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Des rongeurs modèles

Malgré la volonté de réduire au minimum l’utilisation d’animaux de laboratoire, la souris et le rat demeurent indispensables pour la recherche médicale.

Pas de mort-aux-rats pour ces rongeurs-là. Un couple de souris transgéniques peut coûter jusqu’à 25’000 francs, rien que pour sa conception. Et 1’000 francs s’il s’agit d’un couple issu de sa descendance. «Nos souris et nos rats sont des animaux très précieux», souligne Luc Pellerin, professeur associé et directeur du Département de physiologie à la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne.

Malgré la volonté de réduire au minimum l’utilisation d’animaux de laboratoire, les souris demeurent irremplaçables. «Le mot clé est mammifère, poursuit le spécialiste. La souris représente le compromis idéal d’un organisme qui se prête aux manipulations et se reproduit rapidement, tout en comportant des similarités avec l’humain.» En effet, les branchies des poissons ne conviennent pas pour des études respiratoires, tandis que le système nerveux du ver n’a pas la complexité de celui du rongeur.

Les souris se prêtent particulièrement bien à la transgénèse, notamment pour l’étude des maladies. «Cancer, diabète, sommeil, tout le monde a sa souris transgénique, dit le professeur. On peut reproduire des modèles de pathologies sur des rongeurs pour ensuite tester des traitements.» Luc Pellerin a par exemple développé une souris qui résiste à l’obésité.

En général, pour des questions de taille et de coûts, les scientifiques préfèrent la souris au rat. Mais dans certains domaines des neurosciences comme les études comportementales, ce dernier tient toujours la vedette. «Il possède un répertoire plus élaboré que sa cousine, explique Luc Pellerin. Comme l’humain, il s’agit d’un prédateur alors que la souris est plutôt proie.»

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Une version de cet article est parue dans In Vivo magazine (no 13).

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