KAPITAL

Voitures de location: le succès du low-cost

De petites entreprises cassent les prix face aux géants Herz ou Europcar. À moins de 20 francs par jour, leur offre séduit une clientèle locale — et dessine un nouveau rapport à l’automobile. Enquête.

«Location de voitures dès 15 francs par jour.» A l’image de Patrick Location, des dizaines de petites sociétés romandes s’imposent sur un marché déjà largement exploité par les géants Avis et autres Europcar. Leur stratégie: des prix qui n’atteignent qu’une fraction de ceux pratiqués par leurs concurrents.

Une agence low-cost peut effectivement proposer par exemple une Fiat Panda à 15 francs la journée, alors qu’une voiture de même catégorie coûte près de 130 francs par jour chez le groupe américain Hertz.

Mais il faut préciser que ces 130 francs incluent un kilométrage illimité, tandis que chaque kilomètre sera facturé 50 centimes chez Patrick Location. Par ailleurs, les voitures ne sont pas flambant neuves, mais affichent de cinq à sept ans à leur compteur. «Nous disposons de deux ateliers de mécanique, nos véhicules sont très bien entretenus», précise le directeur Fernand Martins.

Ce concept apparu il y a une dizaine d’années convient particulièrement à la clientèle locale qui effectue de courts trajets. «Les personnes qui souhaitent disposer d’une voiture pour simplement aller faire leurs courses bénéficieront d’un prix plus avantageux, même en payant chaque kilomètre», argumente le directeur.

Ce marché ravit aussi Enzo Stretti, un «serial entrepreneur» lausannois qui s’y est lancé avec Enzo Location en 2001. Ses premiers prix: 25 francs par jour et 25 centimes le kilomètre. Entreprises et particuliers locaux sont rapidement séduits. «Nous avons choisi de ne pas ouvrir d’agence à l’aéroport de Genève, car le voyageur étranger va plutôt choisir un nom qu’il connaît.» Face à la concurrence naissante, Enzo Stretti a alors décidé d’ouvrir Second Location, qui propose des voitures dès 14 francs par jour.

La différence entre ces deux entreprises? L’ancienneté des véhicules. «Chez Enzo, une voiture a au maximum une année et demie. Après ce laps de temps, on la loue moins cher chez Second Location.» L’entrepreneur garantit que même dans son entreprise d’occasion, un véhicule n’a roulé que pendant trois ans. Le nombre élevé de réservations compense les prix bon marché. «Nous louons deux voitures par minute, note Enzo Stretti. Nos véhicules — près de 500 au total — roulent tout le temps, du lundi au dimanche.»

Le marché de la location de voitures est en pleine mutation. Le succès du leader de covoiturage Mobility CarSharing (+7,1% sur son chiffre d’affaires au premier semestre 2009) témoigne de l’intérêt croissant des Romands pour ce type de service. «Aujourd’hui, les gens préfèrent louer qu’acheter, estime Emir Bakiu, employé au sein de l’agence 4 Rent a Car. La demande augmente, nous venons d’acquérir une dizaine de voitures supplémentaires pour y répondre.» Enzo Stretti, pour sa part, vient d’enrichir sa flotte de 55 nouveaux véhicules. «Avec la crise, beaucoup de personnes se sont endettées, elles ne peuvent plus faire de leasing, ni payer cash. La location représente la solution de rechange idéale.»