Si le réseau mobile de Swisscom fonctionne sans problème de «Sils Natel» à «La Tour-de-Natel», c’est que l’opérateur national a pu installer impunément ses 2500 antennes sur l’ensemble du territoire suisse.
Pour les nouveaux opérateurs, la tâche est plus ardue. Comme l’expliquait Largeur.com il y a peu, Diax et Orange doivent en effet faire face à des dizaines d’oppositions presque à chaque installation d’une nouvelle antenne, de la part des habitants à proximité. C’est que les effets incertains du smog électrique, ce brouillard électromagnétique causé notamment par les émetteurs, inquiète. Pour preuve, Diax et Orange viennent de mettre en place des équipes d’ingénieurs spécialisés dont la mission consiste à rassurer les autorités et la population sur l’électrosmog.
Depuis six mois, une ordonnance fédérale interdit l’installation des émetteurs de téléphonie mobile à moins de 45 mètres des zones habitées. Si elle semble adéquate au vu de la psychose qui s’est emparée de la population, cette législation, la plus sévère d’Europe, avantage fortement Swisscom dont le réseau continue de bénéficier d’une couverture sans comparaison avec celle de ses concurrents: Diax a jusqu’ici installé moins de 400 antennes, soit six fois moins que Swisscom.
L’ordonnance sur les antennes est déjà appliquée par les opérateurs depuis six mois mais elle n’a pas encore force de loi. Hier, la Commission de la communication (ComCom) a demandé une accelération de l’entrée en vigueur officielle de cette législation, «afin que les autorités chargées de donner des autorisations de construire puissent prendre leurs décisions sur une base précise». Mais la ComCom demande surtout une révision du projet de loi dont la sévérité «discrimine les nouveaux opérateurs par rapport à Swisscom qui a pu construire son réseau sans faire face aux difficultés auxquelles ceux-ci sont confrontés».
Par peur de devenir impopulaire au sein d’une clientèle angoissée par le smog, les opérateurs se sont contentés jusqu’ici de chuchoter une demande d’assouplissement de la législation. Mais hier, Swisscom a pris la parole: «Les valeurs limites retenues [dans le projet de loi] sont excessives, arbitraires, de nature à isoler la Suisse au niveau international et à mettre en péril la compétitivité du secteur des télécommunications.» Diax et Orange n’en pensent pas moins, mais ils n’ont pas profité pendant plusieurs années de l’absence de réglementation pour installer leurs antennes dans les quartiers habités et sur les toits des jardins d’enfants.