e ou du nombre de vues d\u2019un produit: un principe utilis\u00e9 par bon nombre d\u2019enseignes digitales pour pousser \u00e0 l\u2019achat d\u2019un produit \u00e0 partie de clic. Un principe qui ne s&rsquo;est pas encore d\u00e9velopp\u00e9 dans le commerce stationnaire, except\u00e9 les coupons de rabais individualis\u00e9s distribu\u00e9s par exemple par Migros. \u00abDes prix durablement bas sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s aux actions et aux programmes de fid\u00e9lisation, souligne le rapport \u00abR\u00e9volution chez les d\u00e9taillants: la nouvelle client\u00e8le du commerce de d\u00e9tail suisse\u00bb, r\u00e9alis\u00e9 par le cabinet Oliver Wyman pour Swiss Retail Federation.<\/p>\n<p>Le sujet des prix dynamiques n\u2019est pas non plus d\u2019actualit\u00e9 pour le groupe Valora, souligne sa porte-parole Christina Wahlstrand. Mais le g\u00e9ant b\u00e2lois &#8211; qui exploite notamment les magasins K Kiosk, Press &amp; Books et Brezelk\u00f6nig \u2013 s\u2019illustre comme pionner suisse en mati\u00e8re d\u2019innovations pour encourager le passage en caisse des consommateurs. Valora a ainsi test\u00e9 ce printemps un magasin enti\u00e8rement automatis\u00e9 baptis\u00e9 \u00abAvec Box\u00bb au centre de la gare de Zurich. Ne comprenant aucun employ\u00e9, on y entrait 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en activant une application pour smartphone. Cette derni\u00e8re permet ensuite de scanner les produits choisis et d\u2019\u00e9tablir directement le ticket de caisse. \u00abLes consommateurs ont aujourd\u2019hui des attentes pour le commerce stationnaire similaires \u00e0 celles qu\u2019ils vivent lors de l\u2019achat en ligne, dit Christina Wahlstrand. Gr\u00e2ce aux options de paiement num\u00e9rique, on cr\u00e9e chez le client l&rsquo;impression de contr\u00f4ler le processus d&rsquo;achat.\u00bb<\/p>\n<p>Ce magasin enti\u00e8rement automatis\u00e9 fait d\u00e9sormais l\u2019objet d\u2019un test sur un des campus de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich. Si Valora ne tire pas encore de conclusions, les premiers enseignements s\u2019av\u00e8rent tr\u00e8s positifs.\u00a0 \u00abLes produits innovants, la mani\u00e8re d\u2019acheter \u00e0 la fois simple et rapide et l\u2019ouverture 24 heures ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9s. L&rsquo;un des principaux d\u00e9fis consiste \u00e0 maintenir la simplicit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience d\u2019achat malgr\u00e9 l&rsquo;utilisation des nouvelles technologies.\u00bb<\/p>\n<p><strong>5. Les nouveaux codes de la publicit\u00e9 digitale<\/strong><\/p>\n<p>Le marketing n\u2019est plus cantonn\u00e9 aux promotions dans les journaux locaux mais passe par les r\u00e9seaux sociaux. La quasi-totalit\u00e9 de la population suisse comprise entre 15 et 54 ans est aujourd\u2019hui connect\u00e9e \u00e0 internet. La part des 55-65 ans a aussi nettement augment\u00e9e, passant \u00e0 91% d\u2019utilisateurs d\u2019internet, une hausse de quasi 14% en trois ans selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique. Ce ne sont donc plus seulement les jeunes qui sont pr\u00e9sents sur les r\u00e9seaux, mais une grande partie de la population ce qui en fait une espace de commination incontournable.<\/p>\n<p>L\u2019agence Debout sur la table cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Vevey en 2016 constate une augmentation de la demande dans ce sens: \u00abLes entreprises de toute tailles ont compris que la communication digitale \u00e9tait aujourd\u2019hui essentielle pour toucher leur public, remarque Vincent Antonioli, cofondateur. Et pour cela, ils doivent diffuser le bon message, au bon moment selon leur structure et leur public cible\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abIl faut afficher une v\u00e9ritable identit\u00e9, y compris digitale, avec par exemple un aspect sonore et surtout des valeurs particuli\u00e8res, comme la mode durable, ou la promotion du local, ajoute Vincent Antonioli. Cette communication passe par des outils modernes digitaux. Certains font appel \u00e0 des influenceurs, ce qui peut \u00eatre une bonne strat\u00e9gie pour une entreprise qui ciblerait notamment un public jeune, d\u2019autres demandent \u00e0 leur employ\u00e9s de devenir les ambassadeurs de la marque.\u00bb<\/p>\n<p>Pour se d\u00e9marquer, les marques rivalisent d\u2019imagination pour faire de leur magasin une v\u00e9ritable exp\u00e9rience immersive et photog\u00e9nique. Certains misent par exemple sur des d\u00e9cors de plantes, cr\u00e9ant un cadre calibr\u00e9 pour les photos de r\u00e9seaux sociaux. La marque de beaut\u00e9 Glossier a par exemple cr\u00e9\u00e9 un showroom \u00e0 New York enti\u00e8rement fait de rouge et de miroirs pour ne pr\u00e9senter qu\u2019un seul produit: un parfum. Le concept store qualifi\u00e9 d\u2019\u00abexp\u00e9rience offline\u00bb pr\u00e9sentait ainsi le flacon sous toutes les coutures, dans un d\u00e9cor largement partag\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux. D\u2019autres ont instaur\u00e9 la publication sur les r\u00e9seaux sociaux comme nouvelle monnaie de paiement. Pour promouvoir son parfum Daisy, Marc Jacobs a ouvert un pop-up store \u00e0 New-York, Londres et Amsterdam o\u00f9 les clients ont re\u00e7us des cadeaux en \u00e9changes d\u2019un message post\u00e9 sur Instagram ou Twitter. Le r\u00e9sultat pour la marque: plus de 40 millions de partages, soit une publicit\u00e9 internationale relay\u00e9e par des utilisateurs satisfaits.