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Un îlot japonais en Suisse romande

Entrer dans une épicerie Uchitomi, c’est se retrouver au pays du Soleil levant. Visite guidée en compagnie de la benjamine de la famille.

Entre de la vaisselle traditionnelle et des biscuits japonais, un chat mécanique Maneki-neko lève sa patte de haut en bas. Véritable porte-bonheur au Japon, il est décliné en plusieurs couleurs et formes dans les magasins Uchitomi.

Dans ces commerces, les expatriés nippons ou les locaux peuvent trouver tout un assortiment de produits ou d’objets en provenance de l’Archipel. De la musique d’ambiance aux rangements parfaitement ordonnés, l’enseigne fait honneur au Japon, pays d’origine de son fondateur Tatsuya Uchitomi.

Originaire d’Hiroshima, il a fait de la Suisse sa seconde maison. Trente ans plus tard, la société familiale exploite trois échoppes entre Lausanne et Genève. Si le patriarche demeure à la tête de l’entreprise, ses quatre filles l’ont depuis rejoint pour développer les affaires dont Mahi, gérante du dernier-né des magasins. La diplômée en communication et marketing s’assume en Lausannoise, en totale harmonie avec son héritage familial et culturel.

Quelle est l’histoire des épiceries Uchitomi?

Mahi Uchitomi: Pâtissier de formation, mon père Tatsuya Uchitomi a eu l’occasion de parcourir l’Europe en 1971, alors qu’il était venu acquérir le savoir-faire de la pâtisserie française. Lors d’un séjour en Suisse, il a rencontré ma mère pendant la Fête de la Bière à Ouchy en 1973. Il a toutefois dû repartir un temps au Japon avant de pouvoir s’installer avec ma mère à Lausanne. Il était alors le seul Japonais de la ville et tout le monde le connaissait loin à la ronde. Il a donc décidé de mettre son savoir-faire en valeur tout en misant sur les produits de son pays natal en ouvrant la première épicerie Uchitomi à Genève.

Pourquoi avez-vous décidé d’intégrer l’affaire familiale?

Depuis toujours, je flâne dans les rayons. Durant mes études, j’y travaillais les samedis et durant les vacances scolaires. Je n’avais pas forcément l’intention d’y rester durablement mais avec l’ouverture des nouveaux locaux à Genève, j’ai eu la chance d’en assurer la gérance. De plus, on y travaille vraiment en famille puisque chacune de mes trois soeurs a une fonction propre et que mon père reste à la tête de la société.

Qui sont les clients d’Uchitomi?

On retrouve une proportion identique entre les Japonais venus chercher des produits issus de l’Archipel – comme du saké ou nos nouilles maisons – et les locaux qui souhaitent retrouver des sushis frais ou de la vaisselle japonaise dans une ambiance particulière. Nous observons aussi un fort attrait pour des produits nippons importés, car ils ont une réputation d’aliments sains et naturels comme le thé vert ou les algues.

Comment vivez-vous vos origines japonaises à Lausanne?

Au niveau culinaire, je mange régulièrement des mets traditionnels comme des gyozas, sushis, shabu shabu. J’aime aussi déguster les spécialités d’Hiroshima, la région d’origine de mon père: les huîtres frites, les okonomiyakis (crêpes japonaises à base de nouilles et de porc grillé), les unagis, les anguilles grillées. Lorsque je suis au Japon, je suis considérée comme une étrangère et pas forcément une Suissesse. En Suisse, je ne suis pas forcément perçue comme une Asiatique. Je me suis donc créé une identité de Lausannoise, un mélange de mes deux cultures et ouverte sur la multiculturalité.

Vos adresses lausannoises préférées?

La Brasserie des Trois Rois est un lieu que je recommande vivement. Notamment pour déguster la fondue vigneronne, lors de laquelle on plonge des morceaux de viande de boeuf dans du vin rouge en ébullition. Je pense aussi à La Croix d’Ouchy et sa délicieuse scalopine de veau au miel. En dehors de ces adresses, j’apprécie beaucoup la gastronomie vietnamienne, notamment la carte du restaurant Bêp Viêt dont le bò bún est une merveille.

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Une version de cet article réalisé par LargeNetwork est parue dans The Lausanner (no4).