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Le cyclisme provoque des troubles de l’érection

Le Tour de France vient de s’achever avec son lot d’embardées terribles, largement médiatisées. Mais une pathologie reste tabou dans les pelotons: monter en selle peut compromettre la vie sexuelle.

«J’ignorais totalement que je pourrais devenir impuissant en pratiquant le cyclisme. Si je l’avais su, j’aurais pédalé plus calmement. Je pense qu’un message de mise en garde doit être diffusé parmi les pratiquants.» Richard Belmont a osé témoigner d’une pathologie rarement évoquée en public, mais néanmoins fréquente dans le monde de la bécane: la dysfonction érectile des cyclistes.

En 1997 déjà, Irwin Goldstein, un urologue américain, lançait le premier cri d’alarme: «Il y a deux sortes de cyclistes mâles. Ceux qui sont impuissants et ceux qui le deviendront», écrivait-il dans un article paru dans «Bicycling Magazine».

Depuis, la fréquence des troubles de l’érection chez les amateurs de vélo a donné lieu à bien d’autres publications scientifiques. Des policiers à vélo ont constitué un échantillon privilégié pour vérifier un certain nombre d’hypothèses.

Une enquête menée à l’Université de Cologne auprès de cyclistes parcourant plus de 400 km/semaine signale une fréquence de 13,1% d’impuissance. Trois heures hebdomadaires serait la limite au-delà de laquelle les dysfonctions érectiles s’observeraient.

Tout cycliste a connu cette sensation d’engourdissement en remettant les pieds au sol. Au banc des accusés, les selles. Tout particulièrement celles avec un bec effilé vers l’avant qui mettent en danger le périnée (zone comprise entre les organes génitaux et l’anus) en exerçant une compression trop importante sur des nerfs et des artère qui contribuent au bon fonctionnement de l’activité sexuelle.

Sur un site réservé aux vététistes, on lit le conseil suivant: «Afin d’éviter l’utilisation abusive de Viagra, je vous conseille de lui préférer un changement de selle le plus rapidement possible.»

Pour quelle selle opter? Alertés par les articles mettant en cause leurs produits, les fabricants de selles tentent de mettre au point des sièges moins traumatisants pour les entrejambes. On trouve aujourd’hui sur le marché quantité de selles en parties évidées ou comportant du gel se prévalant toutes d’offrir un confort inégalable.

Or, ces selles ergonomiques pourraient, selon Steven Schrader de l’Institute for Occupational Safety and Health de Cincinnati, aggraver encore le problème. En réduisant la surface de pose, elles augmentent la pression! Seules les selles sans bec solutionneraient le problème en délestant le poids du corps sur les ischions.

L’histoire de la médecine nous apprend qu’Hippocrate, il y a fort longtemps, avait déjà attribué l’impuissance très fréquente chez le Scythes aux longues heures quotidiennes qu’ils passaient sur leurs chevaux. A l’heure où le Bureau de prévention des accidents se penche sur le port obligatoire du casque, la protection de l’entrejambes ne mériterait-elle pas également une mise en garde?