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abL\u2019exp\u00e9rience en magasin est devenue une question de premier plan\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ruth Toechterle dirige l\u2019agence zurichoise Interstore, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la conception de commerces. Son approche? Cr\u00e9er l\u2019\u00e9v\u00e9nement autour des produits de ses clients.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce qui distingue un am\u00e9nagement int\u00e9rieur r\u00e9ussi?<\/strong><\/p>\n<p>Le design n\u2019est qu\u2019une facette du succ\u00e8s. C\u2019est ce j\u2019expliquais r\u00e9cemment \u00e0 un client qui me demandait si l\u2019usage de certains mat\u00e9riaux allait lui permettre d\u2019attirer les passants dans son magasin. Le point de d\u00e9part concerne toujours le produit plut\u00f4t que l\u2019architecture ou l\u2019am\u00e9nagement, dont l\u2019appr\u00e9ciation est souvent subjective. L\u2019ADN de notre travail consiste \u00e0 \u00e9tudier comment mieux mettre en avant un produit<\/p>\n<p><strong>Est-ce que les demandes de vos clients ont \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es?<\/strong><\/p>\n<p>La flexibilit\u00e9 est un th\u00e8me qui a gagn\u00e9 en importance. Nous proposons par exemple des concepts pop-up et jouons avec les diff\u00e9rentes surfaces au sein des magasins, de mani\u00e8re \u00e0 amuser les clients et \u00e0 transformer l\u2019achat en un acte ludique. L\u2019exp\u00e9rience en magasin est devenue une question de premier plan. Prenez l\u2019exemple de la chaine canadienne Lululemon Athletica qui vend des habits de sports. Elle propose aujourd\u2019hui des cours de yoga dans la plupart de ses boutiques. Certaines \u00e9tudes montrent d\u2019ailleurs que la g\u00e9n\u00e9ration Z pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9penser de l\u2019argent pour une exp\u00e9rience plut\u00f4t que pour un objet.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous remarqu\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale dont les commer\u00e7ants suisses pourraient s\u2019inspirer?<\/strong><\/p>\n<p>Oui bien s\u00fbr. Il y a par exemple l\u2019exp\u00e9rience unique et surprenante que l\u2019on peut vivre en se rendant dans certains grands magasins \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, comme l\u2019enseigne londonienne de la cha\u00eene Selfridges ou la Fondaco dei Tedeschi \u00e0 Venise. Les magasins suisses devraient s\u2019en inspirer pour cr\u00e9er une identit\u00e9 de marque plus forte et mieux se diff\u00e9rencier de la concurrence.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Le commerce de d\u00e9tail en Suisse (chiffres 2018)<\/strong><\/p>\n<p><strong>95 \u00e0 100 milliards de francs<br \/>\n<\/strong>Le chiffre d&rsquo;affaires total du commerce de d\u00e9tail en Suisse (estimation).<\/p>\n<p><strong>9,5 milliards de francs<br \/>\n<\/strong>Le montant des achats en ligne des Suisses.<\/p>\n<p><strong>+0,4%<br \/>\n<\/strong>L&rsquo;augmentation du chiffre d&rsquo;affaires du commerce de d\u00e9tail suisse.<\/p>\n<p><strong>-9%<br \/>\n<\/strong>Le recul du chiffre d&rsquo;affaires des d\u00e9taillants vestimentaires.<\/p>\n<p><strong>10%<br \/>\n<\/strong>La part du march\u00e9 suisse de l&rsquo;habillement d\u00e9tenue par Zalando.<\/p>\n<p><strong>0.9%<br \/>\n<\/strong>La baisse du chiffre d&rsquo;affaires des centres commerciaux suisses.<\/p>\n<p><strong>7,7%<br \/>\n<\/strong>Le recul des ventes dans le commerce stationnaire romand entre 2008 et 2018.<\/p>\n<p><strong>7,2%<br \/>\n<\/strong>La suppression d&#8217;emplois \u00e9quivalents plein temps dans le commerce stationnaire romand entre 2008 et 2018.<\/p>\n<p>Sources: GfK, Credit Suisse, BAK Economics<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Sur le m\u00eame sujet:<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/largeur.com\/?p=10029\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Grands magasins, grands chambardements<\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/largeur.com\/?p=10070\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Commerce de d\u00e9tail: innover pour r\u00e9ussir<\/a><\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: Erik Freudenreich<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vente en ligne, circuits courts: l\u2019\u00e9volution rapide des habitudes de consommation transforme toute une industrie, avec des cons\u00e9quences \u00e9conomiques majeures, autant pour les g\u00e9ants du secteur que les acteurs locaux. Quelles solutions pour survivre? Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":20256,"featured_media":10060,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1303],"class_list":["post-10058","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","tag-choix-de-l-editeur","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10058","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20256"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=10058"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10058\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":10365,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/10058\/revisions\/10365"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/10060"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=10058"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=10058"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=10058"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}