La guerre des Miss fait rage, à quelques semaines de l’élection de Miss Beauté romande et de sa rivale Miss Suisse romande. Les deux organisatrices se crêpent le chignon.
«Miss Suisse romande est la vraie représentante de la Romandie. Miss Beauté Romande est juste un concours de beauté», dit Laurence Hérard, l’organisatrice du premier événement, entaché d’une polémique en 2005 avec l’élection controversée d’Antonella Lama et des soupçons de tricherie.
Marie-José Joly, à la tête de la manifestation rivale, répond que «Miss Beauté romande est plus qu’un concours axé sur l’apparence: il comporte un aspect caritatif unique». La gagnante sera en effet l’ambassadrice pendant un an d’une oeuvre d’entraide romande. «Cette idée a beaucoup plu aux sponsors.»
Nous y voilà. Le nerf de la guerre. Un concours de Miss n’est rien sans les partenaires qui l’alimentent financièrement et médiatiquement. Et, dans la lutte qui oppose les deux compétitions, les disparités sont criantes. Miss Beauté romande rassemble 63 sponsors, contre 16 seulement pour Miss Suisse romande. De même, la première a conclu des partenariats avec une foule de médias, dont Le Matin, Radio Lac, Rhône FM, TVRL, Léman Bleu, Canal 9 et Ici TV. La seconde n’est soutenue que par One FM et Lausanne FM.
Résultat: sur 25 articles de presse consacrés aux concours en cinq mois, Miss Beauté romande en a totalisé 20. Le groupe Barrière joue lui sur les deux tableaux: le casino de Fribourg est l’un des sponsors de Miss Beauté, alors que l’élection de Miss Suisse romande se déroule au casino de Montreux, autre propriété du groupe.
La diffusion de l’événement représente un autre champ de bataille. Echaudée par le fiasco de 2005, la TSR a en effet décidé de ne diffuser aucun des deux concours. Miss Beauté romande sera donc présenté en direct sur les chaînes de télévision locales romandes. Miss Suisse romande, en revanche, ne sera pas retransmis. «Nous ne chercherons pas de diffuseur», dit curieusement Laurence Hérard.
Comment expliquer cette surreprésentation de Miss Beauté romande auprès des sponsors et dans les médias? «Ils ont fait leur choix», ne peut que constater, laconique, l’organisatrice de Miss Suisse romande.
Du côté du journal Le Matin, ex-partenaire du concours de Laurence Hérard, on indique avoir choisi Miss Beauté romande cette année en raison du scandale autour de Miss Suisse romande en 2005. «Nous ne pouvions plus sérieusement être associés à cet événement», explique son rédacteur en chef Peter Rothenbühler. Il le qualifie aujourd’hui de «désastre», avant d’ajouter, réaliste: «Une élection de Miss sans diffusion télévisée, ça va être très difficile.»
Le quotidien gratuit 20 Minutes a, lui, été approché par Laurence Hérard pour un partenariat, mais il n’y a pas eu de suite. «Cela ne correspondait pas à nos envies», note Xavier Müller, responsable marketing. Une volonté aussi de ne pas déplacer l’autre grande bataille médiatique romande sur le terrain des Miss? «Peut-être. C’est vrai que tout le monde s’attendait à assister à une guerre des journaux gratuits autour de ces concours…»