La puissance des images

Plusieurs marques horlogères entretiennent un lien étroit avec la photographie, un vecteur qui leur permet de renforcer leur identité.

Par William Türler

Monde sous-marin
Blancpain s’intéresse de près à la photographie sous-marine, aussi bien sous un angle esthétique que scientifique. Un investissement pour les océans qui ne date pas d’hier, puisque la marque a créé la première montre de plongée moderne, la Fifty Fathoms, en 1953. Blancpain collabore aujourd’hui avec diffé­rents programmes, photographes et scientifiques. Parmi ceux-ci, le bio­logiste français Laurent Ballesta, un spécialiste mondial de la photo­graphie sous-marine. En 2014, dans le cadre de l’expédition Gombessa II, son équipe et lui-même s’étaient déplacés en Polynésie française pour observer le rassemblement annuel des mérous camouflages. Lors de cette expédition, les chercheurs ont constaté avec surprise une densité encore jamais observée de requins de récif, totalisant entre 400 et 700 individus. Laurent Ballesta a réalisé cet été une nouvelle expédi­tion ayant pour but l’exploration et l’observation des comportements de chasse de ces requins.

 

Soutien à la création
Parmigiani Fleurier a lancé en 2014 un prix avec le Musée de l’Élysée de Lausanne destiné aux photographes en milieu de carrière. « Comme dans de nombreuses profes­sions, c’est une étape où l’on a souvent besoin d’un coup de pouce », indique le responsable du développement du musée, Pascal Hufschmid. Le Prix Élysée, c’est son nom, récompense un photographe à l’issue d’un concours. Une bourse de 80’000 francs lui permet de réaliser une nou­velle oeuvre et un livre. Par ce prix, ouvert à des candida­tures internationales, les deux institutions souhaitent manifester leur soutien à la création. Le Suisse Matthias Bruggmann a remporté la deuxième édition en 2017 avec un projet sur le conflit en Syrie. Le lancement de la troisième édition aura lieu dès le mois de janvier 2018.

 

L’instant présent
En 2014, Chanel a lancé une collaboration avec le photographe français Patrick Demarche­lier. Il s’agissait d’une quinzaine de visuels noir et blanc, en double page, mettant en scène divers modèles iconiques des collections Pre­mière, J12 et Mademoiselle Privé. Depuis 2015, de nouveaux visuels sont venus enrichir la cam­pagne, qui présente également la collection Boy•Friend. Ces images tirent des parallèles entre des personnes immobiles ou en mouve­ment et des modèles. À travers ces oeuvres, la marque souhaitait exprimer sa vision du temps – à savoir l’instant présent et ce qu’il contient d’éternité – en rompant avec les codes tradition­nels de l’horlogerie présentant l’heure à 10h10.

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Une version de cet article est parue dans le magazine Les Ambassadeurs (no 21).