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L’avenir de l’hôtellerie s’invente à Lausanne

Un Village de l’Innovation se développe sur les hauteurs de la ville. Présentation par sa directrice, Winnaretta Zina Singer.

À quelques minutes de Lausanne, en bordure de forêt, le hameau historique du Chalet-à-Gobet va bientôt accueillir un Village de l’innovation avec des start-up spécialisées dans les industries alimentaire et hôtelière. Cette initiative est née à l’École hôtelière de Lausanne (EHL), reconnue comme l’une des meilleures écoles hôtelières du monde. Winnaretta Zina Singer, directrice du projet, nous le fait découvrir.

Pouvez-vous esquisser les grandes lignes du projet «Village de l’Innovation» ?

Winnaretta Zina Singer: Nous voulons faire émerger de nouveaux projets dans les industries hôtelière et alimentaire. En effet, il est nécessaire d’insuffler un esprit d’innovation au sein de ces deux secteurs, et notamment dans l’hôtellerie.

Pourquoi favoriser l’émergence de l’innovation dans l’hôtellerie ?

C’est une industrie particulière et traditionnelle où les développements prennent du temps. Comme nous l’avons observé, en pleine crise sanitaire, les acteurs de la branche se trouvent en première ligne et sont directement impactés par les mesures liées au Covid-19. En tant que référence sectorielle, l’EHL est souvent sollicitée pour trouver des solutions.

Comment le «Village de l’Innovation» peut-il devenir un créateur de solutions ?

L’Auberge du Chalet-à-Gobet servira de laboratoire d’essai à divers projets innovants. Sur la base de l’incubateur déjà présent, nous avons commencé à travailler en 2018 avec cinq start-up. Aujourd’hui, nous hébergeons presque une vingtaine de sociétés, comme PrivateDeal, la solution de négociation de prix d’hôtels en ligne, Mixfit, une société de santé numérique qui conçoit des nutritions personnalisées avec une machine qui prépare automatiquement des boissons, ou encore Beelong, qui a mis au point un indicateur pour évaluer l’impact environnemental de plats proposés par des restaurateurs.

Comment êtes-vous devenue responsable de l’innovation de l’EHL ?

Pendant six ans, j’étais responsable des partenariats stratégiques avec les grandes sociétés implantées au sein de l’EPFL Innovation Park. J’ai alors œuvré dans des écosystèmes qui rassemblent autant des start-up, des grandes entreprises que de la recherche. Et comme je suis une ancienne étudiante de l’EHL, j’ai saisi l’opportunité de développer ce dynamisme au sein de l’École hôtelière et notamment dans son futur « Village de l’Innovation ».

De manière générale, comment Lausanne favorise-t-elle l’émergence de l’innovation ?

Une convergence de trois éléments permet ce dynamisme. D’abord, il y a un élan et des mesures de soutien particulièrement intéressants à Lausanne et dans le canton de Vaud. Les jeunes entrepreneurs peuvent bénéficier d’aides financières ou administratives cruciales dans le démarrage d’une idée. Ensuite, l’écosystème et la proximité avec les grandes entreprises favorisent les échanges de connaissances et les aides. Finalement, le tissu académique donne encore davantage d’outils pour aider les idées à se concrétiser.

Est-ce que Lausanne se spécialise dans une branche particulière de l’économie ?

Ce serait une erreur de se concentrer uniquement sur un domaine en particulier. D’autant plus que la ville est une référence dans les technologies liées au sport, à l’économie de la confiance (qui concerne des domaines tels que la blockchain et la cybersécurité, ndlr), à l’alimentaire ou encore dans le domaine financier. Dans un territoire restreint, nous avons tous les outils pour faire émerger des entreprises locales de pointe.

À titre personnel, quels sont les lieux lausannois qui vous inspirent particulièrement ?

Sans mentionner l’EHL, je trouve que le bâtiment Under One Roof de l’EPFL est impressionnant. L’édifice prouve qu’il est possible d’avoir une conjugaison entre l’art et la digitalisation. Le Musée Olympique reste également une œuvre architecturale intéressante avec une belle harmonie entre les grands espaces et le savoir sportif.

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Une version de cet article réalisé par LargeNetwork est parue dans The Lausanner (no6).