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«Oui à l’Europe»: un bilan après trois mois de débat

Le 18 octobre dernier, Largeur.com inaugurait un débat intitulé «Suisse: oui à l’Europe?» en collaboration avec le Nouveau Mouvement Européen Suisse (NOMES), section genevoise. Après avoir épluché environ 250 interventions, le NOMES peut dresser un premier bilan.

L’initiative «Oui à l’Europe» sur laquelle le peuple et les cantons seront amenés à se prononcer le 4 mars prochain a suscité beaucoup de réactions, plus généralement sur l’Union européenne que sur l’objectif même de l’initiative. En examinant l’ensemble des interventions, on constate qu’elles traduisent un fort besoin en information. A ce titre, on peut affirmer que l’objectif du forum aura été atteint. Il n’est d’ailleurs pas si éloigné d’un des objectifs de l’initiative: provoquer le débat.

Ce besoin d’information s’est manifesté à l’égard de l’Union européenne mais aussi à propos de la politique européenne de la Suisse. Concernant le premier point, le fonctionnement des institutions et les politiques européennes qui constituent le cadre du processus d’intégration ont régulièrement interpellé les internautes.

Qui décide? Comment fonctionne l’Europe? L’UE est-elle véritablement démocratique? Tels ont été les grands axes de ce débat. Ce manque d’information a aussi contribué à diffuser une image caricaturale de l’UE, les intervenants décriant pêle-mêle le pouvoir des grands Etats sur les petits, la domination des capitaux sur les idéaux ainsi que l’éloignement des citoyens des centres de décision.

Cette vision parfois tronquée de la construction européenne a contribué à rendre le débat sur l’adhésion exclusivement émotionnel: fin de la démocratie directe, abandon de la neutralité et remise en cause du fédéralisme: telles furent les conclusions auxquelles sont parvenus une majorité d’internautes.

En fait, ce constat traduit lui aussi un manque de connaissance des enjeux sur le plan suisse et plus généralement de la politique européenne de la Suisse. A ce titre, le NOMES a souvent été interpellé pour expliquer les grands axes de la politique du Conseil fédéral, des accords sectoriels de 1972 aux récents accords bilatéraux!

Ainsi, la fonction du NOMES a été celle d’un équilibriste, dans la mesure où nous avons cherché, en fonction de nos différentes sensibilités (sept intervenants NOMES au total), d’expliquer et de convaincre sans pour autant étouffer le débat. Cela a d’ailleurs constitué notre règle d’or: essayer de rendre ce débat constructif, malgré les dérapages verbaux et les idées préconçues.

En conclusion, nous croyons pouvoir dire que la participation du NOMES à ce débat a été utile, d’une part pour confronter notre vision de l’Europe à celle plus contrastée de certains internautes; d’autre part pour rappeler que le débat est la pierre angulaire de toute démocratie, indépendamment de l’enjeu.

Bien que limitée, cette expérience représente un signal suffisamment fort envoyé aux politiques qui croient que la neutralisation d’un débat est la meilleure façon d’avancer. Ce forum montre précisément la travail qui reste encore à accomplir en termes d’information, d’explication et de conviction.

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Pour le comité genevois du (NOMES), Frédéric Esposito.