La capitale vaudoise vue par une correspondante

Andrea Kucera a vécu pendant quatre ans à Lausanne. Correspondante politique pour la Neue Zurcher Zeitung, elle en a observé les gens, les rues et les valeurs.

Par Melinda Marchese

Andrea Kucera ne le cache pas: il lui a fallu un peu de temps avant d’aimer pleinement Lausanne. Zurichoise d’origine, la journaliste de 36 ans a vécu et etudié à Genève avant de s’installer de 2013 à 2017 dans la capitale vaudoise. Depuis son bureau installé sur le Pont Bessières, dans le même bâtiment que les rédactions du groupe de presse Ringier, elle a quotidiennement raconté les coulisses politiques de la ville et de la Suisse romande aux lecteurs de la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).

Vous étiez correspondante pour l’ensemble de la Suisse romande, pourquoi avez-vous choisi de vous installer à Lausanne?

Genève est trop excentrée. Lausanne est à mes yeux la capitale de la région, mieux positionnée pour couvrir l’ensemble des cantons romands. Et le canton de Vaud est une Suisse en miniature par la diversité de ses paysages: on y retrouve les Alpes, le plateau et le lac. Au fil du temps, j’ai fini par beaucoup apprécier Lausanne et ses alentours, alors qu’au départ son aménagement me surprenait. Contrairement à Genève et Zurich, qui comptent plusieurs quartiers et autant d’ambiances au centre-ville, Lausanne n’a qu’un seul hyper centre, entoure d’une grande agglomération.

Par quoi avez-vous été séduite?

Je me suis totalement prise au jeu de sa topographie, de ses pentes et de ses dénivellations. Cette géographie unique fait que Lausanne ressemble à une grande scène de théâtre dotée de plusieurs niveaux de décors, qui se superposent les uns aux autres. Que l’on se trouve sur un pont ou sur une colline, les perspectives sont multiples, la vue est toujours incroyable. Le sentiment d’ouverture est constant.

Y a-t-il un endroit que vous aimiez en particulier?

Je garde un excellent souvenir de mes déambulations hebdomadaires au marché du centre-ville. J’adorais m’y rendre pour acheter fruits et légumes auprès des agriculteurs de la région, et échanger avec eux sur les produits qu’ils cultivent et proposent à la vente. C’est le lieu idéal pour entendre les divers accents vaudois!

Et ses habitants?

J’ai trouvé les Lausannois très sympas, pas prises de tête et accueillants. Ils sont aussi très fiers de leur région et même d’être Suisses.

Les Lausannois sont patriotes?

Les Suisses romands de manière générale le sont. Ils sont moins adeptes des traditions folkloriques, comme le cor des Alpes ou le yodel, que les Alémaniques; leur patriotisme se manifeste davantage dans leur manière de vanter les charmes de leur région, de leurs spécialités culinaires, mais aussi des institutions et du système politique suisse. Ils le font de manière très directe, ils affichent sans détour leur satisfaction du fédéralisme et de la démocratie.

Vous venez de vous installer à Berne. Que ramenez-vous de Lausanne dans vos valises?

De nombreux contacts, qui me seront sans doute utiles pour mon nouveau poste de correspondante parlementaire pour la NZZ am Sonntag – et l’amour du Léman, cet immense cet immense lac me manque déjà!

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Une version de cet article est parue dans The Lausanner (no 1, été 2018).