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Le sexe sans complexe pourrait sauver l’exposition nationale du désastre

On croyait que le projet d’exposition nationale avait subi tous les outrages. Des démissions en multipack, une gestion cataclysmique, des finances épouvantables, une image en chute libre et un report de calendrier qui n’en finit pas d’empoisonner la tâche des organisateurs.

Prenez le nom de la manifestation. On l’avait d’abord appelée l’expo nationale, puis Expo 2001 avant de la baptiser Expo.01, histoire d’apporter une coloration à la fois numérique (des zéros et des uns) et cyber (expo point zéro un) à ce grand happening fédéral. Mais la date d’ouverture a été retardée d’un an et toute la stratégie de communication passe à la poubelle. Expo point zéro pointé.

Comble du ridicule: sur internet, les informations officielles d’Expo.02 sont encore hébergées à l’adresse Expo01.ch, pour une raison très simple: des internautes clairvoyants avaient parié sur un report de la manifestation et réservé toutes les adresses jusqu’à Expo06.ch, comme le révélait Largeur.com en septembre. Logiquement, le service d’info officiel devrait figurer à l’adresse Expo02.ch, mais celle-ci pointe encore sur un site gruyérien et rigolard.

Là n’est pourtant pas le souci majeur des organisateurs de l’expo. Leur premier objectif est de trouver des sous, mais aussi d’améliorer l’image de la manifestation. Ils doivent absolument redonner envie aux citoyens de participer au dernier projet culturel d’envergure nationale.

Sur ce plan-là, je crois qu’ils tiennent le bon bout. Dimanche, un article de l’hebdomadaire zurichois SonntagsZeitung révélait que les organisateurs d’Expo.02 s’apprêtaient à signer un contrat de sponsoring avec la firme allemande Beate Uhse, spécialisée dans le sexe décomplexé.

Ce distributeur d’accessoires et de stimulants érotiques – qui vient d’ouvrir un supermarché à Fribourg – pourrait parrainer l’arteplage d’Yverdon, laquelle sera comme on le sait placée sous le signe de la sensualité. Selon la SonntagsZeitung, la succursale suisse de Beate Uhse AG serait disposée à financer une sorte de Musée de l’érotisme dans le cadre de l’expo, à hauteur d’un million de francs. Une lettre d’intention pourrait être signée cette semaine.

Là voilà, la vraie bonne idée de Franz Steinegger et des nouveaux pilotes de l’expo: donner une coloration sexuelle et sulfureuse à la manifestation. En collaborant avec un sex-shop géant qui emploie déjà 600 personnes, Expo.02 pourrait presque devenir un projet exportable.