Le marché des PC portables est en ébullition. Bienvenue dans le monde des netbooks, ces ordinateurs ultraportables proposés à un tarif très attractif — autour de 500 francs — et dont la montée en puissance fait de l’ombre aux laptops classiques, plus lourds et encombrants.
Après que la marque taïwanaise Asus a ouvert les feux ce printemps avec son Eee PC dont le succès ne se dément pas, les grands constructeurs (HP, Acer, Dell) s’engouffrent un à un dans la brèche.
À l’instar du modèle Asus Eee 900, que nous avons testé, les netbooks accaparent une nouvelle niche: pas plus grands qu’un bloc de feuilles A5, et pas tellement plus lourds (environ 1 kilo), ils permettent d’accéder à internet via les réseaux wi-fi ou par le réseau mobile au moyen d’une petite clé USB équipée d’une carte SIM.
L’opérateur Orange, notamment, propose pour surfer des offres combinées avec abonnement destinées à l’Asus Eee. Mais surtout, et contrairement aux téléphones multifonctions (Blackberry, iPhone), les netbooks préservent presque le confort d’utilisation d’un portable classique grâce à un écran de taille raisonnable (au moins 8,9 pouces pour une résolution de 1024 x 600) et un clavier qui ne démérite pas.Très appréciable pour consulter des pages web ou rédiger des mails, voire de petits textes. La petite caméra d’1,3 millions de pixels qui équipe l’Eee 900 donne même accès à la visioconférence.
À ces qualités s’ajoute une vitesse de démarrage inédite pour un PC, puisqu’une vingtaine de secondes suffisent à lancer notre machine de test. Une vivacité qui découle du système d’exploitation Linux, également adopté par la concurrence. Tous les programmes utiles sont déjà pré-installés, tels que le traitement de texte Open Office — compatible avec Word –, le navigateur internet Firefox ou encore le logiciel de messagerie et de téléphonie Skype.
Les constructeurs proposent également leurs netbooks avec Windows XP, mais vu l’usage basique auquel ces machines se destinent, on réfléchira à deux fois avant de renoncer à Linux. Un constat spécialement valable pour les néophytes: «Linux est plus simple à utiliser que Windows, assure Eric le Yavanc, rédacteur en chef du site Businessmobile.fr. Il faut savoir que cet outil n’est pas livré clé en main aux fabricants, contrairement au système de Microsoft; du coup, pour se démarquer de la concurrence, chaque marque s’efforce de développer l’interface la plus agréable et intuitive possible. Dans la lutte pour le leadership, la question du design constituera l’autre élément décisif.»
Au chapitre des limitations inhérentes aux netbooks, on mentionnera la capacité réduite de leurs batteries, qui avoisine les deux heures en utilisation intensive. En la matière, le nouveau processeur Atom de Intel, spécialement conçu pour les ultraportables, ne fait pas de miracles. Et pas question évidemment d’utiliser des applications gourmandes en ressource machine, tels que des jeux ou des logiciels de traitement vidéo. Inutile aussi de chercher le lecteur de DVD… En revanche, pour visionner et sélectionner ses photos de vacances in situ, de telles plateformes conviennent parfaitement.
Presque un sans faute? Pas encore tout à fait. «La prochaine étape consistera à intégrer les cartes 3G (accès aux réseaux mobiles) directement dans les netbooks, car la solution actuelle à base de clé USB n’est pas des plus pratiques», note Eric le Yavanc. Certains regrettent également l’absence de la technologie bluetooth sur les premiers modèles. Cette option permet de se connecter à internet via son téléphone portable, mais elle reste toutefois complexe à mettre en œuvre.
Intel estime qu’il écoulera au moins 50 millions de processeurs Atom d’ici à 2011. La cible de clients semble on ne peut plus large: «Pour beaucoup de gens, les netbooks vont servir de deuxième ordinateur portable, le premier étant devenu leur machine principale, constate Eric le Yavanc. Mais ces mini PC ont également les moyens de séduire les nouveaux venus, grâce à leur facilité d’emploi, et bien sûr aussi les technophiles, toujours friands de nouveautés.»
De quoi ratisser large, d’autant que les prix des netbooks les mettent à la portée des étudiants, voire des écoliers.