Ces bibliothécaires qui ont réponse à tout

À l’ère des recherches sur internet tous azimuts, des archivistes suisses donnent des réponses ciblées et fiables. Un service gratuit et accessible à tous.

Par Audrey Magat

Existe-t-il des oiseaux ayant le vertige? Quelle est l’origine de la fondue? «Non, et la région suisse de La Gruyère», ont respectivement répondu les bibliothécaires oeuvrant pour InterroGE. Créé à Genève en 2013, ce service gratuit permet à chacun de soumettre ses plus folles interrogations, avec la promesse d’un traitement dans les 72 heures.

«L’idée est d’offrir des réponses en se basant sur des ouvrages, des réponses d’experts et des liens internet, expliquent Susana Cameàn et Jürgen Haepers, coordinateurs du projet. Le travail de recherche et de restitution des informations reste le même. Nous nous sommes juste adaptés à l’apparition d’internet, pour aller là où le public se trouve aujourd’hui.»

La formule semble avoir trouvé son public: plus de 8000 questions ont déjà été posées à InterroGE, avec une moyenne de 5 à 6 demandes par jour. Questions historiques, administratives ou encore questions d’enfants ou d’étudiants, le site ne recule devant aucun défi.

Sur les sujets potentiellement polémiques, comme la preuve de l’existence de Dieu, les bibliothécaires s’attachent à présenter différents points de vue, sans jamais prendre position. «Nous recevons aussi beaucoup de questions sur Genève, ses édifices, sa toponymie, son histoire», indique Jürgen Haepers.

Troisième page la plus visitée du site officiel de la ville de Genève, InterroGE plaît par sa fiabilité. «Google est rapide mais il faut impérativement faire le tri, tout n’est pas véridique, remarque Susana Cameàn. Avec notre service, des bibliothécaires qualifiés réalisent ce travail de recherche et proposent des outils pour se forger sa propre opinion.»

Les réponses sont ensuite publiées sur leur site. «Il est très rare que les usagers refusent que leur question soit archivée. Dans la quasi-totalité des cas, le service profite donc à un public plus large. Une fois mises en ligne, les réponses sont indexées sur les moteurs de recherche, ce qui nous permet donc de produire du contenu de qualité sur internet, d’être une référence d’information sûre.»

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Une version de cet article réalisé par LargeNetwork est parue dans la Tribune de Genève.